La Côte-d'Ivoire veut taxer Netflix, YouTube et tous les services de vidéo à la demande
Agence Ecofin - Publié le: 13-01-2020 - Mise-à-jour le: 13-01-2020 - Auteur: Servan Ahougnon
La Côte-d'Ivoire veut taxer Netflix, YouTube et tous les services de vidéo à la demande
 En Côte d'Ivoire, les autorités vont taxer les services de vidéo à la demande. L'information a été rendue publique le 9 janvier dernier par Ouattara Sié Abou , le directeur général des impôts, lors d'une conférence de presse sur l'annexe fiscale 2020.
D'après les informations, la taxe sera de 3 % sur le montant versé par le client pour bénéficier du contenu de l'entreprise taxée.
 
D'après le directeur général des impôts, tous les moyens ont été mis en ouvre pour que même les grandes entreprises comme Netflix, YouTube et Dailymotion paient la taxe. Pour y parvenir, la direction générale des impôts collaborera avec le ministère de la Communication.
40 % des taxes perçues sur la vidéo à la demande seront versées à l'Office national du cinéma, tandis que les 60 % restants seront affectés au Fonds de soutien à l'industrie cinématographique.
Servan Ahougnon
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Lundi 13 Janvier 2020
Qui utilise les services payants de VOD en Côte d'Ivoire ? Il faudrait être fou quand on a des programmes gratuits aussi attrayants, distrayants et instructifs que ceux de la RTI ! Pour redorer les finances du pays, la solution la plus efficace serait de taxer l'argent de la corruption. Voilà un veau chantier pour les grands technocrates des impôts.
Rédigé par: Lago Tape   le: Lundi 13 Janvier 2020
Mobiliser les ressources intérieures et élargir l'assiette fiscale, cela va bien au-delà de ces "mesurettes" afin de taxer par exemple, Netflix en Côte d'Ivoire ou bien le salaire des servantes (de maison) au Malawi. Quand le FMI et la Banque mondiale conseillent aux pays africains d'élargir l'assiette fiscale, alors nos fonctionnaires des impôts nous pondent tous les ans dans l'annexe fiscale des idées saugrenues de la sorte. En effet, le ratio impôt/PIB moyen dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne est de 17%, (et reste inchangé depuis ces 3 dernières années.), alors qu'en Amérique latine et dans les Caraïbes, ce ration impôt/PIB moyen est de 22,8% et pour les pays de l'OCDE, ce ratio impôt/PIB moyen est de 34,2%. Entre pays africains, les variations de cet indicateur impôt/PIB moyen sont énormes. Par exemple en 2017, au Nigeria ce ratio impôt/PIB moyen était de seulement de 5,7% tandis qu'aux Seychelles, ce ratio impôt/PIB moyen était de 31%... Renforcer l'efficience des systèmes de TVA est un moyen de percevoir des recettes fiscales plus élevées et plus pérennes. Les impôts sur le patrimoine demeurent encore très faibles en Afrique par rapport à la région Amérique Latine et aux pays de l'OCDE, mais ont le potentiel de jouer un rôle clef dans le financement de services locaux de qualité en Afrique. Des progrès dans la gouvernance et dans la gestion des dépenses de l'Etat (en Afrique) pourraient également induire une (forte) augmentation des recettes fiscales. En plus, cela améliorera (grandement) le civisme fiscal et le consentement des citoyens africains au paiement des impôts.