Lutte contre la pauvreté : La Côte d'Ivoire loin derrière le Ghana et le Sénégal
lebanco.net - Publié le: 26-08-2019 - Mise-à-jour le: 26-08-2019 - Auteur: Karine Koré
Lutte contre la pauvreté : La Côte d'Ivoire loin derrière le Ghana et le Sénégal
Les performances économiques de la Côte d'Ivoire, souvent vantées par les autorités ivoiriennes, sont loin d'être des effets d'annonce. A en croire, le rapport d'information 2019 d'Oxfam, le pays figure bien « parmi les 10 économies à la croissance la plus rapide au monde ». Toutefois, souligne le même rapport, la Côte d'Ivoire fait partie des pays du continent les moins engagés pour la réduction de l'écart entre riches et pauvres. C'est du moins ce qu'il ressort des indicateurs regroupés sous l'appellation d'indice de l'Engagement à la Réduction des Inégalités  (ERI).
Conçu par Développement Finance International et Oxfam, cet ERI est la  résultante de l'évaluation de trois domaines d'action essentiels dans la réduction des inégalités: 1) consacrer des dépenses progressives à des domaines comme l'éducation, la santé et la protection sociale ; 2) imposer les plus riches davantage que les plus pauvres ; 3) payer aux travailleurs un salaire minimum vital. 
Il ressort des résultats des ERI des pays du continent, que la Côte d'Ivoire se classe à la 26eplace, à l'échelle continentale, et à la 6eplace des Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest( Cedeao), avec 0,25. Derrière respectivement le Sénégal( 0,29), le Ghana (0,28), la Gambie (0,25). En d'autres termes, la Côte d'Ivoire fait moins pour réduire l'écart entre riches et pauvres que le Ghana, le Sénégal et la Gambie. Le pays d'Alassane Ouattara est également moins engagé dans la lutte contre les inégalités que la Mauritanie.
Ces résultats font dire aux auteurs du rapport que « dans la plupart des pays, les avantages de cette croissance(celle à laquelle l'on a fait allusion s'agissant de la Côte d'Ivoire, ndlr) économique sans précédent n'ont profité qu'à une toute petite minorité ». De fait, soutiennent-ils, « alors qu'un nombre faible mais croissant d'individus s'enrichit de manière inouïe, l'immense majorité de la population se voit privée des éléments les plus essentiels d'une vie digne tels qu'une éducation de qualité, des soins de santé et un emploi décent et cela, en dépit d'un essor économique sous l'impulsion des industries extractives ».
 
Poursuivant, ils avancent que « l'évaluation d'Oxfam indique clairement que les gouvernements ouest-africains sont, en moyenne,  les moins engagés du continent à réduire les inégalités. Et que la plupart d'entre eux choisissent d'ignorer la crise des inégalités plutôt que de la réduire ». Ils recommandent donc que l'accent soit désormais mis sur la lutte contre les inégalités.
Karine Koré
Rédigé par: Baruni   le: Mercredi 28 Août 2019
En fait, les concepteurs du développement sur base du capitalisme n'ont pas encore trouvé la solution pour que la fameuse croissance soit vraiment "inclusive". Tout ce qu'ils savent faire, c'est de faire une croissance du PIB et de s'en gargariser comme le critère exclusif de la bonne marche de l'économie, c'est d'ailleurs ce qu'ils ont toujours enseigné dans les universités, et notre gouvernement ivoirien est allé à cette école et est donc fier de sa croissances du PIB. Sauf que maintenant, on sait que le PIB seul ne rend heureux qu'une petite minorité. Et c'est pourquoi au cours des deux dernières décennies on affirme de plus en plus que le fameux développement avec sa fameuse croissance devait être enfin inclusif. Sauf que personne ne sait le faire, ce développement inclusif. Ni les pays dits développés, ni encore nous autres pays africains qui sommes heureux d'être leurs élèves sans jamais oser inventer des choses qui dépassent l'entendement du "maître" et nous rendent vraiment heureux. Ce qui est impossible à l'esprit européen semble impossible à l'esprit africain, et c'est là la plus grand malheur de l'Afrique, à mon avis. On attend que les Occidentaux trouvent la formule magique du développement inclusif et qu'ils viennent nous l'enseigner. D'ailleurs un classement selon un indice de développement inclusif démontrerait certainement que les fameux pays développés sont ici beaucoup moins développés qu'on ne le croit.
Rédigé par: Fognon.   le: Mardi 27 Août 2019
@ Bismark. Vraiment, Tu fais rire. C'est la reconnaissance ou et b la pure ignorance qui te motivent a sortir des insanites? Xa t'a pris combien de temps pour acumuler ou construire ta fortune? Tu crois que cela se fait du jour au lendemain ou avec un baton magique? Vraiment, tu sais pas! Que Dieu nous garde des esprits comme le tien. A+
Rédigé par: Bismark   le: Lundi 26 Août 2019
Apparemment rien ne va dans ce pays. On est dernier dans tous les rapport parlant des bonne choses et pre,ier dans les rapports présentant les mauvaises choses. Et pourtant on nous fait miroiter une croissance soutenue à faire rougir la Chine de jalousie. On a l'impression aue ça prend de l'eau de partout. Un regime incapable qui pense que la communication suffira à cacher le soleil de misère avec la main. QUE DIEU NOUS AIDE
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Lundi 26 Août 2019
Oui, en effet, les inégalités et les injustices sociales sont comme une bombe qui peut exploser à tout moment dans nos pays d'Afrique de l'Ouest! « Les gouvernements d'Afrique de l'Ouest exacerbent les inégalités en sous-finançant les services publics, tels que la santé et l'éducation, tout en sous-taxant les entreprises et les plus riches. » En Côte d'Ivoire, on parle de "croissance non inclusive" (dans le jargon des bailleurs de fonds que sont la Banque mondiale et la Banque Africaine de Développement) pour décrire les inégalités les plus criardes. Un autre exemple d'injustice sociale: « La richesse cumulée des cinq Nigérians les plus riches s'élève à 29,9 milliards de dollars, soit plus que l'intégralité du budget du Nigéria en 2017 » ; « Au Ghana, une fille de famille pauvre est 14 fois plus susceptible de n'être jamais allée à l'école qu'une fille de famille riche. » Deux exemples parmi tant d'autres qui sont un constat frappant dont regorge le dernier rapport d'Oxfam sur « La crise des inégalités en Afrique de l'Ouest »: https://oxfamilibrary.openrepository.com/bitstream/handle/10546/620837/bp-west-africa-inequality-crisis-090719-summ-fr.pdf