Loi sur la CEI : les députés de l'opposition craignent de nouvelles violences
lebanco.net - Publié le: 23-08-2019 - Mise-à-jour le: 23-08-2019 - Auteur: Assane Niada
Loi sur la CEI : les députés de l'opposition craignent de nouvelles violences
Les députés de l'opposition redoutent un retour aux violences après l'adoption de la loi portant recomposition de la Commission électorale indépendante( Cei). Ils l'ont clairement laissé entendre, le jeudi 22 août 2019, au cours d'un point-presse, tenu à l'Assemblée nationale au Plateau.
Réunis au sein des groups parlementaires Pdci-Rda, Rassemblement et Vox populi, ces députés de l'opposition estiment qu'en l'état, la nouvelle Cei reste encore dominée par le pouvoir.  « La loi n°2019-708 du 05 août 2019, portant recomposition de la Commission électorale indépendante( Cei) telle qu'adoptée par les deux Chambres du Parlement ivoirien, en maintenant les représentants du président de la République et du ministre en charge de l'Administration du territoire au sein de la commission centrale d'une part et en excluant la société civile des commissions locales, d'autre part, ne répond aucunement à l'esprit d'un dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes », commencent-ils par dénoncer.
Puis ils soutiennent que cette nouvelle Cei représente une menace pour la paix en Côte d'Ivoire. « Promulguée au forceps, cette loi consacre clairement le déséquilibre de la Cei au profit du pouvoir et est indéniablement porteuse de germes conflictuels », préviennent ces députés, dont certains sont issus du parti de Henri Konan Bédié.
Afin d'épargner au pays cette résurgence de la violence, ils interpellent l'opinion. Ils disent, en effet, réitérer « leur engagement à user de toutes les voies de recours possibles en vue d'aboutir à l'installation d'une commission électorale indépendante, impartiale et équilibrée, qui répond aux standards internationaux avec pour seule ambition de sortir définitivement la Côte d'Ivoire du spectre de la violence électorale par l'organisation d'élections transparentes, justes et démocratiques ». On le voit, donc, la polémique sur la réforme de la Cei est loin d'être retombée.
Assane Niada
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Lundi 26 Août 2019
Il n'y a pas que les députés de l'opposition qui craignent des violences. Mois je crains franchement, car je connais trop le caractère des ivoiriens et la propension des hommes politiques à attiser les antagonismes jusqu'à la violence meurtrière. Rappelons nous, l'époque de "l'article 125" n'est pas si loin que ça (et quand on sait les velléités de son promoteur de revenir sur le devant de la scène, ça fait froid dans le dos), de tels mots d'ordre (peut-être pas aussi explicites) ne sont pas exclus dans les semaines précédant l'élection, et surtout entre les deux tours s'il y a un 2eme tour. ON sent monter la violence verbale et la désinformation, ce qu'on voit et entend aujourd'hui ne laisse présager rien de bon quand les "hostilités" seront officiellement ouvertes. Au lieu d'être dans el déni, les "barons" du RHDP feraient mieux de contrôler leur propre langage et mettre un peu d'eau dans leur vin et dans celui de leurs organes d'information (ou plutôt de "communication" et de propagande). L'opposition, ça existe en démocratie, c'est parfaitement légal et même légitime, et s'opposer ce n'est pas attenter à la sécurité nationale !
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Vendredi 23 Août 2019
En effet, la question électorale est très sensible en Côte d'Ivoire à cause des conséquences dramatiques des crises électorales de 2000 (100 morts et un charnier à Yopougon) et 2010 (plus de 3000 morts). Mais, les autorités politiques ne veulent pas d'une CEI indépendante. La violation de l'arrêt de la CADHP (n'en déplaise au PR de l'UA qui a déclaré le contraire de manière fort maladroite) pourrait entrainer des conséquences dramatiques durant le processus électoral de 2020. L'ombre d'une crise électorale plane déjà sur la présidentielle de 2020. Il faut que Pouvoir et Opposition règlent cette question.
