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Politique

Opposition au référendum constitutionnel: Du nerf , guinéens !

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24 heures après l’interview d’Alpha Condé sur RFI et France 24 dans laquelle il défendait son projet de réforme constitutionnelle et avouait à demi-mot qu’il serait de nouveau candidat si son parti le voulait bien, le Front national de défense de la constitution (FNDC) avait appelé hier à une « journée de résistance citoyenne et permanente ». On s’attendait donc à une mobilisation monstre pour montrer à l’actuel locataire de Sékoutouréya la ligne rouge à ne pas franchir. Ce ne fut malheureusement pas le cas, les Konakrykas étant restés chez eux, transformant la capitale en ville fantôme avec ses bureaux et commerces fermés, ses routes totalement désertes. Tout le contraire de ce qu’espéraient Cellou Dalein Diallo et ses troupes qui ne pourront dire si leurs compatriotes sont restés cloitrés parce qu’ils n’adhèrent pas au mot d’ordre des contestataires, ou si c’est par peur de la répression qui, à maintes reprises, a fait des victimes.
Faut-il donc y voir les prémices d’un essoufflement du mouvement alors que le combat est loin, très loin d’être gagné et que la date fatidique du 1er mars, décrétée pour les élections couplées législatives et référendaires, approche à grands pas ?
Mais quelle qu’en soit la cause, le flop d’hier est particulièrement contre-productif, et l’on voit déjà venir les thuriféraires du régime qui n’hésiteront pas à l’utiliser comme un argument massue pour affirmer que leurs contempteurs ne sont pas suivis par le peuple guinéen et que c’est justement pour cela qu’ils sont rétifs à l’exercice démocratique que constitue le référendum.
Les croquants seront-ils seulement capables de rebondir d’ici là ? Une chose est sûre, s’ils veulent faire pièce aux velléités monarchiques d’Alpha Condé, il leur faudra changer de stratégie et mettre les bouchées doubles, voire triples. Il faut donc espérer que la ville morte de ce mercredi n’est que le calme qui précède un véritable tsunami politique qui viendrait balayer un opposant historique séduit par les sirènes du pouvoir et qui, désormais, veut marcher sur les pas de ceux qu’il a passé des décennies et des décennies à critiquer et à combattre.
A moins que, dans un éclair de lucidité, le professeur Alpha Condé renonce à son désir d’éternité et se décide à sortir de la scène par la grande porte au lieu d’être défenestré comme avant lui des présidents comme Blaise Compaoré et Mamadou Tandja, poussés sous les lazzis hors du terrain pour avoir voulu jouer le match de trop.
H. Marie Ouédraogo

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