Affaire Kakou Diagou- Mamadou Koulibaly sur le '' CFA'': Koulibaly remet les pendules à l'heure
Mamadou Koulibaly - Publié le: 14-05-2019 - Mise-à-jour le: 14-05-2019 - Auteur: Mamadou Koulibaly
Affaire Kakou Diagou- Mamadou Koulibaly sur le   '' CFA'':  Koulibaly  remet les pendules à l'heure
1) Tout d'abord, qu'en tant que chercheur, je ne me sens nullement humilié par des débats contradictoires au cours desquels il m'est démontré que je suis dans l'erreur. C'est le propre du travail universitaire que de n'avoir jamais la vérité infuse et de savoir que du débat public sort la vérité, en attendant que de nouvelles évolutions remettent en cause ces vérités précédentes. Alors les commentateurs peuvent être à l'aise et me contredire. Aucune humiliation n'en ressortirait, pour moi en tout cas.
2) M. Diagou dit: «Au Ghana nous faisons une progression de 15% par an de chiffre d'affaires.» Il ne nous dit pas si la progression de son chiffre d'affaires est réelle ou nominale. Votre commentateur dit que c'est du nominal. Il semble être dans le secret des dieux. Ok.
Alors, dans ce cas, il n'a pas besoin de convertir en franc cfa, cette monnaie fabuleuse, pour avoir sa progression réelle. Même en cedis, le calcul se ferait et montrerait que 15% de croissance du chiffre d'affaires avec 15% d'inflation (selon l'exemple du commentateur qui semble lire dans la tête de Diagou) donnerait une évolution réelle nulle.
Pourquoi donc utiliser l'alibi de la conversion en fcfa?
Réponse : Pour argumenter en faveur du franc cfa.
Diagou continue: «In fine, chaque année, le chiffre d'affaires converti en cfa, ça donne 1 à 2% de progression. Vous travaillez pour rien, parce que l'inflation est telle qu'au Ghana, au Nigéria, on est content quand on arrive à avoir le fcfa.»
Diagou ne dit nulle part qu'il ramène son chiffre d'affaires en Côte d'Ivoire. Il dit qu'il le convertit en franc cfa, donc avec l'inflation de 15% du Ghana.
Mon arithmétique, donc calcul basique, servait à montrer que le manque de précision de sa démarche ouvrait bien d'autres interprétations que celle qu'il privilégie. Et je crois avoir réussi puisque, de partout, des précisions sortent sur ce qu'il a voulu dire mais qu'il n'a pas dit et que ses interprètes volontaires lui attribuent. Tant mieux. Quand on prend des positions sur des questions de ce type, il faut éviter les fausses démarches et les faux alibis.
3) Il fait sa conversion et attaque les monnaies nationales dans lesquelles il dit faire 15% de croissance de chiffre d'affaires.
«D'ailleurs au Ghana et au Nigéria, on vous arrache le fcfa. Si les monnaies nationales étaient si bonnes, on n'aurait pas ça.»
Ce qui est en cause, ce n'est pas l'inflation ghanéenne ou nigériane, comme il se plaît à le dire. Mais la surévaluation du franc cfa par rapport à ces monnaies. L'inflation ghanéenne reste au Ghana, de même que l'inflation nigériane reste au Nigeria ou l'ivoirienne en Côte d'Ivoire. Ce que Diagou met en cause n'est qu'un des effets du régime de change du franc cfa comparé aux autres pays. Le pouvoir d'achat de son chiffre d'affaires au Ghana ne peut être comparé à celui qu'il aurait en Côte d'Ivoire que par le jeu de la parité: la parité des pouvoirs d'achat.
Ce sont ces éléments qui me font dire que le seul but de Diagou était de montrer qu'il est un bon défenseur du franc cfa. Il s'y est mal pris, et dans la méthode, et dans l'argumentation.
Le franc cfa est surévalué par rapport à de nombreuses autres monnaies, ce n'est un secret pour personne, et selon les statistiques de la BCEAO, cette situation se présente comme le montre le tableau ci dessus.
