Les femmes camerounaises et la « cybermigration » maritale en France
Brice Arsène Mankou - Publié le: 07-12-2017 - Mise-à-jour le: 07-12-2017 - Auteur: Brice Arsène Mankou
Les femmes camerounaises et la « cybermigration » maritale en France
 Il y a la pauvreté. Au-delà, il y a la misère. Au-delà de la misère, il y a la clochardisation qui est comme la folie de la misère. » Patrick DECLERCK, Les naufragés.
Les technologies de l'information et de la communication (TIC) influencent considérablement les phénomènes migratoires du XXIe siècle. Internet et le téléphone portable contribuent à renforcer la thèse selon laquelle « le monde devient un village global » (McLuhan, 1967). Le développement des technologies et celui de la mondialisation cheminent ensemble depuis ces vingt dernières années (Laperche, 2008 ; Mankou, 2008). La vitesse de circulation de l'information, quel que soit son contenu, s'est accélérée. L'Afrique, à l'image des autres continents, est touchée par ces évolutions (Africultures,1999 ; Chéneau-Loquay, 2004). D'un point à l'autre de la planète, des interlocuteurs peuvent discuter et des capitaux se déplacent en temps réel. En revanche, la mobilité des individus est soumise à de multiples contraintes les conduisant à concevoir des stratégies de contournement. Outre l'évolution des technologies, nous assistons depuis quelques années à celle du phénomène migratoire. Alors que traditionnellement les migrations féminines s'inséraient dans des migrations familiales (en tant que mères ou épouses généralement), depuis ces trente dernières années, nombre de femmes des pays en développement migrent seules pour trouver un emploi et faire vivre leur famille restée au pays (Travail, genre et sociétés, 2008).
Dans cette perspective, les femmes africaines, conscientes des possibilités que leur offre la mondialisation, veulent exercer leur droit de migrer en tant que « cosmocitoyennes » (Mbonda, 2005). Cette forme de migration que nous avons nommée « cybermigration maritale » concerne aujourd'hui une Camerounaise sur trois, tant il est vrai qu'elle est devenue une stratégie échafaudée par les Camerounaises elles-mêmes pour échapper à la pauvreté qui touche près de la moitié des ménages camerounais. La cybermigration maritale, contrairement aux migrations que l'on peut qualifier de traditionnelles, passe d'abord par les routes virtuelles (Internet), pour ensuite emprunter les voies matérielles (routes, voies maritimes ou autres). Au Cameroun, pour la seule ville de Yaoundé, capitale politique et administrative du Cameroun, près de 500 cybercafés sont pris d'assaut tous les jours par des femmes « cherchant leur Blanc » sur la toile.
Nous nous intéressons à la cybermigration maritale en tant que dynamique migratoire économique et plus précisément à l'impact socioéconomique de ce nouveau phénomène de « migration mondialisée » qui, selon Achille Mbembe (2006), fait que « chaque nation [est? diasporique ».
4Nous présentons ici les premiers résultats de l'enquête que nous avons réalisée en 2008 à Yaoundé auprès des femmes camerounaises. La situation économique et sociale du Cameroun est marquée par la pauvreté, et la misère explique pour une large part la cybermigration maritale des Camerounaises vers la France. Il s'agit pour nous d'analyser le mode opératoire de cette cyberstratégie pour mieux comprendre ce phénomène. Qui sont ces femmes ? Quel est leur âge ? Leur origine sociale ? Ont-elles fait des études ? Quels rapports gardent-elles avec leur famille restée au Cameroun ?
Dans la première partie, nous ferons un état général de la situation économique du Cameroun dont l'extrême pauvreté contraint une large partie de ses habitants à migrer. Dans la deuxième partie, nous élaborerons la notion de cybermigration. Dans la troisième partie, nous présenterons les formes concrètes que revêtent les cyberstratégies des femmes camerounaises. Nous conclurons par la présentation des résultats préliminaires d'une enquête réalisée sur le terrain.

