Le bien -fondé du Sénat dans une démocratie
Sénatrice Makani Diaby - Publié le: 14-05-2019 - Mise-à-jour le: 14-05-2019 - Auteur: Sénatrice Makani Diaby
Le bien -fondé du Sénat dans une démocratie
Mon intervention ici sera de donner une esquisse d'orientation concernant des questions de diaspora et d'éducation générale de la population sur le bien-fondé du Sénat dans une démocratie. Ma recommandation principale est d'opérer une rupture avec la culture d'une diaspora ivoirienne éparpillée. Je propose une centralisation des ressources de la diaspora. Beaucoup d'ivoiriens de la diaspora sont arrivés individuellement, soit pour des études, soit pour du travail, ou encore pour d'autres ambitions. De la même façon que ces ivoiriens se sont retrouvés de façon individuelle en Europe, aux Etats Unis, ou ailleurs, beaucoup planifient également leur retour et leur investissement au pays de façon isolée. Que ce soient des cas connus ou moins connus, les exemples sont légions.
 
Didier Drogba, par exemple, a été emmené en France à l'âge de 6 ans par son oncle footballeur. La suite, on la connait. Drogba est devenu la star bleue qui a fait vibrer plus d'un amoureux du ballon rond dans le monde. Mais Drogba pour les ivoiriens restera surtout la star orange blanc vert qui a hissé la fierté des ivoiriens au plus haut des sommets du football. Aujourd'hui, en plus des nombreux délices apportés aux ivoiriens sur la pelouse, il revient régulièrement apporter sa pierre à l'édifice de notre pays, mais, en tant qu'individu. Il a créé une fondation, «The Didier Drogba Foundation » qui a pour but «de faciliter l'accès à la santé et à l'éducation des populations vulnérables. ». 
 
Parmi les exemples peu connus, nous pouvons citer les ivoiriens qui vont chaque année en Côte d'Ivoire pour construire ou acheter des maisons pour eux-mêmes ou pour les siens. D'autres vont régulièrement pour intégrer la fonction publique ou d'autres secteurs d'emplois. Certains aussi vont investir dans des projets personnels ou essaient de décrocher par eux-mêmes des marchés publics. D'autres encore retournent volontairement pour s'installer définitivement en Côte d'Ivoire. Certains aussi, malheureusement, sont rapatriés, humiliés, et n'ont souvent que leurs rêves brisés comme souvenir de leur vie de diaspora.
 
Les conséquences de ces migrations individuelles hors du pays ou des transferts individuels de compétences sont énormes. Parmi elles, nous pouvons citer les désirs ardents de départ en Europe qui continuent de hanter nos jeunes qui ne rêvent que de "monter". Nul ne dit qu'un ivoirien ne doit sortir de son pays pour quelques ambitions que ce soient, mais cela doit se faire après avoir murement réfléchit à ce qu'il peut faire dans son pays et pour son pays.
 
Rappelez-vous que les américains partaient étudier en Angleterre quand, exaspérés par les humiliations répétées des Anglais au motif de leur accent et manières non-civilisées, ils ont décidé de créer un système éducatif purement américain. Thomas Jefferson a contribué à la création d'un système universitaire et Noah Webster a créé un dictionnaire de l'anglais américain. Aujourd'hui leur pays les a suivis sur ce chemin de fierté collective et d'ingéniosité des américains au services des américains. Le reste on le connait. Le système éducatif a inculqué cet esprit patriotique chez les américains qui ont envahi chaque secteur de créativité de leur ingéniosité avec un but commun : celui de rendre l'Amérique un pays sans égal dont ils sont les architectes.
 
De même que les américains ont créé l'université américaine pour éviter la nomadisation de leurs cerveaux et servir de tremplin à tous les américains, de même j'appelle la Côte d'Ivoire, mon pays, à créer un centre en Côte d'Ivoire pour la diaspora avec des succursales à l'étranger. Ce centre en Côte d'Ivoire permettra de recenser les besoins dans différents secteurs d'activité. Il permettra également aux ivoiriens de naviguer concrètement et aisément sur le chemin d'un perfectionnement pointu à l'étranger. Ce centre surtout mettra en place un réseau de compétences ivoiriennes dans le but de faciliter le retour des cerveaux en Côte d'Ivoire. Enfin, ce centre sera l'opportunité de la diaspora de mettre sa créativité et ses acquis au service du but commun qui est celui de hisser la Côte d'Ivoire au sommet de la compétitivité africaine et mondiale.
 
