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Politique

Guinée : un vote législatif et référendaire sur fond de répression et de vives contestations

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Lees Guinéens sont appelés aux urnes ce dimanche 22 mars 2020 pour des élections législatives et référendaires. Vivement contestées dans le pays, ces élections, reportées à maintes reprises, ont finalement lieu aujourd’hui dans un climat d'extrême tension.
Le vote a été perturbé à maints endroits de la capitale Conakry, dès l’ouverture des bureaux de vote, à 8 heures. Dans les quartiers de la banlieue, le scrutin n’a pas eu lieu à cause des violences qui ont commencé la veille. Du matériel électoral a été calciné alors que des agents déployés pour les opérations de vote ont été chassés par des opposants. Signe du climat délétère qui règne dans le pays pendant cette élection, le Gouvernement a bloqué les réseaux sociaux la veille du scrutin et limité l’accès à l’internet.
Dans la commune de Kaloum, abritant le palais présidentiel, les services administratifs et les banques, aucun incident n’a été signalé. Dans chaque coin de rue ou presque,  les forces de l’ordre (policiers et gendarmes)  appuyées par des bérets rouges sont massivement déployées. C’est dans ce contexte de tension que le chef de l'État, venu à pied sous une forte escorte, a voté peu avant 11 heures. Dans un bref message, le président Condé a appelé à un vote dans le calme. «J’espère que tout se déroulera dans la paix et la tranquillité. Comme en 1958, les Guinéens vont montrer leur maturité », a-t-il dit.
Dans la banlieue de Conakry, les émeutes qui ont commencé vers 9 heures se poursuivent encore. Deux coups de feu retentissent dans des quartiers réputés favorables à l’opposition. Un bilan non officiel fait état de plusieurs blessés par balles. Des scènes de violences similaires ont été signalées dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, exceptée en Haute Guinée, réputée être un bastion du parti au pouvoir.
Les Guinéens de l’étranger exclus
Ce double scrutin se tient sans la participation de la diaspora. A l’avant-veille  des élections, le ministre des Affaires étrangères, Mamadi Touré a envoyé une note aux différentes représentations diplomatiques guinéennes, indiquant que le vote n’aura pas lieu à l’étranger, à cause de l’épidémie de Coronavirus qui frappe  le monde.
Alpha Condé, se met à dos la communauté Internationale
En dépit de la vive contestation, Alpha Condé est resté droit dans ses bottes alors qu’une trentaine de personnes ont été tuées depuis le début de la contestation en octobre dernier. Ignorant les appels de la communauté internationale (ONU, UA, UE, CEDEAO, OIF) qui ont demandé à maintes reprises la tenue  d’un scrutin inclusif apaisé, le dirigeant guinéen s’est mis à dos beaucoup de monde. Faute d’être entendue, aucune institution n’a déployé des observateurs pour ce double scrutin hautement contesté.   Si le « OUI » l’emporte au référendum, Alpha Condé, 82 ans, au pouvoir en Guinée depuis 2010, pourrait rester au  pouvoir jusqu’en 2032, au grand dam de l’opposition qui promet de poursuivre la lutte malgré le « forcing » opéré. 
Ben Ismael, à Conakry
 

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