Municipales 2018/Jacqueville: Des jeunes s'insurgent contre le convoyage des électeurs et menacent.
fratmat.info - Publié le: 09-10-2018 - Mise-à-jour le: 10-10-2018 - Auteur: Salif D. CHEICKNA
Municipales 2018/Jacqueville: Des jeunes s'insurgent contre le convoyage des électeurs et menacent.
Des jeunes de Jacqueville, la ville des « 3A » (Alladjan, Avikam, Ahizi) venus des 42 villages de la localité ont annoncé, ce mardi 9 octobre 2018, à Avagou, qu'ils interdiront l'accès de leur cité aux électeurs convoyés d'ailleurs dans le cadre des municipales du 13 octobre 2018.

Ils se sont insurgés contre des politiciens de leur région adeptes de cette pratique qui constitue un frein au développement des villages de Jacqueville.
Nevry Jean Noël, porte-parole de ces jeunes a donc dénoncé cette pratique. « Nous ne voulons pas que ce convoyage d'électeurs influe sur le  choix du premier magistrat de notre commune », a-t-il martelé. Avant de s'interroger: « Qui mieux que les populations de Jacqueville doit décider de l'avenir de leur commune ». Ces élections  municipales constituent un « moment essentiel » pour le peuple de donner son avis sur la gestion de ceux qui ont eu à gérer leur commune quitte à les reconduire ou à les sanctionner. Pour cela, ils n'admettront pas que des électeurs convoyés d'Abidjan viennent perturber leur décision à l'heure du bilan.

Si l'ancien découpage incluait sept (7) villages dans le territoire de la commune, cela est passé aujourd'hui à 42 villages de N'Djem à Craffi.

Selon M. Nevry, ce sont les candidats qui étaient informés de ce découpage qui ont procédé au convoyage des électeurs de Yopougon, d'Abobo, Adjamé. « A partir du vendredi 12 octobre, veille des élections municipales, nous allons procéder à des fouilles dans les cars, à l'entrée de notre ville, pour en extirper tous ces électeurs qui ne vivent pas dans notre commune », ont menacé les jeunes de Jacqueville. Aussi ont-ils affirmé qu'ils ne seront pas comptables de ce qui adviendrait, si ces électeurs convoyés s'entêtaient à venir dans la cité des 3A.

Salif D. CHEICKNA
Rédigé par: Baruni   le: Mercredi 10 Octobre 2018
Tout cela nous démontre que nous avons besoin de réfléchir encore pour trouver un mode électoral propre à nous et qui sera respecté par nous. Le fait de convoyer des électeurs est un indice que les Africains ne s'approprient pas vraiment les procédés électoraux inspirés de l'Occident, ils s'amusent juste avec. L'imitation servile ne sert jamais et il est inutile de se dire qu'il faut exceller dans l'imitation de l'Occident pour enfin parvenir à la démocratie. Ce qu'il faut, c'est mobiliser les méninges africaines pour trouver des Solutions africaines que les candidats respecteront forcément. Je sais que certains me diront qu'il est inutile de chercher und voie africaine, car elle n'existe pas. Mais combien de fois a-t-on essayé, rééssayé, expérimenté et réexpérimenté des voies électorales africaines? Combien de fois a-t-on sollicité et mobilisé la créativité des populations (pas seulement des soit-disant intellectuels ou juristes) pour sortir des solutions novatrices et vraiment efficaces?