Pauvreté et migration au Cameroun

Situation socioéconomique du Cameroun

La pauvreté au Cameroun est une réalité socioéconomique qui touche les couches les plus vulnérables de ce pays, à savoir les femmes et les jeunes. Elle est beaucoup plus forte dans les zones rurales que dans les zones urbaines et dans ce contexte, émigrer devient pour les Camerounais pauvres un « acte rationnel » (Termote, 1993 ; Fambon, 2005 ; Bredeloup, 2008), en réponse au « un déséquilibre économique international ». Quelle que soit l'époque, l'immigration « a toujours été une relation inégalitaire entre un pays développé et un pays pauvre » (Centre national des liaisons des régies de quartiers, 2010). Au Cameroun, près de la moitié de la population est touchée par la pauvreté, soit 6,5 millions d'hommes, de femmes et d'enfants. À l'initiative des Pays pauvres très endettés (PPTE), le Cameroun est admis dans les institutions de Bretton Woods. Comme ses voisins d'Afrique centrale - le Congo, le Tchad, le Gabon, la République de Centrafrique -, il fait partie du cortège des pays les plus endettés de la planète. La pauvreté touche autant les villes que les zones rurales (Feumetio, 2007) et elle résulte d'un faible taux de croissance économique et d'un taux élevé de chômage (De Lame, 1999), signes d'une crise qui perdure. À Yaoundé, cette crise se traduit par une dégradation des mours et des niveaux de vie que viennent accentuer le chômage, les licenciements, la baisse de salaires, l'augmentation des prix d'achat, la déstabilisation des familles, la violence, l'insécurité chez les femmes, l'alcoolisme et la prostitution (Mengue, 2004). Les causes sont connues et multiples : une gestion désastreuse des ressources premières, une corruption généralisée et une mauvaise gouvernance sont autant de freins au développement économique et social de ce pays (Kamdem, 2008).
Pourtant, le Cameroun n'est pas dépourvu de ressources. Par exemple, ce pays produit du café, du cacao, de la banane, ainsi que du coton et du pétrole. Mais, à partir de 1986, le pays entame une longue phase de stagnation engendrée par des facteurs externes et internes (Feumetio, 2007) et qu'illustre la « stabilité » de l'Indice de développement humain (IDH) depuis 1975 (tableau 1). Le Cameroun se situe au 148e rang sur 177 pays (en 2003) et, selon l'indicateur de pauvreté humaine (IHP-1), au 47e rang sur 88 pays.
Tableau 1. Indice de développement humain (IDH)
Tableau 1. Indice de développement humain (IDH)
 
Source : CIA, World Facts Report, « Statistiques issues ».
Une définition sommaire de la pauvreté renvoie au manque de ressources disponibles pour vivre (Mossé, 1985). Cependant, elle comprend aussi deux dimensions complémentaires, d'ordre macrosociologique et microsociologique. La première fait intervenir des représentations collectives et l'élaboration des « catégories » de pauvres conçues par les différentes institutions sociales. La seconde porte sur le sens que donnent les populations pauvres à leurs expériences vécues, aux comportements qu'elles adoptent à l'égard de ceux qui les désignent comme telles (Paugam, 1996).

Féminisation de la pauvreté au Cameroun

  • 1 Selon l'ONU (2000), on trouve principalement des femmes parmi les 1,5 milliard de personnes qui viv (...)
  • 2 Même si le secteur primaire représente 60 % de la population active, le poids relatif de la populat (...)
La pauvreté se féminise au Cameroun (Guillemaut, 2008 ; Pujolle, 1995) comme ailleurs dans le monde1. Les femmes, en premier lieu celles qui vivent dans les principales villes2, sont prêtes à tout pour échapper à la pauvreté. Si la prostitution demeure un moyen de survie classique, la recherche d'un conjoint « blanc », grâce à Internet, devient l'une des nouvelles stratégies pour contourner la pauvreté et migrer ainsi en Europe dans l'espoir d'une vie meilleure.
  • 3 Les pratiques tontinières au Cameroun sont des formes d'épargne permettant aux femmes de ce pays de (...)
Dans les villes où se concentrent 51,4 % de la population camerounaise, la pauvreté touche principalement les quartiers périphériques. C'est notamment le cas des quartiers d'Essos, de Tsinga et de Mokolo à Yaoundé. Pour lutter efficacement contre la pauvreté, certaines femmes se livrent à des activités génératrices de revenus comme le commerce de proximité ou constituent des tontines3 (Gasse-Helliot, 2000). Pour d'autres, la survie passe par la migration et elles transforment le Web en véritables agences matrimoniales (Wamé, 2005).

