Côte d'Ivoire : RHDP « unifié », bonne gouvernance, croissance inclusive, taux d'endettement : Amadou Gon Coulibaly se défend face à la presse
lebanco.net - Publié le: 17-09-2018 - Mise-à-jour le: 17-09-2018 - Auteur: Larissa Gbaguidi
Côte d'Ivoire : RHDP « unifié », bonne gouvernance, croissance inclusive, taux d'endettement : Amadou Gon Coulibaly se défend face à la presse
Le premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly  était face à la presse ce lundi 17 septembre 2018 et a abordé des questions politiques, la bonne gouvernance, la croissance économique et le taux d'endettement de la Côte d'Ivoire.
La question du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP)  « unifié » (coalition au pouvoir) a été soulevée d'abord par le chef du gouvernement qui a estimé que la place du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), de l'ancien président Henri Konan Bédié,  se trouvait au sein du RHDP. « Il peut y avoir des écueils par moment mais nous ne pouvons pas nous détourner de l'essentiel », a-t-il signifié.
Il a pour cela rappelé qu'en 2015, un pas supplémentaire  avait été franchi en organisant un groupement politique dont les statuts avaient été déposés au ministère de l'Intérieur. « Ce groupement avait pour mission de promouvoir les idéaux du président Félix Houphouët Boigny, aller à toutes les élections en RHDP et créer un parti unifié. C'est dans cette droite ligne que le parti unifié a été mis sur pied », a ajouté Amadou Gon Coulibaly.
Pour ce qui est de l'intimidation dont feraient l'objet des cadres PDCI, le premier ministre a marqué son étonnement. Il a signalé la présence sur la liste de Commission Electorale Indépendante (Cei) de candidats PDCI-RHDP, RHDP et autres. Toute chose qui traduit, selon lui, la diversité et la liberté de chacun à aller dans sa direction. « Il n'y a aucune pression à choisir librement sa place », a-t-il lancé.
Sera-t-il candidat à la présidentielle de 2020 ? Une question sur  laquelle, le premier ministre a botté en touche, tout en signalant que pour l'instant il travaillait à la mise en ouvre des dossiers qui lui ont été confiés.
En ce qui concerne le rapport international qui dépeint la mauvaise répartition de la croissance au sein des populations, le premier ministre a estimé qu'il y a eu une mauvaise interprétation. Pour lui,  il y a eu des progrès mais pas suffisants. Amadou Gon Coulibaly a d'ailleurs annoncé que des réflexions sont menées pour réduire les charges sociales au quotidien.
Autre point au menu de cette conférence de presse, la Couverture maladie universelle (Cmu). Amadou Gon Coulibaly a précisé qu'après la phase pilote,  qui concernait les étudiants, à présent c'est la phase de la généralisation qui est sur la table de la réflexion.
Les récentes tensions liées au projet de construction du 4ème pont ont été aussi évoquées. Et concernant, la question de l'indemnisation des populations impactées, le premier ministre a rappelé qu'une enveloppe de 30 milliards fcfa a été décaissée.  Amadou Gon Coulibaly ajoute à cela que, les locataires de logement dans la zone d'impact percevront quatre mois de loyers pour leur permettre de se reloger. Pour les propriétaires, une évaluation de leur bâtisse se fera pour l'estimation de leur indemnisation. « La liste des personnes à indemniser est déjà disponible ainsi que les ressources nécessaires. Le processus est donc en cours », a précisé le premier ministre. Autre précision, tout le village d'Adjamé village n'est pas concerné, seule une partie est touchée par l'opération de déguerpissement. Et Amadou Gon Coulibaly de préciser que les  personnes ne quitteront qu'après avoir reçu l'indemnisation.
Enfin l'autre point d'intérêt était le taux d'endettement de la Côte d'Ivoire qui selon le premier ministre est estimé jusqu'à fin 2018 à 42,7%, alors que la norme communautaire est de 70%. Le chef du gouvernement explique que « s'endetter pour réaliser un projet pour le bien-être des populations est une bonne chose. C'est s'endetter pour ne rien poser comme acte positif qui est à décrier ».
Larissa Gbaguidi
 
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 18 Septembre 2018
La forte croissance n'est pas une fin en soi, surtout quand cette croissance n'est pas inclusive. Le principe de la "croissance inclusive" est fondé sur l'idée selon laquelle la croissance économique est importante, mais pas suffisante pour générer une augmentation durable du bien-être, qui suppose un partage équitable des fruits de la croissance entre individus et groupes sociaux. En effet, la croissance ne vaut que si ses fruits sont doux et sucrés pour tout le monde (individus et groupes sociaux),- quels que soient leur sexe, leur origine ethnique, leur âge ou leur statut social - . Il y a problème lorsque les fruits de la croissance sont seulement doux pour une infime minorité, mais sont très amers pour l'immense majorité. C'est cela le paradoxe de la croissance ivoirienne.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mardi 18 Septembre 2018
Le titre est significatif : si le grand Gon se défend, c'est sans doute qu'il a mal fait et que son bilan est attaquable.