Des enfants prisonniers de la forêt, dans des plantations de cacao en Côte d'Ivoire
France 2 - Publié le: 09-01-2019 - Mise-à-jour le: 09-01-2019 - Auteur: France 24
Des enfants prisonniers de la forêt, dans des plantations de cacao en Côte d'Ivoire
Eradiquer le travail des enfants dans les plantations de cacao: c'était, en 2001, l'engagement pris par l'industrie du chocolat sous la pression des ONG. Dix-huit ans plus tard, où en est cette promesse ? Pour ce reportage diffusé dans "Envoyé spécial", le journaliste Paul Moreira et son équipe ont enquêté en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao.
 
A huit heures de route d'Abidjan, à la lisière du Liberia, là où finissent les pistes, voici l'une des dernières forêts classées, protégées, d'Afrique de l'Ouest. Ou plutôt, ce qu'il en reste. Les arbres sont détruits pour céder la place à la culture du cacao. La Côte d'Ivoire fournit 40% de la production mondiale. Le pays lutte contre le travail des enfants, mais dans cette plantation, le très jeune âge des ouvriers saute aux yeux.
Tous les jeunes qui travaillent ici sont arrivés enfants. Ils sont là depuis des années, prisonniers de la forêt. C'est le cas d'Aziz. Ses parents sont au Burkina Faso, il ne les a pas vus depuis six ans. "C'est beaucoup de souffrance", dit-il. Il a aujourd'hui 21 ans. C'est la première année qu'il commence à gagner de l'argent, explique-t-il.

Cinq ou six ans de travail gratuit.......

C'est le secret le plus sombre de certaines plantations de cacao : Aziz vient de travailler cinq ans gratuitement. Et cette année, pour la première fois, son patron lui a donné une petite parcelle de cacao. Aziz a pu vendre sa production et, enfin, toucher un peu d'argent.

....... puis 210 euros de salaire annuel

Ali est dans la même situation. Il vient de recevoir une parcelle de son patron. "Je n'ai rien touché jusqu'à ce qu'il décide un jour que j'ai assez travaillé pour avoir ma parcelle", explique-t-il. Six ans de travail gratuit. Cette année, il a produit un sac et demi sur sa parcelle. C'est-à-dire 180 kilos de cacao, soit 210 euros. Ce sera désormais le salaire annuel d'Ali. Le jeune homme a déjà des dettes, il est pris au piège.
Travail contre nourriture, puis paiement en nature. Ce système est généralisé dans les champs du Goin-Débé, comme l'ont découvert les journalistes enquêtant pour ce reportage à voir dans "Envoyé spécial".
Extrait de "Cacao, les enfants pris au piège", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 10 janvier 2019.
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 11 Janvier 2019
Dans beaucoup de pays, le travail des enfants est essentiellement un problème agricole. Dans le monde entier, 60 pour cent de tous les enfants âgés de 5 à 17 ans qui travaillent le font dans l'agriculture (y compris les exploitations agricoles, la pêche, l'aquiculture, l'exploitation des forêts et l'élevage de bétail). Ceci représente plus de 98 millions de filles et de garçons. La plupart des enfants qui travaillent (67,5 pour cent) sont des membres de la famille non rémunérés. Dans l'agriculture, ce pourcentage est supérieur. De plus, ces enfants entrent très jeunes sur le marché du travail ; ils sont parfois âgés de 5 à 7 ans1 . L'agriculture est l'un des trois domaines les plus dangereux en ce qui concerne les décès liés au travail, les accidents non mortels et les maladies professionnelles. Environ 59 pour cent des enfants entre 5 et 17 ans effectuant des travaux dangereux travaillent dans l'agriculture. La pauvreté, l'accès limité à une éducation de qualité, les technologies agricoles inadéquates, le difficile accès à la main d'ouvre des adultes, les dangers et les risques, ainsi que les attitudes traditionnelles concernant la participation des enfants dans les activités agricoles représentent les principales causes du travail des enfants dans l'agriculture. Une certaine participation des enfants à des activités non dangereuses peut être positive puisqu'elle favorise le transfert des compétences de génération en génération et la sécurité alimentaire des enfants, notamment dans les exploitations familiales, la pêche artisanale et l'élevage de bétail. Il est important de distinguer entre des tâches légères qui ne nuisent pas à l'enfant et le travail des enfants - qui interfère avec la scolarité obligatoire et qui peut mettre en danger la santé et le développement physique et mental de l'enfant - en fonction des heures et conditions de travail, de l'âge de l'enfant, des activités réalisées et des risques encourus.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Jeudi 10 Janvier 2019
"son patron lui a donné une petite parcelle de cacao" quelle générosité ! "donner" une terre occupée illégalement ! Qu'attend-on pour dégager cette bande de malhonnêtes ? On affirme être le premier producteur mondial de cacao, mais si c'est à ce prix (dégradation inacceptable de l'environnement, maltraitance des personnes et, au final, pauvreté ambiante), il vaut mieux y renoncer et envisager une démarche plus "durable", à commencer par cesser de fermer les yeux sur ce genre de situation et agir vigoureusement contre ses occupants illégaux et ceux qui trafiquent avec eux. Renvoyer les clandestins Burkinabè et les enfants-esclaves dans leur pays, et surtout sans autre indemnité qu'un billet de transport sans retour. Et punir sévèrement les initiateurs (premiers occupants clandestins) de ces situations et leurs complices, au nombre desquels les agents véreux censés protéger les espaces concernés.
Rédigé par: Vérité   le: Mercredi 9 Janvier 2019
L'esclavage a commencé dans nos communautés, entre nous noir d'Afrique ! Mieux, le faire disparaître de nos moeurs, ça sera sous la contrainte des occidentaux, ceux-là même qui ont eu des ancêtres esclavagistes ! Eux ils ont honte, nous la honte? Connait pas ! Exemple, nous avons des industries capables d'absorber le chômage en Côte d'Ivoire, mais c'est sans compter la pression et le racket de l'administration ivoirienne en général ! On ne peut pas embaucher tant la pression administrative ( blocage des documents, parafiscalité pour chaque signature, pour chaque document, de 2 à 6 signatures par document administratif avant de l'obtenir et paiement pour chaque signature, fiscalité galopante, contrainte morale de toute sorte, etc......) est forte ! Ce gouvernement nous démontre un RACKET MONUMENTAL et sans retenue ! L'explosion sociale malgré le taux de croissance a deux chiffre est imminent !!!!!!! DOMMAGE, parce que on croyait fort que la SOLUTION serait RÉELLE ! Vérité
Rédigé par: Vérité   le: Mercredi 9 Janvier 2019
L'esclavage a commencé dans nos communautés, entre nous noir d'Afrique ! Mieux, le faire disparaître de nos moeurs, ça sera sous la
Rédigé par: Dosso   le: Mercredi 9 Janvier 2019
Travail gratuit? Don de parcelle? Expliquez-moi.