Cote d'Ivoire : Venance Konan repond aux talibans du FPI
Venance Konan - Publié le: 16-04-2019 - Mise-à-jour le: 16-04-2019 - Auteur: Venance Konan
Cote d'Ivoire : Venance Konan   repond aux talibans du FPI
(Texte publié en novembre 2009, dans les journaux ivoiriens et repris dans mon livre "Chroniques des années de braise" (Fratmat éditions), page 21) Pour répondre aux talibans d'un leader politique qui ont cru intelligents de publier à nouveau des textes que j'avais écrits il y une vingtaine d'années
Sacrés Refondateurs

Mamadou Koulibaly, vice-président du FPI et président de notre Assemblée nationale fait circuler en ce moment, sur internet et dans certains journaux, des articles que j'avais écrits il y a une quinzaine d'années. Il me reproche d'avoir soutenu une idéologie qui a amené la guerre en Côte d'Ivoire, et de me renier aujourd'hui. Tout en le remerciant de contribuer à la diffusion de mes pensées, je trouve cependant dommage qu'il n'ait pas inclus dans ces textes deux de mes écrits que je trouve assez intéressants. Le premier, intitulé « la passion et la raison », avait été publié dans Fraternité Matin du 12 août 2004, et se trouve à la page 219 de mon livre « Nègreries », qu'il cite abondamment d'ailleurs. J'écrivais ceci dans ce texte : « Pendant des années, ceux qui soutenaient M. Bédié avaient tenté de démontrer que M. Ouattara n'était pas Ivoirien, mais Burkinabé. Nous étions de ceux-là. Les personnes lucides nous expliquaient que M. Bédié n'avait pas besoin de passer par cet artifice pour battre M. Ouattara, mais c'était parler à des murs. Nous étions emportés par notre passion. » Il y en a un autre que j'ai intitulé « adresse aux militants du FPI » que j'ai publié dans Le Nouveau Réveil du 1er octobre 2007, et que j'ai repris dans mon dernier livre, « Ngo n'di ou palabres », publié par les Editions du Nouveau Réveil, à la page 49. J'y écrivais ceci : « Je sais camarade, qu'il n'est pas facile de reconnaître qu'on s'est trompé. Mais le reconnaître n'est pas se renier. Moi-même, au temps où Bédié était au pouvoir, où je croyais qu'il était la seconde chance du pays, j'écrivais pire que pendre sur le RDR, son président, et tous ceux qui se réclamaient d'eux. Je me suis senti mieux le jour où j'ai reconnu que je me trompais et que je défendais une cause indéfendable qui conduisait mon pays dans le mur. » Mamadou Koulibaly dit que j'ai soutenu l'ivoirité, que j'ai traité M. Ouattara d'étranger ? Oui, je l'ai fait. Donc quoi ? Il est quand même drôle, ce Mamadou Koulibaly. C'est lui écrivait le 4 août 2007, ces lignes dans Fraternité Matin : « A l'époque de l'opposition, les Refondateurs n'acceptaient pas les atteintes à l'éthique de la démocratie et de la société ouverte. Aujourd'hui, avec la Rebfondation, nous gardons un silence coupable sur les violences faites à l'éthique, quand nous n'applaudissons les hauts faits de ces nouveaux « grilleurs d'arachides ». A l'époque, nous envisagions de conduire les faussaires et autres criminels devant les tribunaux ; aujourd'hui, nous leur dressons la table et nous leur passons le menu pour qu'ils viennent faire ce à quoi nous nous sommes laissés aller : manger. » Mamadou, lorsque l'on dresse un tel bilan de l'action d'un parti, qu'est-ce qu'on y fait encore, si l'on n'est pas lâche ? Il n'y a pas très longtemps, le même Mamadou Koulibaly avait dit à un meeting à Koumassi : « A l'indépendance, Houphouët a identifié le problème. Il a proposé la double nationalité. Les députés d'ici ont refusé et Houphouët n'a rien dit. Il a laissé la situation comme cela. Ce problème nous a rattrapés aujourd'hui. Va-t-on laisser cette situation perdurer et la léguer à nos enfants ? Et dans dix ans, ils vont continuer les palabres. Est-ce que pour construire ce pays, il n'est pas bon qu'on s'asseye et qu'on dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi, peut-être même qu'il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n'est pas mieux qu'on dise que comme son nom est sur la liste et qu'il veut voter, il n'a qu'à prendre ? ... C'est important d'aller aux élections, mais la coexistence pacifique entre les populations est également importante. Dans ce débat, celui-là est ivoirien et l'autre ne l'est pas, on ne s'en sortira pas.Si j'ai un conseil à donner, c'est de vous demander d'amener nos hommes politiques à résoudre ce problème au mieux des intérêts du peuple de Côte d'Ivoire. Si on veut résoudre ce problème par des tactiques politiciennes, par des jeux d'intérêt, on risque