Rentrée scolaire : Les parents pleurent, les libraires se frottent les mains
lebanco.net - Publié le: 11-09-2019 - Mise-à-jour le: 11-09-2019 - Auteur: Sylvie Naya
Rentrée scolaire : Les parents pleurent, les libraires se frottent les mains
La rentrée des classes est effective depuis le lundi 9 Septembre 2019, mais de nombreux parents, comme de tradition, tardent à se présenter  dans les grandes surfaces pour l'achat  de fournitures scolaires de leurs enfants.
Depuis  la publication, le 20 Aout 2019, de la liste des manuels et fournitures scolaires pour la rentrée scolaire 2019-2020, par le ministère de l'Education nationale,  les librairies, papeteries et supermarchés ont fait le plein de leurs rayons. Alors  que les cours ont repris dans les établissements scolaires,  le lundi 9 septembre 2019, seuls quelques parents  sillonnent les différents lieux de ventes de fournitures scolaires pour des achats. C'est le cas de Koné Bakary, parent d'élève et enseignant, rencontré à la « Librairie espoir », à Adjamé-Liberté, le mardi 10 Septembre 2019. «Après  avoir fait le tour des grandes librairies, je constate que les prix des articles scolaires dans les petits rayons sont abordables... J'ai même pu faire mes achats », dit-il. 
Pendant ce temps, un autre parent juste a côté,  l'air abattu et soucieux, se plaint du système éducatif : « J'ai trois enfants,  on nous a fait croire que l'école est gratuite, apparemment ce n'est pas le cas. Tout est compliqué, même les  inscriptions se font 2 fois en ligne pendant les vacances et la rentrée des classes, c'est coûteux, sans compter les fournitures. L'école est désormais  pour les riches », déplore-t-il, avant de quitter la librairie avec quelques cahiers achetés. Abdul Cissé, le propriétaire de la librairie confirme  une  hausse légère des prix de certains cahiers, allant de 50 à 200 Fcfa. Par contre les prix n'ont pas changé au niveau des livres scolaires. 
A Yopougon, le même scenario se présente : faible affluence, parents confrontés aux difficultés financières. S bien que certains parmi se contentent juste de se renseigner sur les prix des fournitures afin de revenir prochainement avec des sous. Pendant ce temps, les marchands aux abords de la voie Keneya-marché Sicogi se frottent les mains. Ils sont visiblement heureux de voir les parents défiler dans les rayons. C'est la période des grandes récoltes,  à en croire le chiffre d'affaires journalier d'Adama Fofana, gérant d'une grande librairie à proximité de la Pharmacie Kenya. «  A cette période, c'est la grande affluence, nous pouvons gagner  800000/jour ».
 A côté de ces grandes librairies, se trouve une autre catégorie, communément appelée « Librairie par terre ». Il s'agit des manuels scolaires de deuxième main, rachetés à bas prix aux élèves et revendus sur le marché lors de la rentrée scolaire. Devant son étal, dans les environs du Lycée William Ponty, Serge Kacou met à  la disposition des parents les manuels et romans reconduits par le ministère de l'Education nationale. 
Mais, s'il a des avantages certains, ce commerce a également des inconvénients. D'une part, c'est une aubaine  pour les parents et élèves en manque d'argent de pouvoir acheter à petit prix. D'autre part, ces vieux livres ne sont pas durables au point de rester en bon état durant toute l'année scolaire, de l'avis de certains parents. Aussi nombre d'entre eux préfèrent-ils que leurs enfants commencent la rentrée avec des livres neufs.
En réalité, la rentrée scolaire est toujours  un casse-tête pour les parents. Mme Koré Louise, vendeuse de sacs et tenues scolaires au grand marché de Niangon, estime que la rentrée se prépare dès le début des grandes vacances. Mais combien de parents le font ? Confrontées à la cherté de la vie chère, bien des familles n'arrivent même plus à se nourrir a fortiori penser à acheter une partie des fournitures scolaires pendant les vacances.
Sylvie Naya
Rédigé par: Salma Ba   le: Mercredi 11 Septembre 2019
Les difficultés de la rentrée sont l'illustration de la pauvreté grandissante des populations, malgré les déclarations de certains de nos politiciens que "tout va bien en Côte d'Ivoire". La rentrée scolaire se prévoit aussi longtemps à l'avance. Il faut que les parents ivoiriens épargnent (plus) et cessent de dépenser (futilement) pour les funérailles grandioses, les mariages grandioses, les baptêmes grandioses. Il faut investir dans l'Education des enfants et/ou dans leur formation technique et professionnelle.