Pour atteindre l'orgasme féminin, arrêtez la pénétration
Le monde.fr - Publié le: 13-05-2019 - Mise-à-jour le: 13-05-2019 - Auteur: Maïa Mazaurette
Pour atteindre l'orgasme féminin, arrêtez la pénétration
Sans vouloir la bannir de nos pratiques, de plus en plus d'auteurs invitent à imaginer un « au-delà » et à s'intéresser à « tout le reste », analyse la chroniqueuse de la Matinale Maïa Mazaurette.
« Le but de la pénétration au fond n'est pas vraiment le plaisir des deux partenaires, mais en premier lieu celui de l'homme, puis éventuellement celui de la femme (d'ailleurs la pénétration cesse généralement quand l'homme a atteint son plaisir). C'est l'instauration d'une relation inégalitaire comme modèle. »
Contrairement à ce que pourront penser les paranoïaques post-metoo, le paragraphe ci-dessus ne provient pas d'une bible lesbo-féministe séparatiste. Un homme en est l'auteur : le romancier Martin Page, dans un remarquable essai paru récemment aux éditions Monstrograph. Le titre annonce la couleur : Au-delà de la pénétration. Le propos est ponctué de punchlines étourdissantes : « Si la sexualité était une question de plaisir, les femmes seraient moins pénétrées et les hommes le seraient davantage ».
Car admettons-le : en 2019, la pénétration constitue toujours l'alpha et l'omega de la pratique hétérosexuelle, hermétiquement divisée entre le « vrai sexe » (celui qui consiste à fourrer son pénis dans une personne) et le « reste » (préliminaires, masturbation, fantasmes, cunnlingus, BDSM, fist-fucking, sextoys, électro-stimulation, effleurements fétichistes, tartes aux pommes).
De manière plus surprenante, la pénétration définit également les rapports gays : « qui fait le bonhomme ? » (Sous-entendu : les gays passent leur temps à s'emboîter selon des hiérarchies coulées dans le marbre - une assomption contredite par les études sur leurs pratiques.) Même chose pour les rapports lesbiens : « mais comment elles font, du coup ? » (Sous-entendu : les lesbiennes ne se pénètrent jamais. Elles sont condamnées à jouer au Scrabble avec uniquement des W et des N jusqu'à la fin des temps.)
Une performance en demi-teinte pour les femmes
Prenons donc le taureau par les cornes (quitte à rester dans les métaphores oblongues et pénétratives). A une époque où même la procréation peut passer par des seringues, la pénétration doit-elle être remise en cause ?
Du côté du plaisir féminin hétérosexuel, toutes les études mettent en lumière le caractère relativement inefficace de cette pratique (vous retrouverez tous les chiffres dans la chronique consacrée à cette question, ainsi que des techniques clitoridiennes efficaces dans cette autre chronique). 50 % des femmes aimeraient donner plus de place aux autres formes de sensualité, comme les caresses (Ifop, 2019). La pénétration peut en outre exposer à des douleurs, des grossesses ou des infections.
Cette performance en demi-teinte constitue-t-elle un motif de relégation ? Non. Les femmes ne mettent pas le feu au Fouquet's pour demander la fin de la pénétration. 74 % d'entre elles ont eu un orgasme lors de leur dernier rapport (Ifop, 2019). On peut aussi mentionner, en sa faveur, la logistique minimale d'une pénétration : voici un assemblage attendu, pas compliqué, vite expédié (5 minutes et 40 secondes en moyenne), parfois désinvesti (on peut compter les rainures du plafond), assurant la paix des ménages.
Du côté des hommes : eh bien sans surprise, ça fonctionne. 95 % jouissent à tous les coups ou presque (Archives of Sexual Behavior,février 2017). La mécanique pénétratoire est tellement bien rôdée qu'on peut poser la question qui fâche : la pénétration constitue-t-elle une forme augmentée de masturbation ? Et quitte à vraiment finir fâchés : quid des inconvénients ?
Des contrariétés même pour les hommes
Car même pour les hommes, la pénétration génère son lot de contrariétés : l'éjaculation rapide, les angoisses de performance ou de taille, la routine. Justement parce qu'elle est efficace, cette pratique peut réduire la sexualité à un seul organe au détriment d'une sensualité plus globale.
