Rencontre Macron/ diasporas africaines : Tout ça , c'est woba woba
lobservateur.bf - Publié le: 12-07-2019 - Mise-à-jour le: 12-07-2019 - Auteur: Zéphirin Kpoda
Rencontre Macron/ diasporas africaines : Tout ça , c'est woba woba
Le président français, Emmanuel Macron, a rencontré hier jeudi à l'Elysée une délégation des diasporas africaines vivant dans son pays. 350 délégués triés sur le volet ont eu le privilège de dialoguer avec Jupiter, le président Akufo Nana-Addo du Ghana à ses côtés. Au menu de leurs échanges, les relations de la France avec les Etats africains.
 
 
 
 
Pour une première, c'en est vraiment une, et l'on se réjouit de l'initiative du président français de prendre langue avec les Africains vivant dans son pays. On s'en félicite parce que, un tant soit peu, cette rencontre va contribuer à battre en brèche les préjugés sur ces immigrés perçus par beaucoup de Français comme des « envahisseurs » venus leur prendre des emplois et profiter sans le mériter d'une protection sociale généreuse. En décidant de recevoir et d'écouter des délégués de ces travailleurs immigrés, Emmanuel Macron indique clairement que la grande majorité d'entre eux ne sont pas des clandestins, parasites d'une économie que leur manque de qualification professionnelle contribuerait à tirer vers le bas. Cette rencontre élyséenne va donc hérisser les poils de bien des lepénistes à l'esprit étroit, mais elle dit bien ce qu'elle veut dire : les diasporas africaines participent à construire une France prospère et peuvent donner des avis pertinents sur les relations entre leur pays d'adoption et leurs patries d'origine. Va donc pour la valorisation de l'image des diasporas africaines dans l'Hexagone, mais gare à leur instrumentalisation à des fins de politique politicienne !
 
Le dialogue direct, dans le style questions-réponses, où Emmanuel Macron joue le professeur dialecticien, assenant des vérités sur sesoptions politiques à un auditoire conquis par son verbe, est devenu le dada de sa communication. Il s'y sent comme un poisson dans l'eau et a donné toute la mesure de sa maîtrise de l'exercice en novembre 2017 devant les étudiants à Ouagadougou et dans les multiples forums organisés dans plusieurs régions de France pour contrer les Gilets jaunes. Qu'il remette le même couvert avec ses invités des diasporas africaines pour servir le délicat plat des relations France- Afrique commence à ressembler à un disque rayé. De fait, que peut dire encore Jupiter sur les relations entre son pays et le continent Noir qui n'ait été déjà dit ? Que la Françafrique, c'est finie ? Que son gouvernement veut construire en lieu et place une relation gagnant-gagnant ? C'est du déjà entendu et, comme dirait le reggae man Tiken Jah Fakoly : « Tout ça, c'est woba woba », comprenez par là des paroles en l'air sans prise avec la réalité.
 
De fait, Emmanuel Macron, qui veut rompre avec la Françafrique et ses réseaux nébuleux, a pourtant remplacé les anciennes cellules africaines de l'Elysée par le très officiel Conseil présidentiel pour l'Afrique et se montre frileux quand on parle du décrochage du franc CFA de l'euro et surtout du rapatriement des réserves de change  et du dépôt d'or de la zone à la Banque de France. En fait, Emmanuel Macron s'exprime beaucoup sur la rupture des relations à l'ancienne entre son pays et le continent africain, mais la vérité, c'est que la vieille matrice dans laquelle elles sont moulées depuis le général de Gaulle, celle de la France qui a des intérêts et pas d'amis, demeure. Dès lors, quand la France s'investit dans la promotion de la démocratie, des droits de l'homme et dans la lutte contre le terrorisme en Afrique, on sent encore de la condescendance et comme un droit de regard sur un pré carré qu'elle n'est pas prête à abandonner. La présence à ses côtés d'Akufo Nana-Addo ce jeudi, président d'un pays anglophone  membre du Commonwealth, ne change rien à la donne.
 