Internet au Cameroun

Le Cameroun compte près de 40 000 utilisateurs d'Internet, dont 60 000 connexions directes (Wamé, 2005). On dénombre au moins 2 500 cybercafés, dont 500 dans la seule ville de Yaoundé, où nous avons mené nos enquêtes. Officiellement, Internet s'est implanté en 1996 dans les établissements universitaires et polytechniques de Yaoundé, qui assureront la gestion des serveurs. Cet outil, comme ailleurs, va bouleverser les modes de vie des Camerounais et devenir un média de prédilection tant sur le plan de la communication que sur celui de l'information (Vettraino-Soulard, 1998).
  • 4 Buea, ville du Cameroun, est considérée comme la capitale du sud-ouest de ce pays. Elle est située (...)
Les Camerounaises se rendent compte très tôt des avantages d'Internet et transforment le Web en « agences matrimoniales » (Wamé, 2005) : « Depuis que les jeunes filles camerounaises ont la tête dans les nuages, elles sont de jour, comme de nuit à la conquête de maris en Europe, grâce à Internet » (Nitcheu, 1999). « D'ailleurs, après les bistrots, bars, gargotes, en bref les débits de boissons, les cybercafés sont en train de devenir les seconds endroits les plus fréquentés par les Camerounaises, du moins à Douala, à Yaoundé et dans une certaine mesure à Buea4 » (Nitcheu, 1999 : 128), ce que nos enquêtes confirment, en plus de révéler l'ampleur grandissante du phénomène.
Cet usage d'Internet par les femmes préoccupe les pouvoirs publics au Cameroun, d'où l'opération lancée en 2009 par le ministère de la Condition féminine qui, en partenariat avec l'Institut africain de l'informatique (IAI), initiera, d'ici à 2012, 100 000 femmes aux TIC, en plus des 40 000 femmes déjà formées. Si Internet est source d'espoir, il est aussi source de déception.

Cybermigration : un essai de définition

La cybermigration maritale est une forme de migration économique légale qui privilégie les routes virtuelles qui passent par Internet et qui est la conséquence du durcissement des lois sur l'immigration. Les migrants, notamment les femmes, savent désormais que seuls le mariage ou les études constituent encore une solution légale pour s'installer temporairement ou définitivement dans certains pays de l'OCDE, dont la France.
La cybermigration maritale implique certes une dimension individuelle, puisque la femme est devant son écran d'ordinateur et devant sa décision de migrer, mais cette décision comporte aussi une dimension sociale et familiale dans la mesure où les retombées financières de cette décision serviront à entretenir la famille restée au pays. Or, la majeure partie des discussions sur la migration en Afrique néglige le rôle des femmes et présume que les mouvements migratoires des femmes accompagnent ceux des hommes. La femme migrante africaine d'aujourd'hui cherche à façonner son propre destin. En émigrant, notamment vers les pays industrialisés, elle veut assurer la survie de sa famille restée au pays. Mais, combien sont-elles?

« Cyberstratégies » des femmes camerounaises

Migrations féminines et cyberstratégies

Les migrations se féminisent. De plus en plus, les femmes migrent parce qu'elles souhaitent choisir leur destin et non parce qu'elles accompagnent leur père ou leur époux (Mfou'ou, 2005).
Tableau 2. Évolution des pourcentages des femmes parmi les émigrants d'Afrique subsaharienne vers les pays de l'OCDE, 1960-2000
Tableau 2. Évolution des pourcentages des femmes parmi les émigrants d'Afrique subsaharienne vers les pays de l'OCDE, 1960-2000
 
L'une des cyberstratégies les plus usuelles des femmes camerounaises, rappelons-le, est de parcourir la Toile pour « chercher un conjoint blanc », se marier et quitter le pays. Il s'agit d'afficher des annonces matrimoniales, qui comprennent une photographie et un court message du genre : « Jeune femme camerounaise sérieuse, cherche européen âge indifférent pour vie à deux et mariage. Annonce sérieuse. Aventurier, pervers s'abstenir. » Cette cyberstratégie apparaît comme une tentative de contournement de la pauvreté à l'instar des réseaux sociaux constitués, telles les tontines. Mais, les espoirs sont-ils fondés ?
18Nombre de gérants de cybercafés de Yaoundé que nous avons interrogés nous ont indiqué que certaines clientes ne parviennent pas forcément à « trouver un mari blanc » : « Toutes ces femmes que vous voyez ici n'iront pas toutes jusqu'au bout. Il y a un principe qui dit qu'il y a beaucoup d'appelées mais très peu d'élues. C'est comme une loterie. » L'opération « chercher son Blanc » commence par la recherche dans les différents sites de rencontre, nous confie Sandrine (38 ans) de Tsinga, un quartier de Yaoundé.
Une fois que l'on parcourt les sites de rencontre comme affection.org, Meetic, Kijii et bien d'autres. Ensuite, on procède par élimination au fur et à mesure. On peut aussi choisir de mettre sa photo avec une annonce et là, on est sûr d'avoir beaucoup de correspondants et de prétendants. (Jeanne, 40 ans, d'Ekounou, un quartier de Yaoundé).
La cybermigration maritale touche un nombre de plus en plus grand de femmes. Selon Adrienne Engono (2006), de l'Agence de presse panafricaine, ce phénomène est en passe de toucher même les femmes mariées : de plus en plus, elles sont attirées par l'Occident et quittent le foyer conjugal. Un soir au retour du travail, Collins se retrouve seul avec ses enfants, après avoir attendu vainement son épouse qui ne rentrait pas. Il se résout à communiquer avec les parents de sa femme et ses connaissances. Ce n'est qu'au cinquième jour qu'une voisine l'informera sur le ton de la raillerie que sa « chère épouse » est partie en Europe après un mariage contracté avec un Blanc.
20Les e-mariages touchent les femmes qui veulent changer leurs conditions de vie. Dans une large mesure des mariages mixtes, ils constituent une forme de réussite sociale, car l'Europe est toujours considérée à tort ou à raison comme l'Eldorado.

