Côte d'Ivoire-Hygiène intime à partir de produits « secrets » traditionnels : Attention danger !
lebanco.net - Publié le: 14-05-2018 - Mise-à-jour le: 14-05-2018 - Auteur: Larissa Gbaguidi
Côte d'Ivoire-Hygiène intime à partir de produits « secrets » traditionnels : Attention danger !
Les problèmes de santé intime poussent de plus en plus de femmes à se tourner vers les commerçantes des marchés pour un mieux-être.  Les mérites de ces décoctions de feuilles et autres produits sont tellement vantés par les utilisatrices qui ignorent bien souvent leurs compositions. Zoom sur ce marché florissant et les dangers qu'encourent ces femmes.
Les femmes sont de plus en plus sujettes à ces maladies intimes qui, bien souvent sont provoquées par « leur propre ignorance ».  Facilement manipulables, elles tombent vite dans les filets de ces publicités faites sur les marchés et les réseaux sociaux simplement pour des problèmes intimes : mauvaise hygiène intime, fibromes, l'élargissement de l'intimité après l'accouchement ou tout simplement donner du piment aux relations. Des problèmes qui les poussent à utiliser toutes sortes de décoctions et autres produits dont elles ignorent la composition.  Le hic, c'est que ces produits et autres sont souvent utilisés pour des toilettes et insertions intimes. Et les spécialistes plus précisément les gynécologues se plaignent de plus en plus de  « l'utilisation risqué de ces produits qui peuvent créer de graves incidents sur la santé ».
Marché florissant
Si la beauté physique de  la femme est le  facteur qui attire dans un premier temps tout homme  dans le choix de sa conquête, il n'en demeure pas moins que l'hygiène intime joue un plus grand rôle. Nombreux sont les hommes qui après quelques temps se lassent de leurs conjointes pour des problèmes liés à l'intimité. Mauvaise hygiène intime, perte de la  jeunesse intime après un (des) accouchement (s). Les problèmes hygiéniques ou intimes chez les femmes, causent généralement pas mal de problèmes au sein des couples. Si certains hommes essaient plus ou moins de comprendre leurs moitiés et les encouragent dans la recherche de solutions. D'autres par contre, n'hésitent pas à tourner le dos quand ce genre de problème se signale oubliant souvent qu'ils sont bel et bien la cause de ces changements morphologiques. Des affairistes ont vite fait de trouver des solutions en mettant sur le marché des « produits miracles » dont les « secrets » sont vantés à tout point de rue.
 Si vous êtes une dame, impossible de circuler dans un marché de la capitale économique sans être apostrophé par ces commerçantes spécialisées dans la vente de produits censés redonner une jeunesse intime ou une agréable senteur à la femme.  Au marché Cocovico d'Angré, le local d'une vieille dame spécialisée dans la vente de ces produits ne désemplit pas. Elles sont nombreuses, ces jeunes filles, dames et femmes aux foyers à se disputer ces produits qui en manquent bien souvent.
Curieuse que nous sommes, nous ne manquons pas  un beau jour de nous prêter au jeu en demandant conseils. Ce jour-là, c'est plutôt une jeune dame très accueillante qui nous a reçus. « Ici, nous avons des secrets qui viennent du Mali pour « sécuriser le foyer ». En insérant ce produit sous forme d'ovule, on retrouve toute sa jeunesse. Pour également avoir une odeur intime agréable, vous pouvez boire régulièrement une tisane de cette décoction de feuille ou faire la toilette avec. Vous viendrez, nous rendre témoignage», a garanti la dame.
Des produits aux compositions inconnues
Intriguée par l'absence de notice portant  la composition de ces mixtures, nous lui demandons si ces produits sont sans danger pour notre flore intime. La jeune dame nous rassure tout de suite, en nous présentant une fidèle cliente qui nous vante également les mérites de ces produits. Et à l'en croire, ces produits ne lui ont jamais causé de tords  du point de vue santé. A peine, tente-elle de nous convaincre que des « habituées » font leur entrée dans le local en réclamant leurs commandes. La rupture de stock des produits commandés par ces dernières les mirent dans une colère noire. Nous prenons congés d'elles en nous dirigeant vers une vendeuse ambulante de médicaments et autres. Nous lui demandons si c'est possible de se procurer avec elle,  des produits de ce genre. Par un large sourire, celle-ci acquiesce en nous proposant toujours des mixtures, feuilles et autres ovules. Nous prétextons d'insuffisance de ressources financières pour en acheter quand des « connaisseuses » marquent un arrêt à notre niveau pour lui redonner certainement le sourire. Mais il n'y a pas que ces commerçantes des marchés pour vanter les mérites de ces produits.
