Hommage au père Alphonse Quenum : Pierre-Elise Gafah publie «L'art de se reconstruire»
lanouvelletribune. - Publié le: 18-06-2019 - Mise-à-jour le: 18-06-2019 - Auteur: Sam Boton
Hommage au père Alphonse Quenum : Pierre-Elise Gafah publie «L'art de se reconstruire»
En témoin de la vie du père Alphonse Quenum décédé en juin 2014, la sour Pierre-Elise Gafah vient de publier aux éditions Ata, le livre «L'art de se reconstruire», lancé jeudi 5 octobre 2017 à Cotonou, en hommage à cet «homme exceptionnel».La sour Pierre-Elise Gafah fait réécouter le père Alphonse Quenum. C'est à travers les 114 pages de son livre «L'art de se reconstruire», paru cette année 2017 aux éditions Ata. L'ouvrage a été lancé le jeudi 5 octobre dernier à l'Institut Jean-Paul II à Cotonou.
 
 
L'ouvre est un hommage au père Alphonse Quenum, décédé le 15 juin 2014 dans sa 78e année. Sous titrée «Père Alphonse Quenum, un esprit qui vit», elle est une transcription des pensées de cet «homme exceptionnel». «Le père Alphonse Quenum a été un homme exceptionnel et il a eu un parcours exceptionnel», témoigne Jérôme Carlos le préfacier du livre. «C'est un prophète de vérité dont la parole dérange ceux qui ont sur les lèvres des demi-vérités», indique le père Nicolas Hazoumè dans sa présentation du livre.
 
 
«Un intellectuel puissant, un historien courageux» renchérit l'ambassadeur Jacques Adandé qui témoigne de ce que la passion de la vérité comme source de liberté dont a fait preuve cet homme de Dieu durant sa vie, lui a valu une arrestation arbitraire suivie d'une décennie de prison sans jugement sous le régime Marxiste-léniniste au Bénin. Le présent ouvrage de la sour Pierre-Elise Gafah est surtout consacré à la période d'après cette douloureuse expérience de vie.
«J'ai voulu partager les idées, pensées, convictions profondes du père, en ces années de sa libération», indique l'auteur. Elle amène dans ses écrits à revisiter les racines des 30 ans de vie que Dieu a encore accordées à cet homme après la prison. Il s'agit de la sagesse, de la foi, de la charité et de l'espérance, autour desquelles «L'art de se reconstruire» est bâtit. Cet art, c'est en réalité une méthodologie que le père Alphonse Quenum a appliquée sur lui-même, puis enseignée. La sour la partage pour que les Hommes, les familles, les églises et les pays, pour qu'ils se reconstruisent. «C'est un vaste gisement d'humanisme qui élève l'esprit et transforme les cours», dira le père Nicolas Hazoumè
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 18 Juin 2019
Intellectuel engagé, humaniste ouvert et chrétien épris de liberté et de vérité, le père Alphonse Quenum était de tous les combats pour la libération de l'Homme dans toutes ses dimensions. Cela lui coûtera dix années d'incarcération pendant la période révolutionnaire au Bénin ainsi que sa condamnation à mort par le gouvernement militaro-marxiste de M. Mathieu Kérékou, alors président de la République du Bénin (communiste)... A la faveur de la grâce présidentielle, il sera libéré avec d'autres compagnons d'infortune le 1er Août 1984. Le goulag de la révolution béninoise n'a pas eu raison des convictions et des rêves d'Alphonse pour l'Afrique et pour l'Eglise. Il se passionnera encore pour l'histoire de la traite transatlantique et dénoncera, dans sa thèse, l'énigme de l'option historique de l'Eglise pour les indiens contre les noirs. A cette période d'études en France, sanctionnée par un Doctorat à l'université de Strasbourg, succèderont deux décennies de mission d'enseignement et de recherche à l'UCAO, la plus importante université catholique de l'Afrique francophone, à Abidjan, en Côte d'Ivoire. On connait la pertinence et la profondeur de ses recherches en matière d'inculturation de la foi et d'évangélisation des cultures africaines. L'avenir et le développement de l'Afrique en dépendent. Nommé à la tête de l'UCAO, il mettra en oeuvre, non sans peine, son vieux rêve d'une politique panafricaine de l'enseignement supérieur. Sous son impulsion, l'UCAO est devenue non seulement un instrument efficace au service de l'intégration sous-régionale, mais aussi le fleuron d'une nouvelle élite panafricaine post-coloniale. Ce dernier combat public en faveur de la jeunesse africaine manifeste certes son souci de transmission et de formation comme réponse pertinente au sous-développement dont souffre l'Afrique, mais surtout la mystique de l'homme.