Enquête sur le terrain

  • 5 Koongo regroupe l'ancien royaume du Congo, qui partait du sud de l'Angola en passant par la Républi (...)
Nous partons du constat que les migrations féminines camerounaises actuelles ont pour point de départ le réseau Internet et que ce sont surtout les femmes pauvres des zones urbaines qui entreprennent cette démarche. Cette cybermigration économique obéit à deux logiques : une logique individuelle, c'est-à-dire la femme seule devant son écran d'ordinateur en train de chercher un conjoint blanc sur Internet, et une logique sociale, voire familiale. La cybermigrante s'inscrit dans une démarche de « don contre don » (Mauss, 2007), car elle souscrit à l'entretien matériel et financier de sa famille restée au pays qui l'aide à partir. Ces deux logiques se rejoignent, dans la mesure où le poids de la famille en Afrique est déterminant dans les relations sociales et que l'acte de migrer, ou de voyager, dans certaines cultures, constitue une forme de « réussite sociale ». Un proverbe des Koongo5 dit : Wa zeba, wa lenda, qui signifie « Celui qui a voyagé (migré) a réussi ».
La cybermigration maritale au Cameroun ne touche pas les hommes. Ceux-ci n'ont pas recours à Internet pour préparer leur migration, qui continue d'emprunter les routes terrestres, maritimes et aériennes. Ils partent et arrivent clandestinement, à la différence de la cybermigrante qui arrive dans son pays d'accueil en toute légalité puisque mariée avec un Européen.
Nous avons réalisé une série d'entretiens et d'observations directes dans les cybercafés, qui, parfois, se sont poursuivis dans les foyers. L'entretien semi-directif d'une durée de une heure trente à deux heures avait d'abord pour objet de cerner l'identité de la cybermigrante (âge, études, origine sociale, religion, etc.), puis les raisons qui la conduisaient à « chercher un Blanc par Internet ». Les Camerounaises interrogées étaient essentiellement des célibataires, des divorcées, voire des veuves qui avaient un projet migratoire.
Trois parties composaient notre questionnaire :
  • la première portait sur l'âge des enquêtées et leurs motivations ;
  • la deuxième mettait l'accent sur leurs différences sociales et professionnelles, leur degré d'instruction et leurs connaissances en informatique ;
  • la dernière portait sur l'origine géographique et sociale des enquêtées, la situation matrimoniale et la religion pratiquée.
Pour réaliser cette étude, nous avons effectué en 2008 deux voyages de huit mois à Yaoundé et dans les principales villes du Cameroun, où nous avons enquêté sur les femmes qui fréquentent les cybercafés.
Grâce à la coopération de certains gérants de cybercafés (qui ont expliqué aux femmes le sens de notre démarche), nous avons pu établir un climat de confiance et interroger 300 femmes venant des différents quartiers de Yaoundé et qui, toutes, ont trouvé un « conjoint blanc » sur Internet. Le choix des enquêtées s'est fait au hasard des rencontres dans les cybercafés.

Présentation des premiers résultats

  • Au Cameroun, les filles-mères représentent environ un tiers de la population féminine.
Les deux tiers des cybermigrantes se retrouvent dans la tranche d'âge de 25 à 45 ans. La tranche des 15 à 20 ans regroupe des étudiantes (collège, lycée) pour la plupart. Quant aux femmes de 61 ans ou plus, elles sont pour la plupart veuves ou divorcées avec de grands enfants et certaines d'entre elles affirment ne pas croire trouver des maris sur Internet. Beaucoup parmi les femmes de la tranche d'âge de 21 à 24 ans ont quitté les études, ont la charge d'un premier enfant et sont entrées dans la vie active sans réelles perspectives d'avenir. Ce groupe se compose de plusieurs filles-mères6 pour la plupart « déclassées » et qui estiment que leur réussite sociale passe par la cybermigration maritale.
Tableau 3. Répartition par tranche d'âge des femmes interviewées
Tableau 3. Répartition par tranche d'âge des femmes interviewées
 
professions libérales, le secteur primaire (agriculture, élevage, etc.), le secteur secondaire (bâtiments, travaux publics) et « sans profession ».
Tableau 4. Catégorie sociale des femmes interviewées
Tableau 4. Catégorie sociale des femmes interviewées
 