Ce commerce florissant s'est vite répandu sur les réseaux sociaux et plus précisément dans des groupes fermés. Dans un de ces groupes très adulés par la gent féminine, un nom se démarque particulièrement par la vente de ce type de produits. Là-bas, les  plus hésitantes sont vite amadouées par les témoignages et les commandes qui se font à longueur de journées.  Sur ce réseau, la commerçante virtuelle procède par commandes et confirmations en privé sur le réseau avant toute livraison. Elle n'hésite souvent pas à renvoyer les plus hésitantes au moteur de recherche Google pour prendre connaissance elles-mêmes des bienfaits de certains produits et feuilles connus. Pour ce qui est de ces compositions personnelles, la commerçantes donne quelques pistes sans les citer tous. Pour elle, c'est normale de donner la composition de certains produits en gardant le suspense sur d'autres. Un secret professionnel qui ne décourage pas sa clientèle qui semble à l'affût de ces publications sur ledit réseau en quête de nouveautés.
La mise en garde de spécialistes sur les dangers
Mais attention aux conséquences néfastes sur la santé des utilisatrices. Dr Deza Salomon, gynécologue au Centre hospitalier et universitaire (Chu) de Cocody  indique que l'utilisation de ces produits et autres décoctions est à proscrire. A l'en croire, la flore vaginale a un PH neutre qui peut être agressé par leur utilisation et la rendre plus vulnérable. En ce qui concerne l'intimité, il a précisé que la simple toilette à l'eau est la plus recommandé deux à trois fois par jour. Si la persistance de certaines odeurs les indispose, il a conseillé qu'elle se rende chez un spécialiste car cela pourrait être une infection. L'utilisation de produits pour le traitement de fibromes et autres pourrait créer, selon lui, des complications. Le spécialiste fait cas  d'une complication chez une dame qui a suscité une intervention chirurgicale. Pour lui, il est donc préférable de se rendre chez un spécialiste et suivre un traitement à moindre coût et façon progressive que de risquer sa vie et subir des interventions qui coûtent beaucoup plus cher.
Dr Deza Salomon conseille, par ailleurs, une bonne hygiène de vie aux femmes afin d'éviter tous ces problèmes. Il s'agit du port de dessous en coton, une toilette intime qui se fasse de l'avant vers l'arrière, le changement régulier de serviettes hygiénique et le port de vêtements pas trop serré. Pour lui, il est primordial pour des partenaires de faire aussi  des tests de VIH /sida pour éviter les risques. A l'en croire, le respect de ces recommandations évitera bon nombres de soucis intime chez les femmes.
Larissa Gbaguidi
 
Rédigé par: Nora Barnacle   le: Lundi 14 Mai 2018
L'utilisation de produits naturels : citron, huiles essentielles, bicarbonate...n'est pas du tout une bonne pratique pour le vagin: Les muqueuses du vagin sont très fragiles et ne peuvent pas recevoir le même traitement que la peau du visage. Il est donc présomptueux de penser que l'on peut utiliser des huiles essentielles ou des condiments que l'on trouve dans notre cuisine pour en prendre soin ou guérir certaines affections. « Les huiles essentielles ont de nombreux bienfaits, mais aucune étude scientifique n'a démontré une efficacité pour traiter les désagréments qui peuvent concerner le vagin. Leur usage, en général, est déjà à prendre avec beaucoup de précautions. La plupart d'entre elles ne sont pas utilisables de n'importe quelle façon. » Quid du citron ? « À mon sens, il faut complètement l'oublier. Son PH est extrêmement acide, deux fois plus que celui de la flore vaginale, il risque donc de totalement la déstabiliser. De plus, il peut entraîner des brûlures et des picotements sur cette zone sensible »
Rédigé par: Salimata Ba   le: Lundi 14 Mai 2018
Le port d'un protège-slip au quotidien est aussi une mauvaise pratique pour la bonne santé du vagin: Se laver le vagin ou utiliser quotidiennement des protège-slips à la moindre manifestation de pertes blanches (leucorrhées) ne sert à rien. « C'est physiologique, explique une sage-femme. Cela signifie que le vagin a une bonne lubrification, qu'il produit de bonnes sécrétions et qu'il est donc en bonne santé. » Et en période de règles ? On pense à changer son tampon toutes les 3h et on ne se fie pas à sa capacité d'absorption (plus ou moins élevée), qui ne signifie pas qu'on peut le garder plus longtemps. La nuit, on privilégie donc les serviettes hygiéniques et on évite de se « rafraîchir » avec des lingettes, trop abrasifs pour les muqueuses. Un peu d'eau suffit.En ce qui concerne les rapports sexuels, « il ne faut pas impérativement faire une toilette intime avant et après avec un produit lavant. Encore une fois, de l'eau fait l'affaire. La seule recommandation qui a du sens est d'uriner avant et après le rapport pour les femmes qui sont sujettes aux infections urinaires fréquentes »
Rédigé par: Maddoc Koyaka   le: Lundi 14 Mai 2018
Un autre faux truc dangereux pour le vagin de la femme: la détox du vagin ou v-steam: Après la détox alimentaire et la digital détox, place à la détox du vagin. Une pratique plébiscitée par des célébrités américaines comme Gwyneth Paltrow, et qui fait des émules chez les adeptes du retour au « tout naturel ». Les armes du crime ? Des bains de vapeur vaginale et des sachets d'herbes insérés dans le vagin. Le but : éliminer les toxines présentes dans nos vagins et utérus, mais aussi prévenir l'endométriose, atténuer la douleur des règles ou encore éviter les infections urinaires. Soyons clair, le vagin n'a pas besoin d'être détoxifié ! Étant donné que la nature est bien faite, il se nettoie seul et ce n'est pas une séance de hammam ou une tisane à base de plantes qui le fera se sentir mieux. « La détox est une tendance en vogue, mais elle n'est pas applicable à la toilette intime », précise Isabelle Derrendinger.