 
Zéphirin Kpoda
Rédigé par: Veronique Koffi   le: Lundi 15 Juillet 2019
Forestier essaie de défendre l'indéfendable pour tout juste polémiquer. Personne n'a remis en cause la souveraineté de la France et surtout pas les pays africains. La France ne peut pas à la fois fermer l'accès de ses universités et grandes écoles aux africains et magrébins qui constituent plus de la moitie des étudiants étrangers en France et vouloir en même temps (de façon contradictoire) organiser des rencontres de la diaspora africaine francophone en France avec Macron. C'est de l'hypocrisie. (D'ailleurs en France, les "Lionel Zinsou" et autres ne pourront jamais devenir présidents de la France tels qu'Obama qui est né d'un père Kenyan a pu devenir président des Etats-Unis.Cela est un fait!).
Rédigé par: Quentin Dick   le: Lundi 15 Juillet 2019
Oui, Macron veut le beurre et l'argent du beure et le "con" de la fermière en plus.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Dimanche 14 Juillet 2019
"Awoulaba Cool" je ne fais que relever vos propres contradictions. La France est un pays souverain, elle a le droit de fixer les frais d'inscription qu'elle veut dans les universités financées par le contribuable français. De la même façon, le gouvernement ivoirien ne se prive pas d'augmenter les frais scolaires et universitaires quand ça lui chante, sans demander l'autorisation à la France ni à qui que ce soit, même si cela lèse les étudiants potentiels venus, par exemple, de la sous-région. Ta soi-disant élite, elle peut aller se former là où elle veut, et je doute que les frais des universités américaines soient plus modiques que ceux des universités françaises.
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Samedi 13 Juillet 2019
Forestier de Lahou: La faute n'incombe pas aux pays de la CEDEAO. C'est la France qui a augmenté unilatéralement les frais de scolarité (spécialement pour les étudiants Africains et Magrébins), quand dans le même temps, Macron prétend réunir les "Africains de la diaspora" pour renforcer les liens entre la France et l'Afrique. Je ne fais que relever les contradictions de la France, entre d'une part les belles paroles pour soi-disant renforcer les liens entre la France et l'Afrique, et d'autres part les mesures (qui viennent contredire les belles paroles de Macron). En effet, le meilleur moyen de renforcer l'influence de la France en Afrique est de permettre que la future élite africaine se forme en France et non pas de l'en empêcher. Sinon, cette future élite africaine ira se former ailleurs en anglais surtout (Canada, USA, Chine, Inde.) et l'influence de la France en Afrique s'amenuisera encore plus. En effet, tu as bien raison là-dessus, Macron ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Samedi 13 Juillet 2019
"Awoulaba Cool" qu'est-ce qui empêche la Cedeao de chercher à négocier une "convention spéciale" avec la France pour y envoyer ses étudiants cadeau plutôt que se contenter de protester et de crier à la discrimination ? On ne peut pas vouloir tout et son contraire, d'une part vouer la France aux gémonies pour des raisons réelles ou imaginaires et d'autre part pleurnicher parce qu'elle ne vous fait pas de faveur.
Rédigé par: BI MICHEL   le: Vendredi 12 Juillet 2019
Le GHANA négocie son entrée dans l'UEMOA
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Vendredi 12 Juillet 2019
C'est de la pure hypocrisie, ce genre de rencontres très symboliques mais qui ne débouchent nullement sur du concret. En effet, la France a augmenté (de manière significative car multipliés par 12 et par 15 dès la rentrée prochaine) les frais de scolarité dans ses universités et grandes écoles) pour les étudiants "étrangers", une mesure (concrète) qui concerne surtout les étudiants en provenance de l'Afrique subsaharienne et du Maghreb. (En effet, cette mesure ne touche pas les étudiants de l'UE qui sont soumis aux mêmes droits que les étudiants Français, ni les étudiants du Canada (Québec), USA, Australie, Chine, Corée du Sud. qui eux bénéficient de convention spéciales avec la France . En effet, plus de la moitié des 300 000 étudiants étrangers en France sont des Africains et des Magrébins. Cela fragilise tous ces étudiants Africains en les poussant de plus en plus vers la précarité.