de proposer des solutions qui ne seront pas des solutions optimales. Cela va résoudre des problèmes immédiats, tout de suite, mais à la longue, ça va nous conduire à la guerre. Comme on a choisi rapidement la solution en 2000, cela nous a envoyé la guerre. » Mais, quel est donc le parti qui cherche, par des tactiques politiciennes, à exclure des milliers de personnes des listes électorales et de la nationalité ivoirienne ? Quel est le parti qui parle de désinfecter les listes électorales ? C'est le parti dont Mamadou Koulibaly est le vice-président. Et, à votre avis, qui, d'entre les Kipré, Konan ou Koulibaly risque le plus de se voir contester la nationalité ivoirienne par le parti de Mamadou Koulibaly ? C'est bien sûr Koulibaly, et surtout les Koulibaly qui, comme Mamadou, sont soupçonnés de venir d'un nord encore plus lointain que le nord de la Côte d'Ivoire. Alors, pourquoi Mamadou Koulibaly continue-t-il de militer dans un tel parti qui l'exclut, lui ? Masochisme ? Manque de courage ? Schizophrénie ? Entre celui qui dit « j'ai pris une mauvaise voie, je rebrousse chemin », et celui qui dit « je sais que je suis sur une mauvaise voie, mais j'y reste », lequel est à blâmer ? « L'erreur est humaine, mais le propre de l'homme est de savoir la reconnaître. Et persévérer dans l'erreur est diabolique », dit-on. Koulibaly sait que son parti est en train de nous conduire vers la guerre. Et c'est celui qui dénonce ce parti qu'il blâme. Pauvre Mamadou ! Moi, j'ai tiré les leçons de l'histoire récente de mon pays. Celui qui ne tire pas de leçon de son histoire se condamne à la revivre. Et le FPI de Mamadou Koulibaly est en train de nous condamner à revivre la guerre.
Mamadou, je comprends ta tragédie. Tu avais probablement espéré que le FPI changerait positivement la Côte d'Ivoire. Et tu vois qu'il fait pire que ceux qui étaient là auparavant. Tu avais sans doute espéré que ton parti réparerait les erreurs passées. Et il ne fait que les empirer. Ton parti est xénophobe, tribaliste, corrompu, violent, incompétent à résoudre les problèmes des Ivoiriens. Tu le sais, Mamadou. Tu le dis partout. Tu sais aussi que dans ton parti, tu es traité d'étranger. Et tu sais très bien que les propos que tu as tenus à Koumassi ont aggravé ton cas au sein de ton parti où tu es considéré comme un pestiféré. Tu n'es pas aimé dans ton parti. Ton parti qui distille aujourd'hui les idées les plus vénéneuses et les plus dangereuses pour la cohésion sociale. Tu n'as pas froid dans le dos lorsque tu entends ton parti parler de désinfecter les listes électorales ? Ça ne te fait pas penser au Rwanda ? Mamadou, prends ton courage à deux mains. Quitte le FPI. Ta place n'y est pas. Prends ta liberté pour être en conformité avec ta conscience. Ce n'est pas difficile. Je l'ai fait et j'en suis heureux. Je suis libre. Le PDCI qui pourchassait M. Ouattara s'est réconcilié avec lui. Bédié et Ouattara sont les meilleurs amis aujourd'hui. Et la Côte d'Ivoire s'en porte mieux. Réconcilie-toi avec toi-même et tu te sentiras mieux. Rejoins-nous. Rejoins ceux qui se battent pour que les hommes comme toi aient leur place entière dans ce pays qui est aussi le leur. Tant que tu resteras dans cette situation schizophrénique, tu te feras du mal inutilement. Tu es rejeté par ton milieu naturel, celui de ceux qui rêvent d'une Côte d'Ivoire fraternelle, et tu es rejeté par ton milieu d'emprunt, le FPI tribaliste et xénophobe. Libère-toi, Mamadou ! Libère-toi. Tu es un garçon intelligent qui peut apporter beaucoup de chose à ce pays. Mais tant que tu resteras au FPI, tu ne te retrouveras jamais, et demain, tu seras tenu comptable de la destruction de ton pays. Très amicalement.
Venance Konan 
Rédigé par: Fognon   le: Lundi 22 Avril 2019
Boy O boy! Verite crue que beaucoup refuse d'accepter pourtant chacun de vous a ete temoin de ces moments tumultueux. Vous avez tres lu, entendu, participe en ce qui a ete avance et dit. On est loin, tres loin, beaucoup loin d'un consensus. A+
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Jeudi 18 Avril 2019
"Jules koffi" je ne comprends pas ce qui est incompréhensible. Venance Konan, c'est "La Voix de son Maître", voilà tout !
Rédigé par: Jules koffi   le: Jeudi 18 Avril 2019
j'aurais mieux compris les écrits actuels de VK s'il écrivais dans un journal comme le patriote où tout autre journal dit indépendant. Mais écrire des pamphlets amers à l'encontre du PDCI et de son président dans un journal gouvernemental est vraiment incompréhensible !