Quand vous travaillez avec ce type de monnaie, il ne faut pas accuser l'inflation ghanéenne ou nigériane. La parité fixe du franc cfa trop forte a des conséquences sur la compétitivité.
Diagou sait tout cela, mais n'a pas voulu accuser la parité du cfa. Il a choisi plutôt de se rabattre sur l'inflation ghanéenne.
Mon commentaire voulait lui rappeler qu'il n'a pas cité les bonnes raisons qui font que son taux de croissance du chiffre d'affaires, en passant d'une monnaie faible à une monnaie forte, diminuerait fatalement. Et ce n'est pas l'inflation qui est en cause, car dans son calcul du chiffre d'affaires, il a déjà utilisé le niveau général des prix.
4) Les commentaires regrettent qu'en plus de mon incompétence, je sois obligé d'insulter Diagou. Ils n'ont pas compris que Diagou m'insultait en même temps que tous ceux de ma profession. Était-ce nécessaire, si ce n'est pas pour insulter, de dire que les chercheurs, qui ne sont ni chefs d'entreprises, ni financiers, ni banquiers, sont illégitimes pour parler des problèmes hautement sérieux du franc cfa, parce qu'ils n'ont rien créé, rien géré?
Je cite: «Souvent, nos chercheurs qui font des déclarations sur le franc cfa n'ont jamais gérés quoi que ce soit ! Ils n'ont jamais été entrepreneurs de quoi que ce soit.»
Jamais géré quoi que ce soit??? Est-ce lui Diagou qui gère nos familles, nos vies, nos carrières, nos maisons, nos recherches, nos amphithéâtres, nos facultés et UFR? Et tous ceux qui s'offusquent de ma réaction ne trouvent rien à dire?
Ils n'ont jamais été entrepreneurs? Probablement. Mais est-ce nécessaire de l'avoir été pour savoir que du Ghana, vous ne pouvez pas envoyer de Western Union ou MoneyGram à l'étranger?
La commerçante qui vit à Elubo, le chauffeur qui travaille à Noé et les parents dont les enfants vivent leur scolarité hors de la zone cfa savent que quand on envoie un million de francs cfa d'ici, on ne retire pas là-bas un million de la monnaie locale, et que entre les deux moments, on sait que la monnaie locale est tombée ou est montée.
Koulibaly serait dans l'ignorance de ces pratiques, comme les chercheurs qui n'ont pas d'entreprises. Ben voyons!
Que Diagou se rassure: Ces chercheurs, ces travailleurs, ces parents, ces commerçants et les autres savent tous ce qu'il coûte d'avoir une monnaie surévaluée. Ils ne s'en prennent pas au taux d'inflation du Ghana, mais au cours élevé du franc cfa.
5) J'ai eu droit à des cours sur le calcul du taux de croissance réel. Ils ont oublié de me parler du taux de change réel.
Merci à tous pour les indications sur le calcul et les enregistrements de chiffre d'affaires des entreprises multinationales. Diagou n'en a pas parlé et je m'en tiens à ce qu'il a dit.''
MK
Rédigé par: Danganden   le: Jeudi 16 Mai 2019
Diack Diaw , Mr. Banny et Kouame Simeon et autres qui se sont retire comme ton madou de la course en 2015 , eux ont decide de retourne l'argents du contribuable sana aucune pressions de quique se soit ! mais le voleur madou lui a decide tout seul de garde l'argent sur lui....pour ensuite avancer des argument falacieux par la suite ! Et c'est ce mr qui veut se fait passer aujourd'hui pour une poche de moralite...Idangaden piann....parce que Ado a decide de donne l'argents...Madou lui doit vole ce argents qui ne lui appartien pas ? et ca veut devenir president ? Voleur un jour , voleur toujours .
Rédigé par: Diack Diaw   le: Jeudi 16 Mai 2019
Dangaden: C'est ADO qui a distribué 100 millions à chacun des candidats déclarés aux dernières élections présidentielles. Koulibaly n'a pas donc pas volé les 100 millions.
