Madagascar : Un plan d'urgence social pour indemniser les familles victimes du confinement
madagascar-tribune. - Publié le: 25-03-2020 - Mise-à-jour le: 26-03-2020 - Auteur: Fano Rasolo
Madagascar : Un plan d'urgence social pour indemniser les familles victimes du confinement
Sortie honorable. Le président de la République, Andry Rajoelina a dû recevoir, hier, un applaudissement de la part des Malgaches dans chaque foyer, lors de son intervention directe à la Radio nationale et à la télévision Malagasy, après avoir cité les solutions sociales louables pour dédommager les familles victimes de l'arrêt brutal de leurs activités pour cause de coronavirus. Et c'est contrairement à la semaine dernière, où il a été beaucoup critiqué par la population qui l'a jugé responsable de la pénétration de la maladie en permettant l'entrée au pays des personnes porteuses par ses tergiversations à fermer à temps les frontières malgaches.
« Il s'agit d'un plan d'urgence social pour indemniser les familles victimes de l'impact direct du confinement. L'Etat se chargera d'octroyer des dons en vivres aux chauffeurs de taxi, aux chauffeurs et aux receveurs de taxi-be et de taxi-brousses, aux laveuses de linges, aux vieillards sans ressources, aux sans-abris, aux familles nécessiteuses, aux marchands des rues, et aussi aux prostituées et à tous ceux qui vivent au jour le jour. Ces vivres consisteront en riz, en sucre, en pois secs, en savon, en huile et en "Koba aina" », a ajouté Andry Rajoelina.
La distribution de ces vivres débutera à partir de jeudi à Antananarivo et à Toamasina, selon toujours le Chef de l'Etat.
Suspension du paiement de la facture de Jirama
Il a mentionné qu'il a au préalable réuni les députés, les chefs de district et les maires pour assurer le bon déroulement de la distribution. « Toutes les entités bénéficiaires sont affiliées à des associations, donc facilement identifiables », a-t-il poursuivi.
Par ailleurs, dans l'application de ce plan d'urgence social, une somme de dix milliards d'ariary sera à distribuer à ces familles victimes de l'impact direct de la mesure de confinement, à partir de la semaine prochaine. « C'est le Fonds d'intervention pour le développement (FID) qui devra assurer la distribution de cet argent. Par exemple, nous pouvons attribuer 100 000 ariary aux chauffeurs de taxi, aux chauffeurs et aux receveurs de taxi-be », selon ses explications.
En outre, le paiement de la facture de la Jirama de ce mois de mars sera suspendu et ce sans coupure d'électricité pour tous les abonnés de la Jirama à Antananarivo et à Toamasina. « Le paiement se fera en cinq tranches pour chaque mois pendant cinq mois par exemple, mais nous tenterons encore de trouver des mesures de paiement définitives pour les arriérés de ce mois », selon toujours le Président.
Il a aussi indiqué que le paiement des échéances des prêts bancaires sera ajourné pour le mois suivant.
Dans ce contexte, certaines franges de la population active victimes de l'arrêt subit de leurs activités revendiquent leur part de compensation, telles les chargés de cours des écoles privées, les pâtissiers, les prestataires événementiels,.
Surveillance des secteurs privés
Pour les employés du secteur privé comme les zones franches, les « Call center », et autres, qui continuent encore à travailler en cette période de confinement, le président de la République a donné ses instructions aux responsables de ces entreprises pour la protection de leurs employés en leur distribuant des masques et en leur faisant respecter les mesures telles que la distance d'un mètre entre deux personnes pour prévenir la contamination. « Les employeurs doivent assurer aussi le transport des employés. Il y aura une descente du ministère concerné aux entreprises encore ouvertes pour vérifier l'application des mesures de protection », a-t-il ajouté.
La ministre du Travail, de l'emploi, de la fonction publique et des lois sociales, Gisèle Ranampy a indiqué à son intervention radiodiffusée et télévisée via toutes les chaînes nationales, au Centre de commandement opérationnel de lutte contre le Covid-19 à Ivato, que « Ce matin (ndlr : hier) nous avons fais une descente dans deux entreprises pour vérifier les conditions de travail des employés en cette période de pandémie. Nous avons constaté des manquements aux règles de protection des employés vis-à-vis de la maladie. C'est l'entreprise qui doit protéger ses employés en leur distribuant du gel désinfectant, des masques, et en leur faisant respecter la distance entre chaque individu. Nous leur avons donné un avertissement en leur prévenant que toute récidive pourra être sanctionnée de fermeture de l'entreprise ».