Profusion des médias en ligne : il faut assainir le secteur
Israel Guebo Yoroba - Publié le: 09-08-2019 - Mise-à-jour le: 09-08-2019 - Auteur: Israel Guebo Yoroba
Profusion des médias en ligne : il faut assainir le secteur
C'est désormais une mode : avoir un média en ligne pour « diffuser de l'information ». Et pourtant, seulement une quarantaine de sites d'information (sur la pléthore qui existe en Côte d'Ivoire) a répondu à un recensement lancé par le Réseau des professionnels de la presse en ligne de Côte d'Ivoire (Repprelci). 
 
Les résultats de ce recensement appellent trois commentaires qui sont en même temps des défis à relever dans le secteur de la presse numérique, pointé du doigt. 
 
D'abord une reconnaissance légale. Elle est nécessaire. Tant qu'on reste sur le segment d'un blog (même communautaire) le problème ne se pose pas. Mais au moment où on franchit la ligne de la corporation des journalistes, il est urgent d'exister légalement. La loi le recommande pour ne pas être rangé dans la catégorie des « sites boutiques » de la presse en ligne. 
 
Tiens, d'ailleurs, le deuxième commentaire est lié à l'éthique et à la déontologie. Nombreux sont ces sites web d'information qui existent pour polluer le secteur. Volontairement ou sans le faire exprès. Diffusion de fausses informations, mise en ligne de papiers mal écrits, plagiats. Certains, que je ne citerai pas, sont désormais des champions toutes catégories. Il faut que ça cesse. Il faut que ça change. 
 
Enfin, troisième commentaire, celui du modèle économique. Certains médias en ligne ont fait la démonstration qu'en alliant les deux points sus cités, on peut gagner de l'argent et bien payer ses journalistes. 
 
Mais comme j'aime à le (pro)clamer, il ne faut pas simplement le dire ou l'écrire. Il faut lancer une vaste campagne d'information, de formation, d'éducation et de sensibilisation à l'attention des journalistes et/ou des futurs entrepreneurs du secteur de la presse numérique. C'est à ce prix, que les internautes/lecteurs auront du respect pour notre corporation. Israel Guebo Yoroba
 
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Samedi 10 Août 2019
Tout le monde sait que le Web, c'est la jungle. La plupart des publications y échappent à toute forme de règlementation ou de contrôle. Pour le lecteur, il convient donc d'être très circonspect en visionnant les contenus, de faire preuve d'un esprit critique très affûté, et de recouper les informations avant de les considérer comme crédibles (surtout si elles ne mentionnent ni source, ni date). Le Web est, par excellence, le lieu d'émission des "fake news" et de propagation des fausses rumeurs. En gros, sur le Web, le journaliste, c'est le lecteur, c'est lui qui fait (s'il le veut) le travail que devrait faire le rédacteur/éditeur. Mais s'il est trop crédule, "avale" tout et n'importe quoi, et pire encore, le propage à ses "amis" virtuels et autres contacts, tant pis pour lui... Par ailleurs, vouloir faire appliquer une quelconque réglementation sur le Web ou y mettre de l'ordre est tout aussi illusoire que la quadrature du cercle, ou encore la formalisation de l'informel, chimère que le gouvernement poursuit dans le but de taxer mieux et plus. A la moindre tentative, on entend d'avance les cris d'orfraie des journaleux outragés qui hurleraient à l'atteinte insupportable à leur liberté d'expression. Le problème, c'est que sur le Web, ce que l'auteur appelle "la ligne de la corporation des journalistes" n'existe pas formellement, en tout cas, n'est pas perceptible. Il y a donc une cohabitation entre des médias "sérieux", qui respectent toutes les contraintes liées à l'exercice de la presse et du journalisme professionnelle, et tous les autres, qui, bien entendu, sont largement majoritaires. Même si, parfois, on en trouve parmi eux qui ont un comportement exemplaire. Et, à titre de rappel, la communication et le journalisme sont deux métiers très différents et totalement incompatibles.
Rédigé par: Lago Tape   le: Samedi 10 Août 2019
La plupart des médias en ligne ne respectent pas l'éthique et la déontologie. Il suffit de parcourir la presse en ligne pour s'en rendre compte: Il y a par exemple des articles de "Publi-reportage" sans aucune mention de cela et qui sont présentés comme de l'information. (Cela se fait en totale violation de l'article 7 du Code de déontologie). Il y a par exemple des articles en ligne sur les ("microbes/enfants en conflit avec la loi") qui nous montrent ces enfants, sans que leurs noms n'aient été changés à visage découvert. (Pourtant, selon l'article 15 de la Charte ivoirienne des professionnels des médias pour la protection des droits de l'enfant, les professionnels des médias doivent changer le nom, mettre un bandeau ou un masque sur le visage de l'enfant accusé ou coupable d'un crime, lorsque celui-ci est associé aux groupes armés). Un autre article en ligne évoque plus de 10 cas de viol au Tribunal de Man (avec la photo d'une jeune femme sans aucun lien apparent avec l'article et non masquée, en violation de l'article 11 du Code de déontologie). Le 05 juillet 2018 par exemple, un site en ligne a publié la photo d'un homme nu ayant une érection qui ne s'arrêtait pas, car souffrant du priapisme. Le hic est que le malade avait été filmé nu à son insu (avec son pénis en érection en l'air) aux urgences du CHU de Cocody et la vidéo a été publié par ce media. (Et ce, en totale violation de l'article 15 du Code déontologie). Bref, les exemples sont nombreux et il semblerait que la presse numérique n'est même pas au courant du Code d'Ethique et de Déontologie.