Le phallocentrisme n'est pas qu'une question politique, il déborde sur nos terminaisons nerveuses : quand on utilise toujours les mêmes circuits cérébraux, on devient paresseux. Comme l'explique Martin Page, le renouvellement du répertoire sexuel passe à la trappe - et avec lui, d'infinies richesses physiques et fantasmatiques : « J'ai l'impression que nous sommes prisonniers de conceptions naturalistes, de représentations, et même si on sait que certaines choses pourraient nous être incroyablement jouissives, nous les refusons. »
Culturellement, la pénétration implique encore d'autres paradoxes. Côté pile, nous sommes attachés au grandiose idéal de la fusion des corps (pure construction imaginaire, soit dit en passant : quitte à fusionner comme des rubans de Möbius, il serait beaucoup plus romantique d'imaginer deux partenaires se pénétrant mutuellement avec leurs doigts).
Ne crachons cependant pas dans le gaspacho : la pénétration asymétrique porte en effet une part de transcendance. Le philosophe Vincent Cespedes y consacre des lignes émouvantes : « Le phallus entre, c'est là sa fonction, sa jouissance, c'est cette capacité d'entrer et d'y trouver délectation. Entrer en quoi ? Entrer en l'autre. [.] Nous retrouvons Hermès, le dieu des routes : il s'agit de se frayer un chemin vers l'altérité. » (Le texte complet est à savourer dans Eloge de l'Erection, ouvrage collectif supervisé par Barbara Polla, éditions La Muette, paru en 2016.)
« A force de pénétrer, on oublie tout le reste »
Côté face, nous pouvons difficilement ignorer que la pénétration est systématiquement associée à des hiérarchies gagnant/perdant, à un vocabulaire de la dégradation, à un folklore de la possession dénué de toute logique effective. Comme le note la journaliste Victoire Tuaillon dans une récente émission audio dédiée à la pénétration (podcast « Les Couilles sur la table », productions Binge Audio), « on utilise le verbe prendre pour un homme qui pénètre une femme, alors que si vous prenez un caillou, ce n'est pas le caillou qui vous prend. »
Ces tensions symboliques posent la question de la compatibilité entre une sexualité phallocentrée et les valeurs contemporaines d'égalité, de plaisir, d'excitation, de nouveauté, d'intensité, ou tout simplement d'amour. Pour Martin Page, « à force de pénétrer, à force de ne penser qu'à ça, on oublie tout le reste, on ne voit pas l'étendue du corps. Pénétrer c'est passer à côté et fuir. C'est penser qu'on fait l'amour alors qu'on s'en débarrasse. J'ai le sentiment qu'on pénètre pour cacher les sexes, ne pas les voir, comme si c'était une honte. C'est un aveuglement. [.] Sans pénétration, tout le reste du corps est hypersensible et délicieusement hyperactif. Faire l'amour devrait être la rencontre des corps et leur conversation. »
Cette conversation est engagée - par la politique, la technologie, la recherche, l'art, les apéros entre amis. Elle flotte dans l'air du temps, non comme une injonction, encore moins comme une condamnation ou une interdiction, mais comme une délicieuse invitation. Le Manifeste Contra-Sexuel de Béatriz Preciado, l'Au-delà de la Pénétrationde Martin Page, nous proposent, certes, d'entrevoir ce qui se tapit au-delà de la pénétration. mais aussi et surtout, de voir plus loin que le bout de notre nez.
Maïa Mazaurette
Rédigé par: Kady Koné   le: Jeudi 16 Mai 2019
Si je comprends bien l'anatomie et la sexualité de la femme, l'orgasme vaginal (et anal) est indissociable de l'orgasme clitoridien, au point que certains estiment qu'il s'agit en réalité de la même chose : seule la stimulation de base est différente (vagin,anus ou clitoris). Mais la jouissance est la même, et c'est le clitoris, qui est l'organe du plaisir féminin, qui permet de jouir et d'atteindre un plaisir maximal.
Rédigé par: Nadia A.   le: Jeudi 16 Mai 2019
Toutes les femmes ne sont pas pareilles. Certaines jouissent normalement quand elles sont pénétrées et elles adorent cela.
