Exportations vers les Usa : La Côte d'Ivoire vise 3,5 milliards de dollars d'ici à 2025
lebanco.net - Publié le: 05-08-2019 - Mise-à-jour le: 05-08-2019 - Auteur: Jérémy Junior
Exportations vers les Usa :  La Côte d'Ivoire vise 3,5 milliards de dollars d'ici à 2025
Le président ivoirien, Alassane Ouzttara, a annoncé le lundi 5 août au Sofitel hôtel Ivoire, à l'ouverture officielle de la 18ème édition du forum de Croissance et Perspectives Économiques en Afrique (AGOA), que la Côte d'Ivoire projette d'accroitre ses exportations sur le marché des Etats-Unis d'Amérique, en les faisant passer de 1 milliard de dollars (587 milliards de FCFA) à 3,5 milliards de dollars (1 761 milliards de FCFA) d'ici à 2025.
Alassane Ouattara a également soutenu que pour que les pays africains profitent au mieux de l'African Growth Opportunities Act, définition anglaise de l'AGOA, ils doivent relever certains défis, à savoir tout mettre en oeuvre pour diversifier leurs produits d'échange et faire en sorte qu'ils soient plus compétitifs. Il a invité, par ailleurs, les Etats-Unis à accroître leurs investissements en Afrique.
A sa suite, le ministre ivoirien du Commerce, Souleymane Diarrassouba, a déclaré qu'il est temps d'approfondir les réflexions en vue de rendre les économies africaines plus compétitives.
L'un des temps forts de la cérémonie d'ouverture a été la signature d'un accord entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Union africaine à travers lequel les Etats-Unis se disent favorables au libre-échange entre les pays africains.   
 
 Jérémy Junior
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Rédigé par: Lago Tape   le: Lundi 5 Août 2019
Pour exporter plus et mieux (avec plus de valeur ajoutée), il faudrait transformer sur place les produits que la Côte d'Ivoire exporte. On en parle dans les discours, mais nos ministres ne traduisent pas la volonté du Chef de l'Etat en une véritable politique industrielle. Prenons le cas de l'anacarde par exemple dont la CI est aussile 1er producteur mondial. Le taux de transformation de l'anacarde en Côte d'Ivoire est (autour) de 5% soit 20 000 tonnes annuellement. Vous avez d'un côté les producteurs qui sont en Afrique, de l'autre côté les usines de transformation qui sont en Asie et enfin, les consommateurs qui sont en Europe et surtout en Amérique du Nord. Actuellement, il y a lieu d'envoyer l'anacarde qui est un produit de l'Afrique en Asie pour sa transformation, avant de l'envoyer en Europe en transit, vers l'Amérique du Nord qui est la plus grande consommatrice d'anacarde. Si on transformait notre anacarde sur place (au lieu de l'exporter brute et en vrac à un prix bas), cela ferait plus de valeur ajoutée, une augmentation du prix au niveau du producteur, cela créerait aussi des emplois en Côte d'Ivoire. Les PME ivoiriennes qui veulent se lancer dans la transformation de l'anacarde et du coton ne sont pas aidées. Dans d'autres pays tels que le Maroc par exemple, les PME locales reçoivent des subventions pour moderniser leurs outils de production (et/ou pour acquérir des machines à bas prix ou en hors taxe). Il n'y a aucun programme (de la sorte) en place en Côte d'Ivoire pour fabriquer localement les machines pour transformer l'anacarde. (Ces machines (peu sophistiquées) sont fabriquées en Inde, en Chine, en Thaïlande. et on pourrait concevoir des partenariats avec ces pays asiatiques pour les produire sur place en Côte d'Ivoire). Bref, on ne peut pas tout attendre des investisseurs américains, en ce qui concerne l'industrialisation de la filière anacarde! Il faut aussi une politique industrielle ivoirienne "volontariste". C'est cela qui nous manque le plus!
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Lundi 5 Août 2019
De nombreuses contraintes empêchent les pays africains de réaliser pleinement le potentiel offert par l'AGOA. Il s'agit entre autres, de la faiblesse des infrastructures de production, de la formation de la main d'oeuvre, des contraintes financières des entreprises ou encore des défis comme le faible accès à un approvisionnement fiable en électricité. La plupart des PME ivoiriennes dans les filières d'exportation dites prioritaires telles que définies par le gouvernement ivoirien (textiles, miel, anacarde, jus de fruits.) n'ont pas les capacités pour produire en quantité suffisante pour approvisionner le marché américain, et n'ont même pas d'emballages de qualité. (Par exemple, le miel ivoirien est encore conditionné dans des bouteilles d'eau "Awa" recyclées, ainsi que les noix de cajou.). Les étiquettes ne sont pas rédigées comme il faut en anglais, et ne détaillent pas le contenu du produit pour chaque composante. Nos PME ivoiriennes ne savent rien des tests phytosanitaires exigés par la FDA américaine. Les structures de l'Etat (Inie, AgCIPME, Apexci, Ag Compétitivité Industrielle.) qui devraient former nos PME ivoiriennes et mieux les préparer pour la conquête des marchés américains n'ont pas les compétences nécessaires, ni le sérieux et le professionnalisme requis.