Beaucoup ont fustigé la création du Sénat en Côte d'Ivoire sans même savoir que les trois principaux leaders dans le pays ont proposé chronologiquement le Sénat : le Président Henry Konan Bédié en 1995, le Président Laurent Gbagbo en 2010, et le Président Alassane Ouattara lors de sa campagne en 2015. Le Président Ouattara est donc le seul qui a pu réaliser cet objectif commun de la classe politique ivoirienne avec la Constitution de la IIIe république du 8 novembre 2016. Il est donc à féliciter sincèrement au passage. Certains ont aussi pensé que le Sénat était une exception ivoirienne. Loin d'être une exception, le Sénat existe dans 26 des 54 États que compte l'Afrique. L'Afrique du Sud, Le Nigeria, Le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Togo, l'Algérie sont quelques exemples. 
Le mode d'élection et de nomination des sénateurs ivoiriens est aussi à l'instar de la pratique mondiale actuelle. Les 358 sénateurs français sont élus au suffrage indirect pour six ans. Les 105 sénateurs au Canada sont nommés par le gouverneur général sur recommandation du premier ministre et conservent leur poste jusqu'à 75 ans. Aux États-Unis d'Amérique, depuis 1913, ils ont passé le 17e amendement de leur Constitution faisant du sénateur un élu du people au suffrage universel direct pour six ans. Notons que depuis 1787, la Constitution américaine, la plus vieille du monde qui soit à ce jour, prescrivait le vote indirect pour les sénateurs. 
Tout ce rappel historique sur le Sénat dans le monde pour dire que le vrai problème n'est pas nos institutions, mais ce qu'on fait de nos institutions. Le Sénat sera l'opportunité pour moi de travailler pour que le flux des compétences de la Diaspora se fasse fertilement afin de contribuer à hisser notre cher pays au sommet de la compétitivité africaine et mondiale comme le souhaite le Chef de l'Etat.
 
