Cote d'Ivoire : Les internautes font démolir un immeuble à Cocody
lebanco.net - Publié le: 24-08-2019 - Mise-à-jour le: 24-08-2019 - Auteur: Samuel Tia
Cote d'Ivoire : Les internautes font démolir un immeuble à Cocody
Le ministre de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme, Bruno Koné, a fait démolir un immeuble en construction aux 2-Plateaux, sur dénonciation des internautes. Suite à une publication sur les réseaux sociaux pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur le danger que représente cet immeuble en construction, le service de la brigade d'investigation et de contrôle urbain a procédé à l'arrêt des travaux par la destruction de la maison. Et le ministre en a informé lui aussi l'opinion via les réseaux sociaux.
De quoi s'agit-il en fait ? La maison, pour l'heure partiellement détruite, dont l'image circule sur la toile, appartient à N'zi Yao Maxime. Elle est située aux II-Plateaux, 7e tranche. Celui-ci avait entrepris de modifier une maison basse en élevant au beau milieu de la villa, des étages, le tout se présentant comme un sabre, dont le manche est constitué de la villa basse, ou comme une « pyramide inversée », comme ironisaient les internautes.
Dès le mois de juin 2019, le ministère de la Construction avait déjà interpellé le propriétaire de l'immeuble, par courrier en date du 20 juin. «  Vous avez entrepris les travaux de construction d'un immeuble R+4 avec sous-sol non conforme à l'arrêté n0 18-00022/MCLAU/ CAB/GUPC vous accordant le permis de construire sur le lot 3756 Bis ilôt 306 du lotissement des II-Plateaux 7ème Tranche dans la commune de Cocody », avait averti le ministère.
Puis le département désormais dirigé par Bruno Koné a mis en garde le sieur N'zi Yao Maxime contre les conséquences qu'il encourt : « Nous vous rappelons que vos constructions tombent sous le coup de la loi n0 65-248 du 04 août 1965 tel que modifiée et complétée par la loi 97-523 du 04 septembre 1997 relative au permis de construire, qui stipule que quiconque désir entreprendre une construction, à usage d'habitation ou non, doit au préalable obtenir un permis ». Et le ministère de le sommer d'arrêter les travaux.
Tout en soulignant : « La poursuite des travaux après notification entraîne la démolition sans délai de l'ouvrage ». Par la suite, une mise en demeure a été adressée au maître d'ouvrage de l'immeuble, qui n'est autre que N'zi Yao Maxime. « Après visite de votre chantier, il ressort que votre construction est non conforme à l'arrêté susmentionné (celui évoqué plus haut, ndlr), notamment au niveau de l'implantation par rapport aux voies et des limites séparatives », prévient le ministère. Qui renchérit : « Outre, votre bâtiment présente visiblement un problème d'ingénierie relatif au dimensionnement de la structure porteuse ». Allusion à l'impression de sabre ou pyramide inversée que donne l'immeuble.
Puis le ministère de faire cette recommandation au propriétaire : «  Face à ce constat, nous vous mettons en demeure de procéder à l'arrêt des travaux et de recourir à un Bureau de Contrôle et de Normalisation des Risques en vue de vous assurer de la stabilité de votre ouvrage ». Apparemment, rien de tout cela n'avait été fait jusqu'à ce que l'attention de certains citoyens soit attirée par cet immeuble au design bizarre et qu'ils en parlent sur les réseaux sociaux. Ce qui a poussé le ministre Bruno Koné à ordonner la destruction immédiate de la « pyramide inversée » de N'zi Yao Maxime. Voilà un bel exemple du bon usage de ces nouveaux canaux d'information
Samuel Tia
 
 
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Dimanche 25 Août 2019
Errata : il faut lire "... dans les canaux d'écoulement des eaux naturelles..." et "...où des écroulements de murs se sont déjà produits (avant même l'inauguration !)" et encore "Même sur la propriété que nous occupions..." . Merci pour votre compréhension et votre patience !
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Dimanche 25 Août 2019
En Côte d'Ivoire, on construit ce qu'on veut, où on veut, quand on veut. Ce qui a décidé le Ministre à agir concrètement, c'est la médiatisation via les réseaux sociaux, qui risquait de nuire à son image (et rejaillir sur celle de son patron). Car on le sait bien, avec Bruno Koné, tout est dans les apparences, mais sur le terrain, moins il en fait (surtout dans le domaine qui concerne son Ministère), mieux il se porte ! En ce qui me concerne, j'ai des quantités de photos de lotissements construits en dépit du bon sens, à flanc de ravin, dans les canaux d'écoulement des seaux naturelles (notamment dans un lieu que nous avons surnommé "Le grand Canyon", où l'abattage de quelques arbres a provoqué une érosion spectaculaire), où des écroulements de mors se sont déjà produits (avant même l'inauguration !) et qui, sans aucun doute, deviendront les "quartiers précaires" de demain. Même sur la propriété que nous occupations jusqu'à la fin de l'année 2018, et que nous avons quittée, entre autres, du fait de nombreuses malfaçons, un mur de séparation, mal construit en parpaings "éponges" sur une pente remblayée avec des déchets divers, s'est effondré pendant une nuit d'orage, endommageant la maison voisine, heureusement inoccupée ce jour-là (j'ai les images). C'est scandaleux de vendre des maisons pareilles, et le constructeur court toujours (et continue sans doute à construire ainsi). En France il y a la garantie décennale, en Côte d'Ivoire il n'y a rien. Tu paies et tu te débrouilles. De telles maisons sont bonnes à détruire et à reconstruire correctement car tout y est pourri, même en dessous (écoulement des eaux usées bouché)et il y en a des centaines comme ça à Bingerville qui se louent 500 000 F/mois et plus !
Rédigé par: Victor Nelson   le: Samedi 24 Août 2019
C'est ce qui se fait dans un état de droit: on se construit pas ce que l'on veut et comme on veut mais on doit respecter certains critères d'urbanisme etc..L'autre problème est comment des personnes arrivent à obtenir des permis de construire sans avoir présenté un plan détaillé et approuvé par les autorités compétantes en la matière ? Trop de dégats ont été causés en Civoir sur le plan urbanistique et selon moi, Abidjan serait à recontruire...totalement. On a encore de la chance d'avoir des villes non loin d'Abidjan qui pourraient servir d'exemple mais hélas, on continue à faire les memes choses ! Nous ne sommes que moins de 30 millions d'habitants pour une superficie presqu'égale à l'Italie qui compte plus de 50 millions d'habitants et nous parlons de surpopulation. Le vrai problème est celui de l'occupation rationnelle du sol.
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Samedi 24 Août 2019
Forestier: Tu as posé la bonne question. Mais il est bon de savoir que le Ministère de la Construction agit quand de tels faits sont portés à sa connaissance. Je pense que nous devons être vigilants et prêts pour photographier les immeubles bancals qui pullulent à Abidjan construits (illégalement) sur les fondations d'une maison basse.
Rédigé par: BI MICHEL   le: Samedi 24 Août 2019
est-ce qu'il est possible d'avoir l'autorisation de construire un tel immeuble à cet endroit ? là est la vraie question
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Samedi 24 Août 2019
Pour un immeuble bancal détruit, combien passent au-travers des filets ?
Rédigé par: Lago Tape   le: Samedi 24 Août 2019
Bravo au Ministère de la Construction