La très grande majorité des femmes qui recherchent un « conjoint blanc » sont sans profession (83,3 %) contre 5 % de cadres ou exerçant une profession libérale. Le deuxième groupe en importance est celui des femmes aux études (10 %) qui considèrent que leur degré d'instruction leur permettra de trouver un conjoint blanc.
30Les femmes qui recherchent « un conjoint blanc » ont des études secondaires plutôt que des études universitaires. Celles-ci estiment pouvoir choisir plus tard leur conjoint en toute liberté alors que celles-là estiment qu'il est plus facile de trouver un Blanc que de faire de longues études dont le résultat est au demeurant aléatoire.
Tableau 5. Degré d'instruction des enquêtées
Tableau 5. Degré d'instruction des enquêtées
 
Tableau 6. Répartition des femmes interviewées par confession religieuse
Tableau 6. Répartition des femmes interviewées par confession religieuse
 
Au Cameroun, les musulmans font partie de l'ethnie haoussa originaire de la province du nord et de l'extrême nord du Cameroun, dans des villes comme Maroua et Garoua. La religion musulmane s'oppose à la « cybermigration » maritale et prône le mariage confessionnel. Les cybermigrantes sont très majoritairement des chrétiennes et des animistes. Les deux tiers des femmes qui cherchent un mari blanc sont des célibataires suivies de veuves (30 %).
Tableau 7. Situation matrimoniale des femmes interviewées
Tableau 7. Situation matrimoniale des femmes interviewées
 
En raison du choix de notre terrain, il n'est pas surprenant que presque toutes nos enquêtées soient originaires des quartiers urbains (99,3 %).
Tableau 8. Nombre et pourcentage des maris blancs selon l'origine recherchée par les femmes interviewées
Tableau 8. Nombre et pourcentage des maris blancs selon l'origine recherchée par les femmes interviewées
 