Rédigé par: Dangaden   le: Jeudi 16 Mai 2019
Ko (economiste) Icoutagabouet !!! un homme d'honneur ne vols pas 100 millions du contribuable sans justification !!!
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Mercredi 15 Mai 2019
C'est triste à dire, mais l'appartenance au CFA impose une discipline à nos pays africains d'expression française qu'ils n'ont pas (naturellement)... Et, la plupart de nos dirigeants africains ne sont pas sérieux. ni intègres ! Dans quelques pays africains tels que (par exemple) la Guinée sous Lassana Conté, les devises de la Banque Centrale au lieu de servir les opérateurs économiques, pouvaient être utilisées pour financer les voyages à l'étranger de la première-dame ou d'une des maitresses présidentielles.Pendant ce temps, les commerçants guinéens demeuraient à attendre des devises de la Banque Centrale pour payer leurs importations. C'est ce que nous ne voulons pas pour les pays UEMOA. Qui va garantir le sérieux de notre Banque Centrale de l'UEMOA si la Trésor français ne veille plus au grain ? Est-ce que le "gendarme", ce sera le Nigeria, dans le cadre d'une monnaie unique CEDEAO ? Faudra-t-il arrimer le CFA au Dollar ? Ou bien à un panier monétaire de plusieurs devises (Euro, Dollar, Yen, Yuan.) ?
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 15 Mai 2019
A toutes ces hyènes puantes qui crient autour du France CFA, il faut poser la question : si le franc CFA venait à être remplacé par "autre chose", en quelle monnaie souhaiteraient-elles être rémunérées ?
Rédigé par: Lago Tape   le: Mercredi 15 Mai 2019
"Forestier": Si le CFA est surévalué, c'est à cause de la parité fixe avec l'Euro qui est une monnaie forte. Cette surévaluation du CFA rend le coût du travail et des autres facteurs plus élevé en Côte d'Ivoire qu'au Ghana. Ce n'est pas de changer de monnaie qui est la solution idoine. C'est ce que dit le rapport de la Banque mondiale de février 2018 que je cite. Le coût des facteurs étant plus élevé en Côte d'Ivoire, ce ne sont pas des facteurs exogènes comme tu le prétends. Ce sont les conséquences de mauvaises politiques internes que le gouvernement ivoirien doit modifier. Par exemple, une autre alternative serait d'avoir plus de flexibilité dans les rapports entre le CFA et l'Euro.
Rédigé par: coul23   le: Mercredi 15 Mai 2019
Les refondus comme madou sont des Demagogue professionel . de ce fait , si le fcfa est-il mauvais pour nos pays, pourquoi a leurs arrivee au pouvoir en 2000 dans les condition calamiteuse...ils...Madou et sont patron Gbagbo ne l'on pas change au profit des leurs Mir ? laissez nous respirerz SVP cher Madou and CO .
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mardi 14 Mai 2019
"Lago Tape" je trouve que la conclusion de "PARFAIT" est parfaite (comme son nom l'indique). Ce n'est pas le passage à une monnaie de singe qui résoudra les problèmes qui viennent du fait que "le coût du travail est très élevé, la productivité des travailleurs est très faible, la CI est en retard au plan technologique et en plus le coût des facteurs en CI est plus élevé". Le propre de l'ivoirien, c'est de trouver toujours des causes exogènes à ses difficultés et échecs, et surtout de ne jamais analyser ses propres faiblesses et se remettre en question.