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 23 Août 2019
La loi réformant la Commission Électorale Indépendante (CEI) a été adoptée par l'Assemblée nationale (124 voix contre 78) le 30 juillet dernier. La commission centrale de la CEI, passe de 17 à 15 membres et sera composée d'un représentant du chef de l'État, d'un du ministère de l'Intérieur, d'un du Conseil national de la magistrature, de six représentants de la société civile, de trois représentants du parti au pouvoir et, enfin, de trois autres pour les partis de l'opposition. Une réforme dénoncée à la fois par l'opposition mais aussi par de larges composantes de la société civile ivoirienne. Ont-ils raison de contester la nouvelle CEI ? La loi sur la réforme de la CEI ne traite pas les lacunes qui lui étaient reprochées. En effet, les politiques sont surreprésentés avec 9 représentants (6 pour le pouvoir et 3 pour l'opposition) sur les 15. Autrement dit, la CEI demeure ainsi toujours politisée, ce qui nuit à son indépendance et, partant, à sa crédibilité. Il est clair que les représentants des partis politiques, malgré leurs slogans, ne font que défendre les intérêts de leurs partis, et ce même aux dépens de la démocratie. Ainsi, en 2010, des représentants du pouvoir avaient bloqué la proclamation des résultats refusant la défaite de leur candidat. Par ailleurs, on note un déséquilibre de représentation dans la commission centrale de la CEI en faveur du pouvoir qui compte 6 membres (1 représentant du chef de l'État, 1 du ministère de l'Intérieur, 1 du Conseil national de la magistrature, 3 du parti au pouvoir) contre 3 pour les partis politiques de l'opposition. Cela se traduit aussi dans les commissions locales où il y a 4 représentants du pouvoir contre 3 de l'opposition. Grâce à sa surreprésentation, le pouvoir pourra continuer de tirer les ficelles. Ainsi, la CEI ne peut pas être indépendante, ce qui viole l'arrêt de la CADHP du 26 novembre 2016, qui avait jugé que : « l'État a violé son obligation de créer un organe électoral indépendant et impartial.
Rédigé par: Foufou   le: Vendredi 23 Août 2019
En RCI, les politiciens ont l'art de vouloir une chose et son contraire. Au début des années 2011-2012, lorsque le pouvoir organisait des rencontres et appelait tous les partis à la table des négociations pour aller à la réconciliation, certains ont trouvé que les conditions n'étaient pas réunies. Ils ont exigé la libération de leur mentor et confirmé ainsi le "No Gbagbo, no peace" des mercenaires libériens lors de la crise post-électorale. Toutes les tentatives de réconciliation ont été boycottées, même les opérations du recensement général de la population. Aujourd'hui, les mêmes accusent le pouvoir de n'avoir rien fait pour la réconciliation et sont devenus les chantres de cette réconciliation tant souhaitées... après l'échec de toutes les tentatives de déstabilisation du régime actuel par les nombreuses attaques des postes tenus par les FRCI ainsi que les zones frontalières du Libéria. Aujourd'hui voilà encore que ceux qui ont claqué la porte des négociations pour la réforme de la CEI demandent la reprise des négociations après l'échec de leur boycott et le vote de la loi au parlement et au sénat. Voilà ainsi nos défenseurs acharnés de la souveraineté de la RCI lorsqu'ils étaient au pouvoir (Bédié et Gbagbo), obligés d'attendre l'intervention d'une institution continentale donc étrangère à leur yeux (réf la réaction de cette opposition à la récente déclaration du Président de la commission de l'UA) pour faire annuler le vote de la représentation nationale. Quelle sera alors la limite s'ils réussissent cette prouesse? Que vaudront dorénavant les décisions qui seront prisent aujourd'hui comme demain par nos institutions nationales lorsqu'elles ne rencontreront pas l'assentiment des partis minoritaires? En démocratie, la débat se fait avant le vote. Une fois le vote passé, la minorité se soumet au choix de la majorité. C'est comme ça. Hier toutes les lois votées au parlement en l'absence du RDR d'ADO ont été appliquées sans que ce parti ne puisse rien y changer.