Rédigé par: Fouss   le: Mercredi 17 Avril 2019
TRÈS SAGE M. Lago Tapé Rédigé par: Lago Tape le: Mardi 16 Avril 2019 On peut avoir des désaccords d'opinion (politique) sans qualifier autrui de "Talibans". Pour l'apaisement du débat politique en Côte d'Ivoire, il ne faut pas considérer comme des ennemis "talibans" tous les (autres) ivoiriens qui ne partagent pas les mêmes obédiences politiques que Venance Konan. La démocratie, ce n'est pas la "pensée unique". L'impérialisme de la pensée unique , qui non seulement mine la démocratie mais même , comme l'ont montré les événements récents en Afrique, menace la paix , a une clef , c'est l'idéologie. Des simplifications abusives , un sens de l'histoire , généralement fondé sur l'abolition des différences et le brouillage des repères, une modernité terroriste qui refuse le débat , l'idée qu'il y a ceux qui (comme Venance Konan) savent et ceux qui ne savent pas, les seconds n'ayant pas droit à la parole et en conséquence le refus de la démocratie, une vision de la politique fondée sur les grandes idées, apparemment généreuses, et non sur les intérêts du peuple Ivoirien, et donc une logique que personne n'arrête, tout cela correspond à la description classique de l'idéologie. Parée du prestige de la modernité, promettant des lendemains qui chantent et présentant une vision simple du monde , l'idéologie n'est pas facile à combattre , surtout si ses tenants utilisent les armes du terrorisme intellectuel
Rédigé par: Lothiers Mackan   le: Mardi 16 Avril 2019
Anachronique!
Rédigé par: Bonébo   le: Mardi 16 Avril 2019
L'histoire de la du peuplement de la CIV, la colonisation et la politique d'Houphouet ont amené la CIV a être très très attachée à la paix, à la coopération et au développement de la sous-région. Le Burkina en constitue l'épine dorsale. Défendre l'axe Abidjan-Ouaga vaille que vaille ne révèle pas de quelque idéologie, ni de la pensée unique. Qui s'y attaque devrait être condamné de manière unanime par toutes les forces politiques, économiques, culturelles etc. Aux années de camouflage du fpi, gbagbo a trouvé refuge au Burkina, mais Houphouet n'a nullement pas menacé ou osé remettre en cause les liens séculaires qui unissent les deux pays voisins, frères et très complices. Remettre en cause cette relation mérite le pire des châtiments. Il en est de même pour l'ivoirité à la bête-bête à visée purement politique. Figurez-vous que certains du fpi, mk y compris, ont menacé de rompre, je dis bien de rompre les relations avec le Burkina, d'installer un bataillon aux portes du Burkina. Condamner de telles pires intentions, oser les dire même à haute voix, de la part d'un politique, est gravissisme. Comme douter de la filiation de son semblable. En empruntant ce chemin, certains ont fini par apprendre que leur père n'était pas leur père ou que leur mère n'était pas leur mère. On peut faire de la politique sans viser le bas de la ceinture. Houphouet, Bédié, gbagbo et Ado ont eu dans leurs combats politiuqes ou non, des amis et des soutiens non nationaux ou qui n'appartenaient pas à leurs régions ou etnnies respectives. Des soit disant étrangers ont bien fait plus pour ce pays, que ceux qui se prétendent nationaux multiséculaires. Alors VK, sommes nombreux à saluer ton repentir et apprécions tes prises de position bien éclairées. Go on ! On ne peut rien construire sans un consensus minimal.
Rédigé par: Bonébo   le: Mardi 16 Avril 2019
Parole avant-gardiste ! Parole de sagesse ! Parole d'évangile ! C'est "propre" sur toute la ligne !
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 16 Avril 2019
On peut avoir des désaccords d'opinion (politique) sans qualifier autrui de "Talibans". Pour l'apaisement du débat politique en Côte d'Ivoire, il ne faut pas considérer comme des ennemis "talibans" tous les (autres) ivoiriens qui ne partagent pas les mêmes obédiences politiques que Venance Konan. La démocratie, ce n'est pas la "pensée unique". L'impérialisme de la pensée unique , qui non seulement mine la démocratie mais même , comme l'ont montré les événements récents en Afrique, menace la paix , a une clef , c'est l'idéologie. Des simplifications abusives , un sens de l'histoire , généralement fondé sur l'abolition des différences et le brouillage des repères, une modernité terroriste qui refuse le débat , l'idée qu'il y a ceux qui (comme Venance Konan) savent et ceux qui ne savent pas, les seconds n'ayant pas droit à la parole et en conséquence le refus de la démocratie, une vision de la politique fondée sur les grandes idées, apparemment généreuses, et non sur les intérêts du peuple Ivoirien, et donc une logique que personne n'arrête, tout cela correspond à la description classique de l'idéologie. Parée du prestige de la modernité, promettant des lendemains qui chantent et présentant une vision simple du monde , l'idéologie n'est pas facile à combattre , surtout si ses tenants utilisent les armes du terrorisme intellectuel