Communiqué de l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et la déontologie -OLPED - et du Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors
OLPED - Publié le: 24-03-2020 - Mise-à-jour le: 24-03-2020 - Auteur: OLPED
Communiqué de l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et la déontologie -OLPED - et du Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors
L'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et la déontologie - OLPED - relève, à travers le résultat de son monitoring de la presse des trois premiers mois de l'année 2020, des manquements graves à l'éthique et la déontologie et aux règles professionnelles fondamentales du journalisme.
 
1. Du respect de l'éthique et la déontologie
 
Le contenu de la presse
L'Essor ivoirien s'est particulièrement et négativement, fait remarquer, comme souvent, par son titre à la Une du 19 mars 2020 : « Déstabilisation de la Côte d'Ivoire Mabri Toikeusse prépare une insurrection meurtrière, depuis Danané Toutes ses connexions avec le rebelle Prince Johnson du Liberia Le rôle joué par son chef de cabinet. »
Ce titre, qui barre l'entièreté de la Une du 19 mars 2020, illustrée par la photo du ministre Albert Mabri Toikeusse a provoqué l'indignation générale et suscité une condamnation unanime dont l'Observatoire de la Liberté de la Presse, de l'Éthique et la Déontologie (Olped) et le Conseil Exécutif provisoire du Cénacle des Journalistes Séniors se sont autosaisis.
 
Le jugement du tribunal des pairs - OLPED - et du Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors
Selon la Grille d'écoute et de lecture des médias de l'OLPED, L'Essor Ivoirien, à travers sa vitrine du 19 mars 2020 a commis quatre fautes lourdes :
Déséquilibre de l'information ;
Incitation à la violence ;
Incitation à la révolte ;
Incitation au crime.
 
Parfaite illustration du militantisme politique drapé dans le manteau du journalisme professionnel, qui jette un lourd discrédit sur l'ensemble de la presse ivoirienne et a fini par faire peser sur celle-ci le qualificatif peu honorable de « presse de la haine », L'Essor ivoirien est coutumier de ce type de vitrines, d'articles, de dérives et dérapages.
Deux exemples, parmi d'autres, des dérives éditoriales de L'Essor ivoirien. Dans les colonnes de son édition n° 64 du 19 mars 2018, il écrit : « Menace contre le président Ouattara Cet homme est maudit. et doit fermer sa sale gueule » Tiken Jah est en pleine descente aux enfers Ce n'est pas en imitant le style Burning Spear, qu'on se croirait grand artiste., illustré avec la photo de l'artiste Tiken Jah Fakoly.
À la Une de L'Essor Ivoirien de Mai 2019 : « Tournée d'intoxication de Soro dans le Nord ivoirien Vigilance ! Vigilance ! Distributions des armes dans le grand Nord Les grandes oreilles de la République devraient ouvrir les yeux », illustré avec la photo de l'ex- PAN Soro Guillaume Kigbafori.
 
L'appel du tribunal des pairs - l'OLPED - et du Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors aux journalistes de L'Essor ivoirien
Ces pratiques anti-professionnelles, qui ne respectent ni l'éthique ni la déontologie ni les règles élémentaires du journalisme, rabaissent l'ensemble des membres de la corporation. Ce sont des violations graves du Code d'éthique et de déontologie du journaliste en Côte d'Ivoire en son esprit et sa lettre, en tous ses articles et particulièrement en ses articles 9, 11 et 17. Elles n'honorent pas la corporation et renforcent la mauvaise réputation faite à la presse de Côte d'Ivoire qui ne manque pourtant pas de grands et excellents professionnels.
 
2. De la liberté de la presse et de la responsabilité sociale des journalistes
 
Le tribunal des pairs - OLPED - et le Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors condamnent
Le tribunal des pairs - OLPED - et le Conseil Exécutif provisoire du Cénacle des Journalistes Séniors condamnent avec force, et sans réserve, ces fautes professionnelles que commet régulièrement L'Essor ivoirien.
La liberté de la presse est une condition sine qua non de notre plein exercice du journalisme. Mais la liberté de la presse n'a de sens que quand elle prend racine dans la responsabilité. 
 
Fait à Abidjan le 23 mars 2020
 
Pour l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et la déontologie - OLPED
Le président du Comité de Direction
 
Zio Moussa
 
Pour le Conseil exécutif provisoire du Cénacle des journalistes séniors
 
Lucien Houédanou
 
Rédigé par: papus   le: Mercredi 25 Mars 2020
Curieusement je suis surppris par le mutisme de l'accuse face a de telles graves accusations. Pour un simple poste ministeriel.MABRI doit-il accepter une telle humiliation?
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 25 Mars 2020
"Beugré Julien" je crains qu'ils n'aient pas été vraiment inquiétés, sinon on les aurait entendus hurler que leur chère "liberté de la presse" est bafouée et on aurait vu les syndicats et autres Reporters Sans Frontières entamer le choeur des vierges outragées !
Rédigé par: Beugré Julien   le: Mercredi 25 Mars 2020
J'espère que ces journalistes ont aussi été convoqués comme ceux des journaux bleus.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mardi 24 Mars 2020
La liberté de la Presse n'est pas le droit de dire et d'écrire n'importe quoi. Même si "la liberté de la presse ne s'use que si on ne s'en sert pas", en abuser outrancièrement comme on le voit ici ôte toute crédibilité à la Presse, à qui il ne restera plus que les yeux pour pleurer sur ses ressources qui fondent comme peau de chagrin du fait de la désaffection des lecteurs face auxquels elle aura perdu toute crédibilité. Le RDR n'a pourtant pas ménagé ses plaintes et intimidations face à la Presse "bleue" en son temps, mais avec "l'Essor", ils font 1000 (mille) fois pire, cette publication devrait se voir infliger des sanctions exemplaires, et pas seulement une simple admonestation ou un rappel verbal à la déontologie. C'est vraiment le syndrome de l'opposant historique qui, une fois au pouvoir, dépasse largement en exactions et mauvaise gouvernance le prédécesseur qu'il a abondamment fustigé. Heureusement, il reste encore quelques ivoiriens intelligents, capables de recul et d'esprit critique pour ne pas prendre pour argent comptant au premier degré ces annonces proprement scandaleuses et diffamatoires. Et dans un souci d'équilibre, on pourrait aussi citer "Le Nouveau Courrier" (bleu), dont le soi-disant dossier sur le Coronavirus paru ces jours-ci est largement inspiré par la théorie du complot et regorge de fausses informations.
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 24 Mars 2020
Doit-on rappeler aux journalistes ivoiriens qu'ils ne doivent pas être des colporteurs de rumeurs ? L'information vraie repose sur des faits (avérés). Toujours les faits d'abord! Et ensuite, le commentaire et/ou l'opinion du journaliste, mais les faits doivent être inattaquables.
Rédigé par: Foufou   le: Mardi 24 Mars 2020
Au delà de la condamnation, nous attendons des sanctions ce journal est coutumier du fait, il faut le sanctionner avec la plus grande fermeté. Après ce que ce pays a vécu, nous n'avons plus besoin des journaux de la haine.
Rédigé par: Xi   le: Mardi 24 Mars 2020
Tout le monde ne peut pas financer une rébellion comme. et certainement pas Mabri Toikeuse.
Rédigé par: Kpéko   le: Mardi 24 Mars 2020
Juste une condamnation verbale. N'avez-vous pas le pouvoir de sanctionner pénalement de tels journaleux?