On doit des égards aux vivants ; on ne doit aux morts que la vérité(Voltaire)
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EDITO : Un journaliste gardé à vue ?
Article publié le: 25 Novembre 2011 - Auteur: ASSALE TIEMOKO. - Source: L'Eléphant déchainé
La justice ivoirienne, sous Laurent Gbagbo, était coutumière de ces pratiques. Convoquer des journalistes, les entendre pendant des heures à la police criminelle puis les garder à vue avant de les placer sous mandat de dépôt et de les écrouer à la Maca. On peut citer le cas Nanankoua Gnamantêh en mars 2009 et plus récemment le cas du journal «Le Nouveau Courrier» qui avait vu tous ses premiers responsables écroués à la Maca. Et tout ça pour quoi ? Parce que le Procureur Tchimou, quand bien même il reconnait que les journalistes ne peuvent être condamnés à une peine privative de liberté pour les fautes commises dans l'exercice de leur fonction, estime cependant qu'on peut les jeter en prison en attendant leur jugement parce que la détention préventive ne serait pas un emprisonnement. Et sur la base de ce raisonnement, il n'hésitait pas à ordonner la garde à vue des journalistes, sans doute pour éviter qu'ils ne disparaissent dans la nature comme de petits voyous. Hier, au moment où nous mettions sous presse, nous avons appris que César Etou, directeur de publication de « Notre voie » et deux de ses collaborateurs avaient été mis aux arrêts et gardés à vue dans les locaux de la police criminelle où ils avaient été au préalables cuisinés pendant des heures. On ne le dira jamais assez. Les journalistes ne sont pas au-dessus des lois mais ils bénéficient d'une certaine protection de la loi. Pourquoi chaque fois, la justice se sent-elle obligée de les garder à vue en sachant très bien que l'aboutissement de cette « violence judiciaire » sera la libération pure et simple de ces derniers ? Il n'est jamais bon d'incarcérer un journaliste. A partir du moment où il ne peut souffrir qu'une amende an cas de jugement, pourquoi commencer par le mettre en prison ? Agir de la sorte, ne peut être interprété que comme une atteinte à la liberté de la presse. Et ce n'est jamais bon pour l'image d'un pays.
ASSALE TIEMOKO.