En Côte d'Ivoire, les PME françaises face au défi de la concurrence
AFP - Publié le: 11-06-2018 - Mise-à-jour le: 11-06-2018 - Auteur: AFP
En Côte d'Ivoire, les PME françaises face au défi de la concurrence
Autrefois chasse gardée des entreprises françaises, la Côte d'Ivoire constitue désormais un terrain de prédilection pour des acteurs venus de tous les horizons. Un environnement très concurrentiel dans lequel les PME tricolores tentent de se frayer un chemin.
Franck Bernage, directeur de Solea, une PME spécialisée en ingénierie industrielle, sillonne l'Afrique depuis 23 ans. « Il y a 15 ans, lorsqu'il y avait un appel d'offres, les Français voulaient tout rafler », raconte-t-il. « Aujourd'hui, on prend notre part ».
Avec un taux de croissance insolent de près de 8% depuis 2012, une population de 23 millions de personnes qui a besoin d'être équipée, et une relative stabilité politique, il n'y a rien d'étonnant à ce que le pays, locomotive en Afrique de l'Ouest, attise les convoitises.
Depuis quelques années, il suscite l'intérêt « de la Chine, la Turquie, le Maroc, l'Italie ou encore l'Espagne », soulignait la semaine dernière Gérald Petit, directeur Afrique de l'ouest pour l'agence publique Business France, devant une délégation de PME accompagnée par Bpifrance et la Société Générale pour prospecter à Abidjan.
Premier producteur mondial de cacao, le pays a lancé de nombreux projets d'infrastructures dans les transports, l'électrification du pays ou encore les bâtiments, suscitant l'intérêt des entreprises étrangères.
Une donne avec laquelle les sociétés françaises, historiquement présentes sur le territoire, doivent composer. Aujourd'hui, elles sont 700 à être implantées dans le pays, dont 120 filiales de grands groupes, comme Total, EDF ou Engie.
L'Hexagone, qui a exporté en 2017 pour 1,2 milliard d'euros de marchandises vers la Côte d'Ivoire, y a perdu « beaucoup de parts de marché », indique Soizic Merdrignac, fondatrice du cabinet de conseil Smart Metrix, basé à Abidjan. Pour preuve, en 2016, la Chine est devenu le premier fournisseur du pays, avec 17,9% de parts de marché, devant la France, qui en revendique 12,9%, selon des chiffres du Trésor français.
- Les PME africaines en plein essor -
 
Sur ce marché très concurrentiel, la bataille est d'autant plus rude pour les petites et moyennes entreprises qui tentent d'y faire une percée. « Le lien culturel avec le pays » joue encore un peu pour les sociétés tricolores, « mais de moins en moins », juge Franck Bernage.
« Avant, les Chinois étaient sur les très grands projets. Maintenant, ils sont même sur les petits », explique de son côté Christophe Debendere, président de Flipo-Richir, une société de 65 personnes spécialisée dans le domaine de l'énergie, des systèmes électriques et des automatismes, qui ouvre une filiale en Guinée et fait de la prospection en Côte d'Ivoire.
Autre source de concurrence, les PME africaines elles-mêmes: on assiste au « développement d'une vraie classe d'entrepreneurs » sur le continent, note Alexandre Maymat, responsable Afrique pour la Société générale.
Dans ce contexte, plusieurs défis se présentent aux PME françaises. Tout d'abord, se faire connaître: il faut « être présent », conseille Soizic Merdrignac, tout en reconnaissant qu'il s'agit pour de petites sociétés d'un « investissement à moyen et long terme conséquent ».
« Comme on ne peut pas se permettre d'avoir une filiale, nous devons trouver un représentant » qui ait le bon réseau, dans un pays où l'appartenance ethnique notamment est importante, témoigne Raoul Garcia, responsable du développement commercial d'AIT-Stein Group, un groupe industriel de 220 personnes présent sur le marché de la récupération d'énergie. Car « le plus important est d'être visible, connu », explique-t-il.
Lorsque cela est possible, les PME doivent aussi s'associer aux grandes entreprises sur les gros appels d'offre. Enfin, elles doivent apprendre à faire la différence, par rapport à leur homologues étrangères mais aussi aux grandes entreprises françaises quand elles sont concurrentes sur une offre. Il faut « être agile, créatif et rapide », estime Christophe Debendere.
Les Français peuvent aussi faire valoir leur approche différente des affaires, observe-t-il, s'appuyant sur son expérience en Guinée, où il a décidé de miser sur le « transfert de compétences » en mettant en relation une école d'ingénieurs de Conakry avec un IUT en France, pour former ses employés de demain.
 
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mardi 12 Juin 2018
La situation de la CI ressemble à ces bulles spéculatives qu'on voit apparaître de temps à autre sur les marchés financiers, et dont l'éclatement fait à chaque fois des ravages (bulle Internet en 2000, crise des subprimes, etc...). Quand les investisseurs se rendront compte de la réalité de la CI, ça va aussi éclater et éclabousser partout.
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 12 Juin 2018
En clair, l'Afrique n'est pas seulement riche de son sous-sol. L'augmentation du pouvoir d'achat, l'émergence d'une classe moyenne font d'un certains nombre de pays des marchés potentiellement très attractifs pour les entreprises du monde entier. Le Nigéria et le Kenya ne comptent-ils pas respectivement 162 et 200 millions d'habitants ? " Les couches moyennes atteindront dans les prochaines années entre 300 et 500 millions de consommateurs ", estime le rapport rédigé par Hubert Védrine, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin. Les entreprises n'ayant pas attendu les prédictions des uns et des autres pour détecter les opportunités de marché, la concurrence fait déjà rage sur le continent africain, en particulier dans les pays en avance économiquement comme l'Afrique du sud, la première économie du continent africain représentant 25 % du PIB subsaharien, le Kenya et le Nigéria, la CI ont affiché de forts taux de croissance du PIB ...