Conclusion

La cybermigration maritale des femmes camerounaises est l'une des formes contemporaines de la migration économique. Derrière la réalité de la misère et de la pauvreté des femmes camerounaises se cachent l'envie de s'en sortir, le goût de l'aventure et l'esprit de débrouillardise. Ces migrations, quoique matrimoniales, n'ont qu'un objectif : fuir la pauvreté pour accéder au mode de vie européen dont l'image est transmise par les médias (télévision, radio et Internet) et qui alimente une sorte d'imaginaire migratoire.
Les « migradevises », c'est-à-dire l'argent envoyé par les migrantes dans leur pays d'origine, ne servent plus à créer des entreprises, mais à entretenir les familles. D'elles dépend la sécurité sociale des familles restées au Cameroun. La cybermigration maritale est donc une forme d'aide économique pour l'entretien des familles et non pour subvenir aux besoins du pays. La cybermigration se rapproche du phénomène du « don » (Mauss, 2007). La recherche d'un mari sur Internet peut coûter jusqu'à 100 000 francs CFA (152 euros/mois), ce qui correspond au salaire d'un fonctionnaire. Pour s'acquitter de cette dépense, les familles soutiennent ces jeunes femmes qui, en contrepartie, « donnent » à leur famille, une fois arrivées en Europe.
Privées du soutien familial, certaines se cotisent ou encore « se débrouillent » comme elles peuvent, allant jusqu'à la prostitution, d'où le phénomène des « blackettes », c'est aussi la catégorie de ces cybermigrantes dont l'aventure s'est arrêtée.
Rédigé par: camerou niais   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Cameroun : quand la prostitution devient le plus gros employeur ! D'après des statistiques datant de 2006, 49% des jeunes femmes de 15 à 23 ans utilisent leur corps à des fins commerciales au Cameroun. En 2017, la situation est certainement pire. Avec la percée spectaculaire de la pauvreté et du chômage sous Biya, la prostitution est en train de devenir le plus gros employeur en milieu jeunes au Cameroun. Aussi, la prostitution est devenue au fil des années l'une des principales activités touristiques. Il est a noté que l'expérience camerounaise en matière de prostitution a traversé les seules frontières nationales et même africaines ; car selon le ministère français de l'Intérieur, les Camerounaises représentent 46% des prostituées africaines en France. Il est vrai que la prostitution est souvent présentée comme le plus vieux métier au monde ; cependant, les autorités camerounaises se doivent de combattre en urgence et avec la dernière énergie cette activité illicite et inhumaine qui risquerait de détourner la jeunesse du Cameroun des vrais défis qui l'interpellent.
Rédigé par: Mongo Kongossa   le: Vendredi 8 Décembre 2017
L'infidélité au Cameroun est-elle devenue un principe de vie ? La propension des Camerounais(es) à tromper leurs partenaires pourrait nous conduire à répondre par l'affirmative. "Mon premier bureau", "mon deuxième bureau", "mon bon gar", "ma titus", etc... Les expressions de ce genre sont récurrentes quand on écoute les Camerounais parler de leur vie sentimentale. En effet rares sont ces hommes et ces femmes qui avouent vivre une relation sincère et honnête. Chacun confesse son infidélité même si en face de son partenaire, il reconnaît jurer d'être un ange. A la question curieuse de savoir ce qui pourrait les amener à cette déviance morale et religieuse les réponses divergent : "les garçons m'ont déjà trop déçu et j'ai désormais décidé de ne plus faire confiance à un seul garçon", nous lance une étudiante à l'université de Douala. "Je voudrais être fidèle mais je fais face à des difficultés financières que mon partenaire ne peut résoudre. Alors que dois-je faire si n'est m'accrocher à un autre homme pour les moyens ?" nous confie Sandrine Tchouata, une commerçante. Les hommes également ne manquent pas d'arguments. "Je ne fais plus confiance aux femmes" avoue Hassan Yaya. Edouard Nyamboug un jeune cadre de banque de Yaoundé répond de façon ironique: "si chaque homme s'attachait à une seule femme, nombreuses resteraient sans mari car dans ce "dehors" camerounais, on dénombre plus de femmes que d'hommes". Le phénomène a aujourd'hui pris une ampleur telle qu'il ne se passe plus de semaine au Cameroun sans qu'une chaîne de télévision du pays ne fasse état d'une histoire d'infidélité qui à été mise à grand jour. Il y a deux ans un commandant de la gendarmerie nationale a abattu à coups de balles un inspecteur de police, présumé amant de sa femme. Plus récemment encore à Douala c'est une femme qui tabassait et deshabillait nue une autre, en plein carrefour, l'accusant d'être la "maîtresse" de son mari. C'est le "désordre" Camerounais du moment!
Rédigé par: Yondo Rouge   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Les Camerounais et les Camerounaises (qui sont tellement vantards)devraient avoir honte. Les hommes camerounais ne partagent pas leur bière, mais ils prostituent leurs femmes et leurs copines pour de l'argent. Oui, beaucoup de jeunes filles et femmes Camerounaises (en couple ou mariées) sont infidèles (mais on ne peut plus parler ici d'infidélité) car ces jeunes filles et ces femmes camers s'adonnent délibérément à la prostitution auprès d'hommes en Europe qui les "chosifient" (avec le consentement de leur mari camerounais) qui veut en profiter; et pour lesquels (ces hommes en Europe avec qui ells se prostituent), elles n'éprouvent souvent en réalité qu'une faible attirance physique, culturelle, ou même intellectuelle, voire pas du tout. Parce que, précisément, le fantasme de la vie meilleure et de l'argent facile en Europe qui les anime, a la vie dure au Cameroun. Vraiment,le Cameroun de Biya fabrique des monstres!