Rédigé par: Hendouda Ayache   le: Lundi 14 Mai 2018
En matière d'hygiène intime, certaines jouent aux apprenties sorcières. Détox du vagin, utilisation de citron. Tout est bon pour « assainir » leur vagin. Des pratiques de toilette intime aussi inutiles que dangereuses. Le point avec Isabelle Derrendinger, vice-présidente du Conseil de l'ordre des sages-femmes en France. « Notre vagin n'est pas une caverne remplie de choses dangereuses qu'il faut à tout prix aseptiser. Il n'est pas sale naturellement », prévient Isabelle Derrendinger, vice-présidente du Conseil de l'ordre des sages-femmes et directrice de l'École de sages-femmes - Université de Nantes. La douche vaginale par exemple: Cette méthode de toilette intime consiste à opérer un nettoyage minutieux de l'intérieur du vagin à l'aide d'un pommeau de douche ou d'une poire de lavement et d'un produit lavant. Mauvaise idée. « La douche vaginale n'est pas du tout une pratique recommandée, explique Isabelle Derrendinger. Le vagin n'a pas du tout une flore stérile mais une flore bactérienne dont le PH est acide. Elle est colonisée par de bonnes bactéries, notamment des lactobacilles, qu'il faut respecter. Ils nous protègent d'un certain nombre d'agents dits pathogènes comme le candida albicans(responsable de l'apparition d'une mycose vaginale) par exemple. En le décapant, on déséquilibre cette flore.Au contraire, une détersion du vagin va favoriser la prolifération de mauvais germes, les infections et peut même avoir des conséquences à moyen ou long terme sur la fertilité des femmes. Elle n'a pas non plus un quelconque pouvoir contraceptif. Certaines femmes imaginent qu'en éliminant le sperme par ce type de pratique elle ne vont pas tomber enceinte : ce n'est pas une méthode de contraception ! Elle n'est d'aucun intérêt en dehors de situations très spécifiques, en post-opératoire par exemple, qui nécessitent une prescription médicale. »
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Lundi 14 Mai 2018
L'étude n'établit pas si les produits causaient les infections ou si les femmes utilisaient ces produits pour répondre à ces infections", explique la directrice de l'étude Kieran O'Doherty. Mais elle tient à préciser que "cependant, les résultats fournissent d'importantes preuves de fortes corrélations, qui nécessiteraient de plus amples recherches." "Il est possible que ces produits empêchent le développement des bonnes bactéries nécessaires à la lutte contre les infections", a expliqué le professeur O'Doherty, qui a aussi ajouté que de récentes recherches avaient aussi établi un lien entre les troubles de la flore vaginale avec d'autres troubles de santé plus graves comme le cancer du col de l'utérus, la baisse de la fécondité et certaines infections bactériennes et sexuellement transmissibles. A propos de tous ces produits d'hygiène intime, la directrice de l'étude canadienne a tenu à noter que "notre société perçoit l'appareil génital féminin comme sale (...) Ces produits sont perçus comme des besoins physiques plutôt qu'un choix. Or en réalité, il existe un risque potentiel pour la santé à utiliser de tels produits".
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Lundi 14 Mai 2018
Les produits utilisés par les femmes pour leur hygiène intime pourraient être plus néfastes qu'on ne l'imagine. C'est en tout cas ce qui ressort de nouvelles recherches canadiennes. Des chercheurs de l'Université de Guelph, (dans l'Ontario) ont suivi les habitudes de toilette intime de 1.435 Canadiennes, en notant le types de produits qu'elles utilisaient et à quelle fréquence elles souffraient de troubles médicaux dans cette région. Plus de 95% des femmes rapportaient utiliser au moins un produit dédié à la zone vaginale. Les produits les plus utilisés étaient les crèmes anti-démangeaisons, les lubrifiants et les lingettes intimes. L'étude a aussi montré, et ce pour la première fois, que les femmes qui utilisaient ces produits étaient trois fois plus susceptibles de développer une infection vaginale, même si dans certains cas, elles achetaient ces produits pour contrer les effets de telles infections. Il ressort aussi que certains produits étaient plus liés à certains troubles. Ainsi, les femmes qui recouraient à des gels désinfectants étaient huit fois plus susceptibles de développer une mycose vaginale et 20 fois plus susceptibles d'avoir une infection bactérienne, alors que celles qui se servaient de gels de toilette intime étaient 3,5 fois plus sensibles aux infections bactériennes et 2,5 fois plus susceptibles de souffrir d'une infection urinaire. Pour finir, les femmes qui se servaient de lubrifiant étaient 2,5 fois plus sensibles aux mycoses.