Plainte contre un journaliste pour diffamation: Le SYNAPPCI désapprouve le choix de Guillaume Soro de saisir le tribunal correctionnel
SYNAPPCI - Publié le: 21-05-2019 - Mise-à-jour le: 21-05-2019 - Auteur: SYNAPPCI
Plainte contre un journaliste pour diffamation: Le SYNAPPCI désapprouve le choix de Guillaume Soro de saisir le tribunal correctionnel
Le député de Ferkéssedougou et ancien président de l'Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro a porté plainte contre le confrère Sidi Tehra du journal "L'Essor Ivoirien".
Suite à cette situation, le Secrétaire général du Syndicat National des Professionnels de la Presse de Côte d'Ivoire (SYNAPPCI), Guillaume Gbato a réagi, le 20 mai 2018, à Abidjan-Angré.
 

"Par un exploit d'huissier en date du jeudi 16 mai 2O19, M. Soro a fait savoir à M. Tehra qu'il était convoqué, le vendredi 31 mai 2019 devant le tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau, statuant en matière correctionnelle.
 
Dans sa requête, M. Soro estime avoir été diffamé par M. Tehra dans un article publié dans l'édition N°119 du lundi 06 au dimanche 12 mai 2019 du journal « l'Essor Ivoirien ». Il demande par conséquent au juge de condamner M. Tehra à trois ans d'emprisonnement ferme et à 500.000 francs d'amende. Se constituant partie civile, M. Soro demande aussi, au juge de condamner M. Tehra à lui payer un franc symbolique comme dommage et intérêt.

M. Soro, en soutien à sa demande, invoque l'article 90 de la loi N°2017-867 du 27 décembre 2017 et l'article 173 du code pénal.
Face à une telle situation, le Syndicat National des Professionnels de la Presse de Côte d'Ivoire (SYNAPPCI), attaché à la liberté de la presse comme la prunelle de ses yeux, ne saurait rester sans réaction.
 
C'est pour quoi, tout en reconnaissant à M. Soro, le droit de contester la véracité des informations contenues dans l'article incriminé, désapprouve fortement le choix de M. Soro de saisir le tribunal correctionnel. Donc la voie de l'emprisonnement. Or justement, au terme de la loi sur la presse, l'emprisonnement, et même la garde à vue, sont interdits pour les délits commis par voie de presse.
 
Le SYNAPPCI voudrait demander avec insistance à M. Soro de retirer sa plainte et de saisir les autorités de régulation et d'autorégulation compétentes en la matière.

En tout état de cause, le SYNAPPCI reste saisi de la question et lance un appel à la mobilisation de la communauté des médias et à la société civile pour que plus jamais, un journaliste ne se retrouve en prison, en violation de l'esprit et de la lettre de la loi sur la presse."

SDC
 
Rédigé par: Bonébo   le: Jeudi 23 Mai 2019
"Solidarité dans le mal non, Solidarité dans le bien oui ". Soro est à féliciter parce que poser un tel acte est le signe qu'il aime la presse et veut la voir s'élever, se professionnaliser, assumer ses publications en toute responsabilité. Liberté n'est pas libertinage, voyousie. Il aurait été sage que le synappci fasse part des dispositions qu'il a pris en interne contre le journaliste et l'article en cause. Confirme t-il l'article ou a t-il engagé des investigations dans le sens d'une contre-expertise !? S'ils sont de plus en plus nombreux ceux qui suivent l'exemple de Soro, la presse vivra mieux le concept Liberté/Responsabilité et sera prête à assumer au cas où
Rédigé par: Lago Tape   le: Mercredi 22 Mai 2019
Les journalistes ne doivent pas être des colporteurs de rumeurs (infondées). Les journalistes ne sont pas non plus des militants à la solde d'un camps politique, même si c'est le parti au pouvoir! L'information (vraie) s'appuie sur les faits avérés et vérifiés auprès de sources fiables, et ensuite, le journaliste peut nous faire partager son analyse ou son commentaire des faits, ainsi que son opinion. Les faits sont toujours séparés des opinions lorsqu'on a affaire à des journalistes impartiaux. Les journalistes qui propagent des rumeurs et qui diffament doivent subir les conséquences de leurs actions diffamatrices et se retrouver ainsi devant les tribunaux, lorsque les victimes portent plainte. La liberté d'informer n'est pas la liberté de diffamer, d'insulter, de colporter des rumeurs fausses (fake news) pour détruire la réputation d'une femme ou d'un homme politique.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 22 Mai 2019
Cette plainte est parfaitement justifiée, les journalistes n'ont pas le droit d'écrire n'importe quoi, malgré la "liberté de la Presse" qu'ils invoquent à tort et à travers. La Loi leur consacre l'impunité en supprimant le délit de presse, ce qui n'empêche pas d'intenter des actions et ce qui justifie l'invocation de la diffamation, motif judiciairementt recevable. Quand on regarde les "unes" de "L'Essor", on constate une ligne éditoriale agressive et outrancière, qui se base sur une forte exagération, quand il ne s'agit pas carrément de Fake News, un peu à l'instar, mais dans une autre optique politique, des pires sorties de "Notre Voie" (dont, semble-t-il, "L"Essor" se veut la contrepartie). Malheureusement, il est à craindre que cette action en justice n'accouchera même pas d'une souris, tant la justice ivoirienne est partiale, craintive et "aux ordres"...
Rédigé par: Beugré Julien   le: Mardi 21 Mai 2019
Dites plutôt aux journalistes de donner des informations vraies. Au lieu de se comporter en militants ou bras séculiers des politiciens.