Un imam africain peut-il conduire la prière des fidèles dans sa langue maternelle ??
Serge Bilé - Publié le: 20-06-2019 - Mise-à-jour le: 20-06-2019 - Auteur: Serge Bilé
Un imam africain peut-il conduire la prière des fidèles dans sa langue maternelle ??
C'est la question sensible que soulève la polémique qui agite en ce moment la Guinée. L'imam Nanfo Ismaël Diaby a été suspendu de ses fonctions par la Ligue islamique de Guinée, parce qu'il a, pendant le ramadan, dirigé la prière en....... malinké, dérogeant ainsi au dogme séculaire qui veut que cela soit fait en arabe. Diaby a répondu à ses propres compatriotes, qui l'accusent de "blasphème", que "Dieu comprend toutes les langues", à commencer par la leur. Cette affaire fait écho à un début de polémique en Côte d'Ivoire autour de l'enseignement de l'arabe dans les écoles. L'idée est d'offrir aux élèves la possibilité d'apprendre très tôt une langue qui compte dans le paysage économique mondial. Sauf que la proposition a été faite, non pas par le gouvernement mais par le Conseil Supérieur des Imams, ce qui fait craindre chez certains une islamisation à marche forcée du pays. Que dire de ces débats fort intéressants ?? Que dire de ces controverses autour de l'arabe, langue parlée jadis par de grands savants mais aussi par de puissants esclavagistes musulmans ?? Que dire si ce n'est que les dirigeants africains mettent visiblement plus de zèle à promouvoir la langue des autres qu'à défendre les leurs. Au moment où les 15 pays de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) finalisent leur monnaie unique, qui s'appellera ECO, pourquoi ne pas mettre les égos nationaux de côté et réfléchir aussi à l'idée d'une langue officielle africaine commune, qui pourrait être le swahili, le haoussa ou le yoruba par exemple. Celle-ci n'occulterait évidement pas les multiples langues africaines, mais son enseignement généralisé à tous les enfants ivoiriens, angolais, nigérians ou équato guinéens, fluidifierait les échanges à l'échelle du continent et installerait surtout  définitivement l'Afrique noire dans la tour de Babel qu'occupent jusqu'ici sans partage le francais, l'anglais, l'espagnol ou le chinoi
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Vendredi 21 Juin 2019
Tous les musulmans ne sont pas Arabes et encore moins Arabophones. En Indonésie, en Malaisie par exemple, les imams prêchent en Bahasa sans que cela ne dérange personne. . Mais il a suffit qu'un Imam Malien prêche en Malinké pour que cela déclenche (à tort) un tollé de protestation et d'incompréhension. Pourquoi est-ce que les imams Asiatiques peuvent-ils prêcher le Coran dans leur langue comme le font les Indo-pakistanais, les Malais et les Indonésiens, mais cela est interdit aux Africains ? Les Africains doivent se ressaisir et avoir plus de respect et de considération pour eux-mêmes. On se respecte soi-même avant d'exiger d'autrui du respect!
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 21 Juin 2019
Pourquoi est-ce qu'un imam africain doit-il prêcher dans une langue, l'Arabe, que la plupart des africains ne comprennent pas, au lieu de prêcher dans sa langue maternelle africaine que les populations comprennent bien ? C'est un peu comme au temps où la messe catholique se faisait en latin que les fidèles ne comprennent pas. Dieu comprend toutes les langues et c'est un faux débat. Les arabes disent que Dieu dans sa révélation faite au prophète Mahomet s'exprimait en Arabe et ainsi donc, lorsqu'on traduit le message de Dieu dans une autre langue, on altère le message. En effet, le Coran est intraduisible par définition, puisque vous ne pouvez pas trouver par votre langue humaine des correspondances avec celle de Dieu. Ce serait Lui faire offense. Du coup, certains croyants expliquent qu'ils ne traduisent pas le Coran, mais seulement ses idées. Mais au fond, c'est juste une précaution d'usage. Car même pour la plupart des Arabes (qui parlent un arabe dialectal Marocain, Tunisien ou Algérien.), le Coran dans sa version classique est trop compliqué, érudit, confus. Comment alors blâmer ceux qui véhiculent des clichés et des préjugés sur l'islam s'ils ne disposent pas d'un texte accessible ? Les traductions disponibles du Coran sont souvent trop savantes et rédigées à l'intention d'une minorité d'intellectuels qui parlent l'arabe et connaissent parfaitement le contexte historique et la biographie du Prophète. Les traducteurs en rajoutent dans la complexité afin d'épater leurs confrères universitaires.
Rédigé par: Forstier de Lahou   le: Vendredi 21 Juin 2019
Errata : il fallait lire "... et en tous cas assez bornés" et "... en Islam, on est très ne retard... ".
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Jeudi 20 Juin 2019
Imposer l'arabe pour le culte musulman dans des populations pauvres, démunies et culturellement mal desservies, c'est une fois de plus une manifestation de l'obscurantisme général qui règne chez les religieux plus ou moins fondamentalistes, sinon intégristes, et en tous vas assez bornés. Il y a quelques décennies, la religion catholique a fait le même chemin avec le latin. Mais en Islam, on est très ne retard et peu enclin au modernisme. On est intellectuellement très décadent en comparaison des grands intellectuels musulmans qui ont, jadis, fait beaucoup progresser l'Humanité.
Rédigé par: Kèlètigui   le: Jeudi 20 Juin 2019
"...les dirigeants africains mettent visiblement plus de zèle à promouvoir la langue des autres qu'à défendre les leurs." Il n'y a que les Africains qui sont assez abrutis pour croire que leurs saluts économique (le dévéloppement), intellectuel (scientique), politique (libération) et spirituel (le paradis) passe par l'imitation servile et l'usage des langues et de la culture des peuples qui les ont jadis réduits en esclaves et colonisés. La manière la plus efficace d'assujetir un peuple est de le convaincre que sa langue et sa culture ne valent pas grand chose et que son salut réside dans l'imitation des us, coutumes et traditions de ses anciens bourreaux. Il y a quelques années, des pèlerins africains sont morts en Arabie Saoudite, piétinés pour certains, etouffés pour d'autres, par la faute (présumée) des organisateurs Saoudiens. Chez nous, au lieu d'exiger que la lumière soit faite, il s'est trouvé des "illuminés" pour dire que ces morts iraient au PARADIS. Y a-til misère morale plus grande que cela?
Rédigé par: Foufou   le: Jeudi 20 Juin 2019
Va pour le Haoussa et le Swahili