Création du mouvement « AGIR ENSEMBLE » La méthode Kadré.....en marche
le pays - Publié le: 10-09-2019 - Mise-à-jour le: 10-09-2019 - Auteur: Hamadou GADIAGA
Création du mouvement  « AGIR ENSEMBLE »   La méthode Kadré.....en marche
En tournée dans la commune rurale de Pabré dans la région du Centre, l'ancien Premier ministre et candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2020, Kadré Désiré Ouédraogo (KDO), a appelé « tous les Burkinabè de bonne volonté » à faire bloc autour de sa candidature afin de redresser notre pays qui a mal, selon lui, à sa sécurité, à sa paix sociale, à sa gouvernance et à son développement. Appel entendu, du moins par certains de nos compatriotes qui ont, samedi dernier, porté sur les fonts baptismaux un parti politique dénommé « Mouvement Agir ensemble » pour soutenir le natif de Boussouma dans sa volonté de briguer la magistrature suprême dans un an et demi. Ce mouvement de soutien à KDO dirigé par un transfuge du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Boubacar Diallo pour ne pas le nommer, est un véritable melting-pot dans lequel se retrouvent des membres d'associations citoyennes et d'organisations de la société civile, des citoyens ordinaires et des militants de parti politiques, notamment le parti « Les Républicains » de Amadou Traoré. Un quadrillage en nappe de toutes les circonscriptions électorales en perspective donc, et cela pourrait faire de KDO un candidat de choc d'autant que parmi ses « fourmis magnats » qui iront à la chasse aux voix, on compte certaines figures politiques bien connues et rompues à la tâche pour avoir sollicité à plusieurs reprises les suffrages des électeurs. Dans les états-majors des partis politiques, les plus représentatifs, on a certainement pris déjà la mesure de la menace, en raison non seulement du profil des responsables de « Agir ensemble », mais aussi des risques d'implosion et/ou de clivages internes que l'arrivée sur la scène du nouveau-né, pourrait accentuer ou susciter en leur sein. Le parti au pouvoir dont le bilan sur le plan social et sécuritaire est loin d'être flatteur, de même que l'UPC et le CDP qui sont actuellement traversés par des courants contraires, ont objectivement du souci à se faire, car quelques semaines avant la naissance du parti de Boubacar Diallo, on avait assisté à la naissance d'un autre trublion, en l'occurrence le Mouvement patriotique pour le salut dont les têtes de gondole sont l'ancien ministre, Augustin Loada et son Premier ministre, Yacouba Isaac Zida.
 
 
Il y aura fatalement du piquant à l'occasion de la prochaine échéance électorale
 
Avec ces nouveaux partis, certains de nos compatriotes estiment que nous aurons la chance historique de vivre des élections ouvertes et palpitantes. Pour le cas précis du mouvement «Agir ensemble » qui affiche son soutien à KDO, ce n'est un secret pour personne que ses principaux dirigeants ne sont pas ceux qui étaient au présidium au Conseil burkinabè des chargeurs samedi dernier, mais plutôt ceux qui préfèrent encore porter la cagoule parce qu'ils ne désespèrent toujours pas de voir la candidature de leur champion portée à bout de bras par la puissante machine électorale du CDP. C'est connu, ces frondeurs de l'ancien parti au pouvoir comme on les appelle, abhorrent à la limite l'actuelle équipe dirigeante du parti et surtout son président Eddie Komboïgo dont ils fustigent « le culte de la personnalité ostentatoire et ridicule ». Ce sont eux qui sont à la manouvre dans la naissance du mouvement pro-KDO, mais ils préfèrent reprendre triomphalement leurs postes dans le bureau politique national du CDP après que le Tribunal de grande instance de Ouagadougou a fait droit à leur recours en référé introduit en juin dernier aux fins de suspendre la tenue du congrès du parti initialement convoquée pour le 16 juin dernier, et de ramener le nombre statutaire des membres du bureau politique national à 600 au lieu de 1000. Le prochain congrès devant désigner le candidat du parti à la prochaine élection, se tiendra sans doute dans une atmosphère électrique, car à défaut de pouvoir faire entériner la candidature de l'ancien Premier ministre, les Salia Sanou, Juliette Bonkoungou et autres Boureima Badini ne quitteront peut-être pas le parti, mais chacun d'entre eux mettra à contribution son ancrage local et son aura pour à la fois torpiller Eddie Komboïgo et mettre KDO en pole position dans la conquête de Kosyam. A moins qu'entre-temps, le président d'honneur du parti, Blaise Compaoré, qui est assidument courtisé par tous les clans, ne décide de sortir de son mutisme pour dire qui de la tendance Diendériste du CDP incarnée par Eddie Komboïgo ou du CDP canal historique défendu par les frondeurs, devra représenter le parti dans la course à la présidence en 2020. Car, au-delà des ambitions personnelles des candidats à la candidature, il y a le sort de l'ancien président et peut-être celui aussi du Général Gilbert Diendéré qui vont peser lourd dans les marchandages non seulement avec Blaise Compaoré lui-même, mais aussi et surtout avec le parti au pouvoir, au cas où il y aurait un second tour. En clair, si KDO venait à bénéficier des faveurs ou de la bénédiction de l'ancien président du Faso, il n'est pas exclu que par dépit et par réalisme politique, Eddie Komboïgo et les siens se tournent vers Roch Marc Christian Kaboré pour conclure des deals politiques assortis de promesses alléchantes pour le fils du Passoré. Mais n'allons pas vite en besogne, car, rien ne dit que l'actuel président du CDP qui a déjà les faveurs de la Jeunesse du parti, n'aura pas aussi celles du président d'honneur et dans ce cas de figure, il y aura fatalement du piquant à l'occasion de la prochaine échéance électorale avec d'un côté le MPP et ses alliés et de l'autre des mastodontes de la scène politique nationale comme KDO, Eddie Komboïgo et . Zéphirin Diabré. Une chose est sûre, c'est que c'est l'opposition qui risque encore une fois, très gros dans cette opération de neutralisation mutuelle qui se profile. 
 
Hamadou GADIAGA