Rédigé par: U phaser   le: Lundi 13 Mai 2019
Selon les chercheurs, les femmes ont le plus de chance d'avoir un orgasme si ces trois pratiques sont présentes dans leurs rapports sexuels: "baisers langoureux, stimulation génitale manuelle et sexe oral". Si cela vous semble logique, ce ne semble pas l'être pour tout le monde. La pénétration vaginale est donc rarement suffisante: "Environ 30% des hommes pensent que la pénétration est le meilleur moyen pour une femme d'avoir un orgasme", pourtant, "cela ne pourrait pas être plus incorrect". En effet, seules 35% des femmes hétérosexuelles déclarent avoir un orgasme après un rapport sexuel uniquement vaginal. A contrario, elles sont 80% (et 91% pour les lesbiennes) à avoir toujours un orgasme après une combinaison des trois actes cités plus haut. En dehors de ce trio qui semble très efficace, d'autres éléments aident une femme à atteindre le septième ciel, selon les résultats des études des chercheurs. Par exemple, les femmes qui ont testé de nouvelles positions, mis de la musique ou ont dit "je t'aime" lors de leur dernier rapport sont 20% plus nombreuses à connaître l'orgasme régulièrement. À noter que toutes ces choses n'affectent pas l'orgasme des hommes.
Rédigé par: Salma Ba   le: Lundi 13 Mai 2019
Les femmes qui ne ressentent pas de plaisir pendant la pénétration sont-elles frigides ? FAUX ! Contrairement à ce que l'on peut croire, le vagin est très peu pourvu de nerfs : il est donc très peu sensible. La plupart des plaisirs que ressent une femme pendant un rapport sexuel avec pénétration vaginale est en fait provoqué par le clitoris, notamment par les frottements contre ses bulbes internes. Le clitoris se déploie de telle sorte qu'il rend érogènes l'urètre, les petites lèvres et la zone G située à l'entrée du vagin. D'où l'importance de stimuler le clitoris (interne et/ou externe) pour aider à ressentir plus de plaisir, voire à obtenir un orgasme. Pourquoi parle-t-on de "pénétration" alors qu'il y a prise ? Le vagin prend, enserre, absorbe, masse : il n'est pas un réceptacle inerte mais un organe complexe et préhenseur ! Dirait-on d'une main qu'elle est prise ou pénétrée quand elle saisit ? Parlons donc de préhension !
Rédigé par: Hendouda Mansour   le: Lundi 13 Mai 2019
Une étude confirme que la pénétration n'est pas nécessairement synonyme de plaisir pour les femmes. La durée non plus. Ses résultats vont à l'encontre des clichés du porno et de croyances largement répandus dans la communauté masculine, mais aussi chez certaines femmes. Parmi les plus intéressants, quelques informations sur le rapport entre pénétration et plaisir. N'en déplaise aux hommes pressés, pour 82 % des femmes, la pénétration vaginale ne suffit pas à atteindre l'orgasme. Plus d'un tiers (36 %) a besoin d'une stimulation clitoridienne en plus, et pour un tiers supplémentaire, cette stimulation parallèle est un plus non négligeable.Ces résultats, publiés dans la revue Sex & Marital Therapy, sont issus d'une étude en ligne sur 1 055 femmes âgées de 18 à 94 ans. Les chercheurs de l'université de l'Indiana (États-Unis) les ont interrogées sur plusieurs éléments qui les aidaient (ou non) à prendre du plaisir. Première information, le plaisir est variable. Près de 4 femmes sur 5 affirment que certains orgasmes sont plus intenses que d'autres. Et l'intensité ne dépend pas de la durée du rapport. Moins d'une sur cinq pense que la durée de la pénétration joue un rôle sur le niveau de plaisir.Alors, quelles sont les conditions qui favorisent l'orgasme ? Les réponses ne relèvent finalement pas d'un grand secret : le temps passé à faire monter l'excitation, l'intimité émotionnelle, mais aussi le fait d'avoir un partenaire sexuel qui sait ce qu'il aime, et donc la stimulation clitoridienne pendant la pénétration. « Souvent, lorsque les couples se forment, ils passent plus de temps à s'embrasser et à se caresser, bien avant de commencer le sexe oral ou la pénétration, souligne-t-elle. Bien trop souvent, lorsque ces deux pratiques rentrent dans la routine sexuelle, le reste s'efface. Ce qui est réellement dommage, lorsqu'on considère le pouvoir du toucher génital »
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Lundi 13 Mai 2019
Les couples doivent donc continuer à se toucher. Mais pas n'importe comment ! Les femmes interrogées sont 41 % à déclarer préférer une méthode de caresses. Mieux vaut donc savoir laquelle. « Ce résultat met en lumière l'importance des conversations sur le sexe et le plaisir, ou simplement de savoir montrer à son partenaire ce que l'on aime, ajoute-t-elle. Sinon, les chances de tomber sur le bon geste est faible ». En résumé : parler, ne pas tomber dans la routine, éviter l'empressement vers la pénétration et stimuler le clitoris seraient, statistiquement, les éléments clés du plaisir féminin. Statistiquement seulement. Car en matière de sexe, sans doute plus que partout ailleurs, les goûts et les couleurs.