Rédigé par: Franklin Ndongbo   le: Vendredi 8 Décembre 2017
En tant que camerounais, je déclare que c'est le Cameroun (avec les femmes camerounaises) qui est le numéro un mondial de l'infidélité et d'adultère. Les hommes camerounais remplissent des bordereaux de retrait et jubilent lorsque madame, qui est partie depuis quelques semaines, communique, par téléphone portable, le montant de la somme d'argent transféré. Le téléphone portable le moins cher coûte 50 dollars au Cameroun. Ce scénario prend de l'ampleur dès le mois de juin, une période qui marque le début des vacances de fin d'année scolaire, mais qui coïncide également avec l'été en Europe. Aussi note-t-on, les week-ends, d'incessantes rotations dans les halls des aéroports de Yaoundé et Douala, les deux principales villes du Cameroun, où certains époux vont convoyer leurs femmes en partance pour l'Europe. Les destinations les plus prisées sont : Suisse, France, Luxembourg, Belgique, Italie, Allemagne, et Espagne. Depuis quelques années, les camerounaises vont "travailler" en Europe tout l'été, déclarent certains couples rencontrés à l'aéroport, pour subvenir aux besoins de leurs familles au Cameroun. Mais les femmes n'indiquent que très subtilement le genre de travail pour lequel elles font le voyage. Le séjour pour ce "travail" en Europe peut rapporter jusqu'à 20.000 dollars. Le salaire mensuel d'un fonctionnaire moyen au Cameroun de Biya est d'environ 196 dollars. "Je ne peux pas vous dire ce que je vais faire en France. Mais mon mari camerounais m'a dit que mes forms et mes fesses noires de camerounaise avaient de quoi faire rêver et qu'il fallait que j'en fasse profiter à la famille". Le proxénétisme des conjoints, pour ainsi dire, est entré dans les moeurs de certains Camerounais depuis que la crise économique, qui a sévi de 1986 à 1996, avait détruit les équilibres sociaux et professionnels(et surtout la morale) de plusieurs familles.
Rédigé par: Popaul NDONGBA   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Pour les camerounaises du Cameroun de Biya en faillite : «Tous les Blancs sont riches». Peu importe qu'un Blanc soit vieux, pervers, malade mental, handicapé, idiot, violent, cruel, pauvre et sale où n'importe quoi qui pourrait créer une répulsion. Pourvu qu'il soit Blanc. Pour les jeunes Camerounaises, sans honte ni pudeur, elles sont prêtes à tout pour avoir un morceau de cet eldorado européen véhiculé par la télévision. Pour s'installer en Europe, un seul sésame: le mariage. C'est plus complexe qu'il n'y paraît. En Suisse par exemple, il faut respecter une procédure pour que l'union soit valable et accorde le droit de résidence au conjoint étranger. Certains vont tenter de contourner les obstacles par tous les moyens, mariage forcé, prostitution et même esclavage sexuel.«Cherche Blanc à marier», c'est la devise des camerounaises. Honte au Cameroun ! Honte à Biya !
Rédigé par: Ebene Ebeng   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Dans leur quête du chéri blanc «La première chose à vérifier, pour les camerounaises, c'est qu'il vit bien en Europe et que ce n'est pas un Maghrébin caché sous un "Jean-Paul Dubois" explique-t-on dans les cybers de Yaoundé et Douala. Ensuite, que ce blanc est financièrement posé, pas trop de credits ou de dettes. Et après, sa santé mentale, c'est là qu'il faut faire attention. Beaucoup de Blancs sont pervers, ils veulent des Noires (camerounaises ou autres) pour assouvir leurs fantasmes les plus tordus, les menottes, la sodomie sans lubrification de l'anus de la noire défoncée par plusieurs hommes blancs , les partouzes avec une Noire livrée à plusieurs hommes blancs qui la baisent à plusieurs l'un dans le vagin et l'autre dans l'anus en meme temps, et en plus, ces blancs la fessent copieusement et ensuite la livrent aux animaux...» C'est cela, le Cameroun de Biya. ...
Rédigé par: Olfa Nieck Ntep   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Sous Biya, la misère des camerounais n'est pas seulement financière, elle est morale et psychologique. Le Cameroun bat tous les records en matière de prostitution en Europe (Italie, France...). Il y a des maris camerounais qui ferment les yeux sur la prostitution de leur femme et/ou de leur fille "qui se débrouillent" du moment que la fille (souvent encore mineure) et/ou la femme ramène(nt) de l'argent à la maison. Le Cameroun a même réussi à détrôner le Nigeria qui avait pourtant gardé la palme d'or pendant de nombreuses années. En France par exemple, les Camerounaises représentent 46% des prostituées africaines en France (selon le ministère français de l'Intérieur). Bien-entendu ces graves maux de la société camerounaise n'intéressent pas du tout les panafricanistes de service Onana, Beyala et autres "camers" aigris qui préfèrent pleurer les dictateurs déchus Gbagbo et Kadhafi ou bien insulter les ivoiriens qu'ils envient et jalousent ...