Sénatrice Makani Diaby
 
Rédigé par: Diack Diaw   le: Jeudi 16 Mai 2019
Une chambre des rois et chefs traditionnels, une Cour des Comptes, Un Grand Médiateur, Une Haute Autorité de la Bonne Gouvernance, Un Observatoire de la Compétitivité Economique, Une Agence des PME, Une Agence de l'inclusion financière, une Agence des Transports du grand Abidjan, une Agence du Tourisme, Un Conseil Economique, et maintenant un Sénat. Tout cela fait beaucoup trop d'institutions budgétivores en plus de nos ministères démultipliés avec beaucoup de doublons, tels que par exemple à la fois un ministère de la Ville, Un ministère de la Construction et de l'Urbanisme, un ministre du District d'Abidjan plus un ministère de la Salubrité, un ministère de l'Environnement et du Développement Durable, avec un ministère de l'Agriculture et du Développement Rural, un ministère des Eaux et Forêts et un ministère de l'Hydraulique, un ministère du Plan et du Développement, un ministère des Transports, un ministère de l'Energie et du Pétrole, Un ministère des Mines (sauf Pétrole et Gaz Naturel), Un Ministère des Infrastructures...Bref, il est clair qu'en Côte d'Ivoire aussi, si on le voulait on aurait 10 à 15 ministères au maximum comme cela se fait dans les pays industrialisés en lieu et place des 47 ministères et secrétariats d'état que nous avons.
Rédigé par: papus   le: Mercredi 15 Mai 2019
Honorable MAKANI DIABY,Tout est resume dans votre conclusion et je vous cite : Le veritable probleme n'est nos Institutions mais ce qu'on fait de nos Institutions en Afrique. Deja que l'Assemble Nationale qui se resume a une simple chambre d'enregistrement des projets de lois,n'arrive pas a jouer son role de contre-poids au pouvoir executif que pourra faire cette seconde chambre? Honorable,demandez aux Ivoiriens le nom et le role du Mediateur de la REP,ou de la Haute autorite de la bonne gouvernance ou meme de la chambre des rois,la majorite vous dira ne rien savoir. En realite on multiplie ces Institutions pour caser de vieux amis politiques qui refusent de faire valoir leur droit a la retraite en leur distribuant des emolumemts collossaux pour assurer les vieux jours.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 15 Mai 2019
"Le bien -fondé du Sénat dans une démocratie".... seul problème : la Côte d'Ivoire n'est pas une vraie démocratie, ce n'est qu'une démocratie d'opérette.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mardi 14 Mai 2019
"Beaucoup ont fustigé la création du Sénat en Côte d'Ivoire sans même savoir que les trois principaux leaders dans le pays ont proposé chronologiquement le Sénat : le Président Henry Konan Bédié en 1995, le Président Laurent Gbagbo en 2010, et le Président Alassane Ouattara lors de sa campagne en 2015"... mais pourquoi Diable Houphouët lui-même n'a-t-il pas créé ce merveilleux instrument de Démocratie qu'est le Sénat, et qui, visiblement, est indispensable à un pays moderne comme la Côte d'Ivoire ????? Bien sûr, Madame, vous n'allez pas scier la branche sur laquelle vous êtres confortablement assise.
Rédigé par: Bonébo   le: Mardi 14 Mai 2019
Houphouet a hissé ce pays au niveau où on lui connaît et reconnaît sans sénat. Ses successeurs ont quand même fonctionné sans sénat. Il y a même eu un parmi eux qui sans sénat et se réclamant démocrate devant l'éternel, a émaillé son règne des pires drames que la pays a vécus depuis 1960. Tt près de nous, tous sommes unanimes à reconnaître que Ado a entrepris et réussi la transformation du pays de façon extraordinaire, a su lui imprimer une allure admirable dès les premières années de son mandat présidentiel. Dès lors, le commun des mortels se demande à quel niveau le sénat leur a été handicapant, se demande si le retour sur investissement dans la mise en place et le fonctionnement du sénat est aussi net !? Le Conseil économique, l'Assemblée nationale, le Sénat, la Médiature, la Vice-présidence, la Primature, la Présidence. Du temps d'Houphuet, on était conseiller, député pour servir l'Etat, pour vivre un sacerdoce, un don de soi. Ils avaient des émoluments modiques pour leur carburants. Aujourd'hui, ce sont des salaires et sursalaires. Autrement dit, l'on se perd dans la logique qui prévaut. On apprend tjrs. C'est prquoi le post ci-dessus aurait gangé nous à se limiter au plaidoyer, mais à mettre à nu, le vide que vient combler le sénat, en quoi le sénat a manqué dans la pleine réalisation du miracle ivoirien, dans le pouvoir Houphouet et de chacun de ses successeurs. Il y a un ministère chargé des ivoiriens de l'étranger et celui des affaires étrangères. Le sénat serait-il l'instance attitrée pour traiter diasporas. MAdame Diaby sénatrice verrait les choses autrement si elle avait la Conseillère économique, députée !? si tel est que les sénateurs sont commis pour porter certaines préoccupations économique, sociale, culturelle, environnementale etc. Aidez à une meilleure compréhension du sénat. Montrez-nous le gros risque qu'a choisi de prendre Macky Sall, le président du Sénégal, en renonçant à la mise en place d'un sénat tout le tps de son règne à tt le moins.
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Mardi 14 Mai 2019
A quoi sert le sénat en Afrique? Le sénat n'est pas indispensable à la marche et au succès de la démocratie en Afrique.En décidant, le 28 août 2012, de supprimer le sénat pour lutter contre les inondations, le président sénégalais, Macky Sall, a fait un grand pas dans la bonne direction. Près de huit milliards de francs CFA seront économisés. Car, c'est le montant qui avait été prévu pour le fonctionnement de l'institution. La décision présidentielle fait des heureux parmi les Sénégalais, en particulier les victimes des inondations. Reviendra-t-on un jour sur cette suppression du sénat? On l'ignore encore. Il est, cependant, bon de retenir que le renouvellement de cette chambre du Parlement était attendu pour le 16 septembre 2012. La décision avait été approuvée par les alliés du chef de l'Etat dont l'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, et plusieurs autres personnalités. Reste aussi à savoir si en créant le sénat, l'ex-président Abdoulaye Wade s'était vraiment préoccupé de trouver un consensus autour de cette institution. Toute la classe politique avait-elle vraiment adhéré au projet? Au Sénégal, on fera des économies En tout cas, Macky Sall a dû prendre en compte les critiques faites par les uns et les autres et profiter des circonstances pour faire le ménage. Cette suppression annoncée du sénat au Sénégal, loin s'en faut, n'a compromis en rien la marche de la démocratie sénégalaise, laquelle est bien mature. Bien au contraire, le Sénégal fait des économies.
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Mardi 14 Mai 2019
Saviez-vous que la Côte d'Ivoire a déjà eu des sénateurs ? Eh bien, si. Les premiers sénateurs ivoiriens du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) ont été élus en 1948. Au nombre de ceux-ci, Victor Biaka Boda, mort en 1950, à Bouaflé, dans des conditions jamais élucidées par l'administration coloniale, accusée d'avoir commandité l'assassinat du sénateur natif de Gagnoa. Le PDCI créé en 1946 par Félix Houphouët-Boigny et ses compagnons, a mis deux ans, pour préparer ses candidats, au titre du groupement du Rassemblement démocratique africain (RDA).Voici pour l'histoire. Revenons à notre époque. Le Sénat ivoirien (pour la petite histoire, je ne voyais pas son utilité démocratique) a été élu le 24 mars 2018. L'annonce de ce scrutin n'a été livrée qu'à l'issue du conseil des ministres du 21 février 2018, soit un mois avant le scrutin. Caisse de résonance, chambre budgétivore, institution inutile. En Afrique et ailleurs dans le monde, le Sénat se retrouve bien souvent objet de controverse. À quoi sert-il ? Ne serait-il pas plus avantageux - économiquement parlant - pour le pays de le supprimer que de le garder ? N'est-il pas un luxe pour les démocraties africaines ? À chaque réforme constitutionnelle sur le continent, les mêmes questions reviennent.Dans nos pays Africains, la situation est souvent complexe. Au Togo par exemple, la Constitution dispose depuis 2002 que le Parlement est bicaméral, c'est-a-dire composé de deux chambres : une Assemblée nationale et un Sénat. Quatorze ans plus tard, ce dernier n'est toujours pas installé. Si officiellement le pays a opté pour la création de cette chambre haute, son éventuelle suppression n'est pas exclue lors de prochaines réformes constitutionnelles. De son côté, le Cameroun a attendu 2013 pour rendre effectif le Sénat alors que la création de l'institution a été consacrée par la révision constitutionnelle de. 1996. À l'inverse, 31 États Africains ont choisi eux de se contenter d'une Assemblée nationale.