Mario Pezzini (directeur du Centre de développement de l'Ocde): ''L'économie informelle est un véritable fléau''
fraternité Matin - Publié le: 22-05-2019 - Mise-à-jour le: 22-05-2019 - Auteur: FAUSTIN EHOUMAN
Mario Pezzini (directeur du Centre de développement de l'Ocde): ''L'économie informelle est un véritable fléau''
Les pays où les inégalités économiques et sociales sont les plus marquées ont en commun une économie informelle. C'est le cas de la Côte d'Ivoire où l'informalité de l'économie a, ipso facto, une forte incidence sur la situation des emplois avec 93,6% d'emplois informels, à l'exception de la Fonction publique.
Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l'Ocde, estime que « l'économie informelle est un véritable fléau et  constitue l'ennemi du développement inclusif et de la protection sociale ».

Pour lui, « cela ne doit pas être un fardeau pour les gouvernements de lutter contre l'informalité de l'économie et de promouvoir la protection sociale. Ce sont les clés du développement inclusif et cela permet de chasser la pauvreté. La coopération multilatérale peut contribuer à l'atteinte de cet objectif et nous sommes fiers de la contribution de notre centre dans ce sens ».

A l'en croire, la planète enregistrait, en 2018, 3,8 milliards de personnes de classe moyenne. Même si ce chiffre est intéressant, Mario Pezzini a fait remarquer que la vulnérabilité de ces personnes est très forte, du fait essentiellement de l'informalité de l'économie et de leurs emplois, mais également des inégalités.

Créé en 1962, le Centre de développement de l'Ocde est forum indépendant de partage de connaissances et de dialogue, permettant aux pays membres de l'Ocde et aux économies en développement de collaborer sur un pied d'égalité.

Le Centre conduit des analyses sur des problèmes structurels susceptibles d'avoir un impact sur le développement mondial. Grâce à une approche pluridisciplinaire, il s'intéresse également aux enjeux spécifiques des pays émergents et en développement, afin d'aider les gouvernements à formuler des politiques économiques novatrices.

Comptant 54 membres, le Centre vient d'enregistrer l'entrée de 5 nouveaux pays, à savoir, le Rwanda, le Togo, l'Equateur, le Guatemala et El Salvador. Leurs représentants ont, chacun, tenu un discours de remerciement et de félicitation à l'ouverture de la réunion qui a été modérée par le vice-Président ivoirien, Daniel Kablan Duncan. Leur entrée au Centre est une étape décisive dans leur processus d'intégration à l'Ocde.

Rappelons que l'Ocde est une organisation internationale d'études économiques dont les pays membres - des Etats développés pour la plupart - ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché.