Rédigé par: Sylvie Ewong   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Quand elles en ont terminé avec les vieux chéris blancs, les «strip-teaseuses» du cyber du quartier de l'ambassade de France rejoignent au bistrot d'en face leurs petits copains camerounais, qui tuent la nuit en descendant des litres de bière. Les après-midi, cette gargote offre un point de vue privilégié sur les trottoirs où patientent en transpirant les couples mixtes convoqués au consulat de France pour leur mariage. Le spectacle de français âgés, obèses, handicapés, hébétés, maladies, qu'agrippent leurs petites fiancées camerounaises ­ «elles ont peur qu'on le leur vole !» ­ suscite mépris et agressivité. Outre les plaies du chômage, de la corruption, de la fermeture des frontières occidentales, les jeunes camerounais urbains de la classe moyenne voient leurs "gos" s'envoler en Europe ou leur préférer les Camerounais «lourds» ­ riches et vieux. «Coucher avec un Blanc, ce n'est rien, meme s'il vous sodomise brutalement, en plus d'exiger que sa camerounaise le suce aussi tous les jours» Au Cameroun, les Camerounais pensent faussement que lorsqu'une Camerounaise mariée couche avec un blanc qu'elle suce et qui la sodomise sauvagement, son mari camerounais ne peut pas considérer qu'elle l'a trompé. La morale occidentale n'est d'aucune utilité pour raconter ces histoires de mariages mixtes ou de baises inter-raciales, nouvelle forme de migration économique qui n'affecterait, à en croire la rumeur publique, pas plus les Camerounais que les Camerounaises. Celles-ci prendraient mari blanc comme leurs aînés embauchaient chez Peugeot il y a trente ans. L'important, «c'est de rentrer en vacances au Cameroun en venant de France couverte de Dior et de Chanel».
Rédigé par: Nathalie Nganga   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Les femmes Camerounaises intéressées par le marriage avec un blanc doivent jouer les désintéressées: «Je leur conseille d'exiger, en plus du mariage civil en Europe, Canada, Etats-Unis, le mariage religieux au Cameroun. Le style c'est : "Si tu veux m'arracher à ma famille, etc."» Les Camerounaises ont constaté que le Blanc «non pervers», celui qui cherche simplement une femme noire pour lui tenir compagnie, est plus difficile à ferrer qu'autrefois. «Beaucoup de Camerounaises se sont mal comportées. Elles ont caché qu'elles avaient des enfants, ont fait passer leur amant pour leur petit frère. Ils se méfient .» Et deviennent de plus en plus «chiches» (avares), plainte générale. «Ma soeur est tombée sur le petit Français étriqué. Il dit que les enfants africains n'ont pas à entretenir leurs parents. Elle doit lui voler l'argent dans son pantalon pour envoyer 20 euros par semaine», et se faire bien sodomiser par son blanc chaque fois qu'elle lui demande un peu d'argent. En plus de cela, elle doit le sucer tous les matins et il exige quelle avale toute son ejaculation...Bref, les maris blancs ne sont pas faciles...
Rédigé par: Chantal Yabi   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Ces Camerounaises de Yaoundé, Douala, Bafoussam...qui cherchent un mari blanc et un visa à travers les sites de rencontre en ligne risquent de se retrouver embarquées dans des réseaux de prostitution en Europe ou en Amérique du Nord.Dans le Cameroun de Biya gangrené par la pauvreté, ces Camerounaises espèrent «ferrer» un mari blanc et quitter enfin le Cameroun, pour une vie meilleure. Une immigration hasardeuse parfois encouragée par leurs propres parents.Sous le regard du président Biya scotché au mur, les camerounaises soulèvent leurs corsages, braquent les seins en direction de la petite caméra reliée à l'ordinateur. Vite fait, en silence, dans la lumière moite des néons. Quand l'employée de la cyberboutique, est là, elle aide les novices à se positionner : «Baisse un peu le pantalon pour sortir le string, cambre, voilà ils aiment comme ça.» Des insultes fusent en direction d'un client, ­18 ans maximum ­ qui se retourne sans cesse, choqué, ou fasciné. Passé 22 heures, les jeunes clientes de ce cyber situé dans le quartier de l'ambassade de France, à Yaoundé, capitale du Cameroun prennent toutes l'option webcam: le Blanc a une réputation d'obsédé sexuel, il s'agit de le ferrer. «Le Blanc dirige d'abord la conversation vers le sexe. Le blanc demande toujours notre position préférée pour baiser, si on est bi, si on acceptera qu'il baise aussi notre anus, et si on sucera bien sa pine? Est-ce qu'on avalera son sperme? Ça nous choque, ce n'est pas notre culture de commenter le sexe». Le mariage avec les Européens est devenu la voie la plus sûre et, pour beaucoup, la seule permettant de sortir du Cameroun, de «progresser» ...
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 7 Décembre 2017
Au Cameroun, le développement rapide et exponentiel des TIC a suscité un énorme espoir au sein de la population notamment auprès des couches dites « vulnérables ». Il s'agit de femmes camerounaises et de jeunes qui voient en ces technologies de l'information et de la communication (TIC), un moyen d'émigrer en Europe et en France en particulier. La « cybermigration maritale » est une parfaite illustration de la manière dont les Camerounaises, grâce aux TIC, construisent des « cyberstratégies migratoires » .« Chercher et trouver son blanc » sur la toile est devenu tellement banal que la cybermigration maritale semble être un véritable problème de société au Cameroun.