Corruption en Côte d'Ivoire : Abidjan répond à Transparency International
lebanco.net - Publié le: 21-08-2019 - Mise-à-jour le: 21-08-2019 - Auteur: Assane Niada
Corruption en Côte d'Ivoire : Abidjan répond à Transparency International
Quelques jours seulement après le dernier rapport de Transparency International sur la corruption en Côte d'Ivoire, les autorités ivoiriennes sont sorties de leur silence. Par la voix de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, organe chargé de la lutte contre la corruption en Côte d'Ivoire, elles ont balayé du revers de la main les informations du dernier afrobaromètre, laissant croire à une flambée de la corruption en Côte d'Ivoire en 2019.
« L'objectif de cet exercice, que nous faisons ensemble, est de faire comprendre que contrairement à ce qui a pu se dire ou s'écrire, la Côte d'Ivoire n'est pas du tout en mauvaise position concernant ses performances en termes d'accroissement du niveau de la corruption depuis 2016 », a, en effet déclaré le directeur de cabinet du président de l'institution, Traoré Bakary, au cours d'une conférence de presse, le mardi 20 août 2019. Puis de souligner qu'il n'est pas exact de dire que les choses ont empiré en 2019 s'agissant du niveau de corruption en Côte d'Ivoire. « Sa situation ne s'est pas dégradée entre 2018 et 2019, puisque le taux demeure à 58% », a-t-il, en effet, martelé.
Bien au contraire, a-t-il soutenu, le pays a amélioré son positionnement en terme de lutte contre la corruption depuis l'accession d'Alassane Ouattara au pouvoir. En témoigne le bond réalisé au niveau de l'indicateur de lutte contre la corruption, qui est passé de -0.39 à 0.28. « Comme vous pouvez le constater, la Côte d'Ivoire a connu des progrès importants qui malheureusement n'ont pas fait de communication et de diffusion auprès des populations. Cela peut sans doute expliquer le pourcentage de personnes qui pensent toujours que le gouvernement ne fait pas suffisamment pour la lutte contre la corruption  », a encore expliqué le directeur de cabinet.
Pour rappel, Transparency  International a fait état d'une hausse de la corruption de 40% en Côte d'Ivoire en 2019.
Assane Niada
Rédigé par: papus   le: Jeudi 22 Août 2019
Ce n'est plus le juriste BAKARY KONE qui parle mais l'homme politique qui defend vaille que vaille une institution et partant un gouvernement. Pourtant ce rapport a cible des secteurs precis police ,justice,hommes politiques,elus locaux sur lesquels le DR de Cabinet reste muet. Combien d'hommes politiques, elus locaux et ministres ont pu declarer leur patrimoine a cette HAUTE AUTORITE malgre ses nombreuses injonctions?
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Mercredi 21 Août 2019
En Côte d'Ivoire, tout comme dans de nombreux pays d'Afrique, la guerre contre la corruption ne convainc pas: Rouge, désespérément rouge. Année après année, lorsqu'on regarde la carte établie par Transparency International selon l'indice de perception de la corruption, l'Afrique s'affiche en écarlate, signe que la situation y demeure très critique.Des déclarations de bonnes intentions aux mesures ayant un réel impact sur les populations, lassées des bakchichs quotidiens comme des pots-de-vin et détournements de fonds au plus haut niveau, il y a un fossé dont l'UA et ses pays membres doivent prendre toute la mesure pour que le continent ne demeure pas, indéfiniment, dans la zone rouge. En Afrique, « les régimes autocratiques, les troubles civils, des institutions faibles et des systèmes politiques insensibles continuent de miner les efforts de lutte contre la corruption », pointe Transparency, citant les points communs aux pays les moins bien notés : « un exercice limité des droits politiques », « une liberté de la presse peu garantie » et « un Etat de droit faiblement développé ». « Dans ces pays, les lois sont souvent inappliquées et les institutions ne disposent que de peu de ressources, n'étant pas préparées pour traiter les plaintes pour corruption, poursuit le rapport. Les conflits internes et l'instabilité des structures de gouvernance contribuent en outre à des taux élevés de corruption. »
Rédigé par: Lago Tape   le: Mercredi 21 Août 2019
Les explications de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance ne sont pas convaincantes. Transparency International(TI) définit la corruption comme étant l'abus d'une fonction publique au bénéfice d'intérêts privés. C'est cette utilisation abusive du pouvoir à des fins individuelles que vise à éradiquer l'indice de Transparency International. L'IPC permet de classer les pays en fonction du degré de corruption perçue chez leurs fonctionnaires et leurs responsables politiques. le récent audit de l'Agence nationale de régulation des marchés publics( Anrmp) a montré beaucoup de dérives dans l'attribution des gros marchés d'infrastructures. C'est pourquoi d'ailleurs, les ivoiriens constatent que leurs routes bitumées sont "biodégradables" et n'ont donc pas la durée de vie normale d'une route (selon les normes internationales). La corruption étant par définition un phénomène caché, il est, faute de données brutes disponibles, impossible de produire de statistiques objectives permettant de mesurer ses niveaux. Se fonder sur le nombre de condamnations pour corruption prononcées par les tribunaux ne serait pas satisfaisant car de telles données seraient dans de nombreux cas davantage révélatrices du bon fonctionnement de la justice d'un pays que des niveaux réels de corruption. Ainsi, dès 1995, Transparency International a imaginé se fonder sur des enquêtes d'opinion - et donc des perceptions - pour tenter d'évaluer les niveaux de corruption. Transparency International publie aujourd'hui trois indices : 1) L'Indice de Perception de la Corruption 2) Le Baromètre Mondial de la Corruption et 3) L'Indice de Corruption des Pays Exportateurs.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 21 Août 2019
Ce que je lis ici n'est pas une réponse mais un déni. Certes, la corruption ne se mesure pas de manière objective, comme tout ce qui est clandestin et/ou informel. Mais on voit bien ce qui se passe, on sait bien comment les gens agissent, qu'ils soient fonctionnaires, hommes politiques, corps habillés ou simples "cadres". Pour rappel, Transparency International détermine l'indice de perception de la corruption. Cela signifie que les populations ivoiriennes ont de plus en plus l'impression que le système ivoirien est corrompu. Et personnellement, c'est une impression que je partage. La "Haute Autorité blablabla", organe gouvernemental, ne fait rien de concret,réel et perceptible pour lutter contre la corruption, elle ne fait même pas semblant (on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis !), et voilà pourquoi, fort logiquement, les populations sont persuadées que le système est de plus en plus corrompu. Et il faut bien dire que, en ce qui concerne le monde politique, cette affaire de RHDP auquel tout le monde doit, de gré ou de force, adhérer, se rallier ou apporter son soutien, n'est pas étrangère à cette désagréable impression.