Rédigé par: Hendouda Mansour   le: Lundi 13 Mai 2019
Une étude confirme que la pénétration n'est pas nécessairement synonyme de plaisir pour les femmes. La durée non plus. Ses résultats vont à l'encontre des clichés du porno et de croyances largement répandus dans la communauté masculine, mais aussi chez certaines femmes. Parmi les plus intéressants, quelques informations sur le rapport entre pénétration et plaisir. N'en déplaise aux hommes pressés, pour 82 % des femmes, la pénétration vaginale ne suffit pas à atteindre l'orgasme. Plus d'un tiers (36 %) a besoin d'une stimulation clitoridienne en plus, et pour un tiers supplémentaire, cette stimulation parallèle est un plus non négligeable.Ces résultats, publiés dans la revue Sex & Marital Therapy, sont issus d'une étude en ligne sur 1 055 femmes âgées de 18 à 94 ans. Les chercheurs de l'université de l'Indiana (États-Unis) les ont interrogées sur plusieurs éléments qui les aidaient (ou non) à prendre du plaisir. Première information, le plaisir est variable. Près de 4 femmes sur 5 affirment que certains orgasmes sont plus intenses que d'autres. Et l'intensité ne dépend pas de la durée du rapport. Moins d'une sur cinq pense que la durée de la pénétration joue un rôle sur le niveau de plaisir.Alors, quelles sont les conditions qui favorisent l'orgasme ? Les réponses ne relèvent finalement pas d'un grand secret : le temps passé à faire monter l'excitation, l'intimité émotionnelle, mais aussi le fait d'avoir un partenaire sexuel qui sait ce qu'il aime, et donc la stimulation clitoridienne pendant la pénétration. « Souvent, lorsque les couples se forment, ils passent plus de temps à s'embrasser et à se caresser, bien avant de commencer le sexe oral ou la pénétration, souligne-t-elle. Bien trop souvent, lorsque ces deux pratiques rentrent dans la routine sexuelle, le reste s'efface. Ce qui est réellement dommage, lorsqu'on considère le pouvoir du toucher génital »
Rédigé par: Salma Ba   le: Lundi 13 Mai 2019
Les femmes qui ne ressentent pas de plaisir pendant la pénétration sont-elles frigides ? FAUX ! Contrairement à ce que l'on peut croire, le vagin est très peu pourvu de nerfs : il est donc très peu sensible. La plupart des plaisirs que ressent une femme pendant un rapport sexuel avec pénétration vaginale est en fait provoqué par le clitoris, notamment par les frottements contre ses bulbes internes. Le clitoris se déploie de telle sorte qu'il rend érogènes l'urètre, les petites lèvres et la zone G située à l'entrée du vagin. D'où l'importance de stimuler le clitoris (interne et/ou externe) pour aider à ressentir plus de plaisir, voire à obtenir un orgasme. Pourquoi parle-t-on de "pénétration" alors qu'il y a prise ? Le vagin prend, enserre, absorbe, masse : il n'est pas un réceptacle inerte mais un organe complexe et préhenseur ! Dirait-on d'une main qu'elle est prise ou pénétrée quand elle saisit ? Parlons donc de préhension !