Cybercriminalité: 2860 plaintes pour un préjudice de plus de 5 milliards Fcfa enregistrées en 2018 en Côte d'Ivoire
fraternité Matin - Publié le: 01-04-2019 - Mise-à-jour le: 01-04-2019 - Auteur: Franck YEO
Cybercriminalité: 2860 plaintes pour un préjudice de plus de 5 milliards Fcfa enregistrées en 2018 en Côte d'Ivoire
Le commissaire Mamadou Fofana, responsable de la Plateforme de la lutte contre la cybercriminalité (Plcc), a fait ce lundi 1er avril 2019, à Abidjan, le point de la situation en Côte d'Ivoire pour l'année écoulée.
« Au cours de l'année 2018, dans son activité de répression, la Plateforme de la lutte contre la cybercriminalité a enregistré 2860 plaintes pour un préjudice estimé à 5 595 075 980 de Fcfa », a déclaré le commissaire. Poursuivant, il a indiqué que « 89 personnes ont été interpellées dont 73 déférées devant les juridictions compétentes ».

Il ressort de ce rapport que 92% des cybercriminels sont des hommes dont 63% ont entre 18 et 27 ans. Les élèves et étudiants représentent 37% tandis que 19% sont sans emplois.

« Ces criminels sont des jeunes âgés en moyenne de 24 ans qui ont connu une scolarité difficile ou une déscolarisation depuis la classe de 3è », a précisé le commissaire Mamadou Fofana.

Franck YEO
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 2 Avril 2019
Le "Broutage" désigne les pratiques cybercriminelles commises par des internautes en Côte d'Ivoire. De nombreux "observateurs" lient la propagation du "broutage" à l'apparition du "Coupé décalé" à partir de 2002 en Côte d'Ivoire. Les plus jeunes gens nées autour de 2002 et qui ont aujourd'hui entre (15 et 25 ans) ont observé les activités de leurs aînés "brouteurs" et sont devenus "brouteurs" à leur tour. Les arnaques par Chat, l'usurpation d'identité, les sociétés fictives et les faux jeux en lignes, les faux sites d'enregistrement aux conférences internationales, les faux sites de paiement en ligne.sont autant de méthodes utilisées par les "brouteurs". L'apprentissage de ces méthodes cybercriminelles ne posent aucun problème aux jeunes esprits d'aujourd'hui. En effet, le "grand-frère" du quartier qui se paie une belle voiture grâce au "broutage" ou un collègue de classe qui a un scooter tout neuf, grâce aux mêmes méthodes, sont devenus, les bons exemples à suivre, dans la société ivoirienne d'aujourd'hui qui n'a plus aucun repère moral, ni (bonne) valeur à prôner. L'appât du gain rapide est enraciné chez les jeunes: "on broute ou alors on se prostitue"... La cybercriminalité rapporte des milliards de CFA en toute impunité, dans le contexte ambiant du chômage des jeunes et de la pauvreté galopante dans la plupart de nos familles ivoiriennes, malgré les forts taux de croissance réalisés par la Côte d'Ivoire, années après années depuis 10 ans.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mardi 2 Avril 2019
89 interpellations pour 2860 plaintes, il n'y a pas de quoi pavoiser ! Sans compter qu'il y a sans doute une proportion non négligeable des victimes de cyber-arnaques qui ne portent pas plainte. Autant dire que cette soi-disant "plateforme" est inefficace. Pas assez de moyens ? Pas assez d'"intelligence" (disons plutôt de compétences) ? Pas de réelle volonté de lutte contre cette forme de criminalité qui enrichit certaines populations en silence et sans effusion de sang ? Ce bilan n'est pas glorieux et montre qu'il y a encore énormément à faire pour que le cyber-espace et la numérisation des transactions deviennent sûrs et fiables en Côte d'Ivoire.