FAUSTIN EHOUMAN
Rédigé par: Bonébo   le: Jeudi 23 Mai 2019
Crise de l'emploi ! L'informel n'a pas de problème d'emploi. Seul le formel a ce souci. Imaginez qu'un matin, il n'y ait plus d'économie dite informelle. Quelle sera la réponse du formel, du reste client de l'informel dans bien des cas? Le formel pourra-t-il occuper sainement tous ces millions de concitoyens oeuvrant dans l'informel !? On retrouve beaucoup de salariés à la casse pour s'acheter des pièces détachées auto. Beaucoup de jardiniers vont tondre chez les formels. Si l'on veut voir le problème sous l'angle des impôts et taxes, calmons-nous, l'informel participe pour beaucoup au salaire du formel. L'Etat est-il prêt à assister tous les oeuvrants dans l'informel. Et puis c'est mal vu de ne pas faire cas de l'ingéniosité, de l'esprit de créativité dont sait si bien faire montre l'informel. Que le formel aille à l'école de l'informel, qui est une économie réelle et inspirée de nos réalités culturelles, pas importée, pas de substitution en général
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Jeudi 23 Mai 2019
"Fatou Diagne" l'économie informelle est tout simplement celle qui se fait officieusement et qui, pour cette raison, ne paie pas de taxes et d'impôts. C'est en cela que les organismes internationaux la qualifient de "fléau" parce qu'ils aimeraient que les Etats lèvent beaucoup plus d'impôts et que cette économie constitue, en fait, un manque à gagner pour les Etats. C'est un peu l'équivalent, au niveau des entreprises, du travail au noir pour les salariés.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 22 Mai 2019
Cet article ne nous dit pas en quoi l'informel est un fléau (on a notre petite idée, mais on est très intéressé de savoir ce qu'en pensent les experts de l'OCDE). Ensuite, si cette économie informelle est si nuisible que cela, il serait tout intéressant d'en rechercher les causes profondes et de s'interroger sur les raisons qui font qu'il y a autant d'informel en CI. Enfin, il faudrait essayer de trouver des solutions systémiques, autre chose qu'un mécanisme tout-répression pour tenter de contenir ce phénomène. Petite remarque au passage : contrairement à ce qu'affirme l'article en mentionnant "à l'exception de la Fonction publique", nous savons qu'il y a beaucoup d'informel aussi dans la fonction publique, chaque fonctionnaire, à tous les niveaux, ayant plus ou moins des "petits trafics" souterrains et non déclarés qui ponctionnent allègrement le budget des usagers de l'Administration.
Rédigé par: Lago Tape   le: Mercredi 22 Mai 2019
L'économie informelle en Côte d'Ivoire oscille entre 30 et 40% du PIB selon un rapport du FMI qui date de 2017. Ce rapport publié le 11 juillet 2017, établit un classement des pays d'Afrique subsaharienne en fonction du pourcentage du secteur informel : les taux varient entre 20 et 30%, 30 et 40%, 40 et 50% et 50 à 65%. L'économie informelle de cette région se situe entre 20 et 65% du PIB. Dans l'espace de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) le Togo arrive en tête avec un secteur informel compris entre 20 et 30%. Il est le seul pays de l'organisation régionale à se positionner dans cette catégorie. Le Niger, le Burkina Faso, le Liberia, la Guinée, la Guinée Bissau et le Ghana se trouvent dans le même groupe que la Côte d'Ivoire avec un pourcentage entre 30 et 40%. La Côte d'Ivoire, considérée comme un pays à revenus intermédiaires enregistre une moyenne de 35%. Le Sénégal, le Mali, la Sierra Leone et le Bénin ont un secteur informel plus ancré dans leur économie. Il représente entre 40 et 50% du PIB. Le Nigeria, classé 37e, boucle le classement des pays en Afrique subsaharienne avec un secteur informel compris entre 50 et 65% du PIB. L'Afrique subsaharienne est l'une des régions où l'économie informelle pèse le plus avec une moyenne d'environ 38% selon l'étude du FMI. En Afrique, l'Ile Maurice occupe le premier rang suivi de l'Afrique du Sud. Ces deux pays qui se situent dans le premier groupe (entre 20 et 30%) ont une économie informelle entre 20 et 25%. Plusieurs facteurs entraînent le développement du secteur informel, entre autres, les charges fiscales élevées, « un système judiciaire inefficace, une bureaucratie excessive, le manque de transparence et la difficulté d'accès au crédit » ainsi que la faible capacité de répression du gouvernement. Sur le continent africain, le secteur informel compte pour environ 40% du Produit intérieur brut pour les pays à faibles revenus et 35% du PIB pour les pays à revenus intermédiaires.
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Mercredi 22 Mai 2019
Le constat le plus évident que l'on peut faire sur les pays africains est qu'au lendemain de l'indépendance, les choix de modèle de développement ont été calqués sur les modèles occidentaux. Une des conséquences de ces choix, c'est l'existence de plus en plus incontestée d'une autre "économie aux dents longues"; les experts internationaux l'ont appelé "économie informelle". La notion d'informalité reste une invention traduisant l'incapacité à définir une réalité socioculturelle et économique. Sa vulgarisation par les institutions et les organismes internationaux a été à la base de multiples programmes et projets de formalisation, dont l'objectif était l'intégration de l'informel dans le processus de développement national des pays en voie de développement dont la Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, comme hier, les approches de formalisation ont montré, non pas leur faiblesse, mais plutôt leur incapacité et leur "illégitimité". Le problème, c'est la définition, c'est-à-dire la caractérisation même de ce qui est appelé, disons-le, à tort "économie informelle" ou économie non enregistrée, parallèle, etc. Il faut donc croire que cette soi-disant économie informelle, illégale, non enregistrée, parallèle, continuera de faire son petit bonhomme de chemin, en constituant ainsi une stratégie de survie pour les plus pauvres. Et puis, doit-on continuer à dire que la commerçante qui vend au marché ou dans la rue (qui est enregistrée par nos Mairies), et qui paie les taxes communales et patentes fait de l'informel ? Mêmes les pousse-pousse (Wotros) ont des plaques d'immatriculation par communes et paient des taxes communales. N'est-ce donc pas la responsabilité de l'Etat de formaliser ces commerçants et de demander à la Direction Générale des Impôts (DGI) d'avoir accès à ces fichiers de commerçants (dits informels à tort) alors qu'ils paient des patentes et taxes communales ? Bref!