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 14 Mai 2019
PARFAIT: Dans son rapport "Aux Portes du Paradis: Comment la CI peut-elle rattraper son retard technologique", la Banque mondiale indique clairement qu'en Côte d'Ivoire, le coût du travail est très élevé, la productivité des travailleurs est très faible, la CI est en retard au plan technologique et en plus le coût des facteurs en CI est plus élevé qu'au Ghana où l'internet, l'électricité, l'essence, l'eau. (troisà cinq fois moins chers au Ghana par rapport à la Côte d'Ivoire, selon les estimations de la Banque mondiale). A propos de l'inflation, les deux déterminants principaux de l'inflation en Afrique de l'Ouest sont la pluviométrie et le prix du carburant. En effet, lorsqu'il ne pleut pas et qu'il y a la sècheresse, la nourriture est rare et le prix des denrées alimentaires grimpe. C'est aussi le cas lorsque le prix du carburant augmente. Les transporteurs augmentent le prix du transport que les commerçants répercutent sur le prix des denrées alimentaires aussi. Bref, c'est dire que le taux d'inflation dans la zone CFA n'a rien à voir avec l'arrimage du CFA à la zone euro. .
Rédigé par: Parfait   le: Mardi 14 Mai 2019
Aujourdhui le cedi Ghaneen est plus elevé que le cfa. 1cedi=114 fcfa. Quand le Pr Coulibaly dit que le cfa est surévalué, oui mais dans ce cas alors, le cedi est 114fois plus surévalué que le cfa.Et le Ghana ne s'en porte pas plus mal. Le probleme n'est peut etre donc pas la surévaluation. Le probleme des monnaies locales, cest que du fait de leur gestion locale, à la moindre difficulté budgetaire, les gouvernements émettent de la monnaie et la valeur de la monnaie s'en trouve alteré. Et qd la valeur d'une monnaie baisse, les commercants augmentent les prix pour se rattraper et on rentre dans une spirale d'inflation. Cest ce qui explique que le ghana, malgré le dynamisme de son economie, subit une inflation importante. Le CFA n'est pas parfait, mais il oblige nos gouvernements à une certaine discipline budgetaire car ils ne peuvent pas battre monnaie pour regler les problemes de tresorerie qu'ils rencontrent.Pour les operateurs economiques, une zone de monnaie stable est un avantage car l'on sait exactement ce qu'on gagne, à l'avance, sans craindre qu'une fluctuation monetaire vienne effacer au dernier moment les resultats obtenus par son entreprise.
Rédigé par: Zaïre   le: Mardi 14 Mai 2019
En Côte d'Ivoire, depuis plus de 5 ans on a une pénurie de petite monnaie qu'on n'a pas du tout au Ghana ou au Nigeria par exemple, ni en Tunisie, dans tous ces pays qui ne sont pas membres de la Zone UEMOA CFA!
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 14 Mai 2019
Dans son 6e Rapport sur la CI intitulé "Aux Portes du paradis: Comment la CI peut-elle rattraper son retard technologique ? ", la Banque mondiale indique clairement qu'en Côte d'Ivoire, le coût du travail est très élevé, la productivité des travailleurs est très faible, la CI est en retard au plan technologique et en plus le coût des facteurs en CI est plus élevé qu'au Ghana où l'internet, l'électricité, l'essence, l'eau. (trois déjà cinq fois moins chers au Ghana par rapport à la Côte d'Ivoire, selon les estimations de la Banque mondiale). Bref, je recommande la lecture de ce rapport de la Banque mondiale déjà tous les débatteurs sur le CFA, ainsi qu'à Diagou. L'émergence, la croissance et le développement de la Côte d'Ivoire constituent un véritable mythe : ils sont évoqués dans tous les discours, mais tardent à se concrétiser. L'évidente contradiction entre les objectifs volontaristes affichés par les pouvoirs publics et la faiblesse des moyens dont ils se dotent conduit à s'interroger sur les ressorts de ce paradoxe et à mobiliser comme facteur explicatif l'extraversion qui caractérise les liens qu'entretient la Côte d'Ivoire avec le reste du monde, en particulier les liens économiques.En d'autres termes, une monnaie unique UEMOA pour des pays au niveau économique et aux échanges fort différents, rattachée par un taux fixe à l'euro, est-elle un instrument efficace et cohérent de politique de développement régional pour toute la zone UEMOA ? La réponse est clairement négative.