Appel d'un député à massacrer pour maintenir l'ordre en Guiné: Un élu ne devrait pas dire ça
Le pays - Publié le: 07-12-2017 - Mise-à-jour le: 07-12-2017 - Auteur: Outélé KEITA
Appel d'un député à massacrer pour maintenir  l'ordre en Guiné: Un élu ne devrait pas dire ça
 
Le lundi 4 décembre dernier, le ministre guinéen de l'Education nationale était devant les députés pour défendre son projet de budget pour l'année 2008. Et ce, dans un contexte national marqué par la grève des enseignants qui dure depuis trois semaines et qui a vu les élèves prendre le relais de leurs enseignants dans la rue, pour demander le retour de leurs formateurs dans les classes. Lors donc du passage du ministre à l'hémicycle, alors que du côté de l'opposition, des voix s'étaient élevées pour inviter le gouvernement à négocier avec les grévistes, un député de la majorité, sous le coup de la colère, n'est pas passé par quatre chemins pour demander à l'Etat de sévir durement contre les manifestants pour « rétablir à tout prix l'ordre public et l'autorité de l'Etatquitte à massacrer la population ». Et le comble est que cette réaction pour le moins surprenante de l'élu du peuple, a été applaudie par certains députés de la mouvance présidentielle. Toutefois,  des députés de l'opposition s'en sont indignés, allant jusqu'à demander à l'intervenant de retirer le mot « massacre ». Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce député et tous  ses collègues qui le soutiennent, semblent tombés sur la tête. Sinon, comment comprendre que pour des faits de grève et autres revendications syndicales, l'on demande à l'Etat de sévir de la sorte contre des citoyens, au motif que « la grève des enseignants est illégale » ? C'est à n'y rien comprendre ! En tout cas, quelle que soit la gravité de la faute des grévistes, ce n'est pas un discours à tenir, qui plus est, par un élu du peuple. Dans quel monde sommes-nous ? Comment un élu du peuple peut-il demander à l'Etat de massacrer le même peuple dont il est pourtant censé être l'émanation ? N'ayons pas peur des mots. La  sortie de ce député guinéen est, à tous points de vue, simplement malheureuse.
Le président Condé est interpellé
Un député ne devrait pas dire ça. Un député ne devrait pas tenir de tels propos, même en aparté, a fortiori au sein de la représentation nationale. C'est le monde à l'envers. C'est à se demander s'il est un élu du peuple ou plutôt un ennemi du peuple. Et dire que pour des propos aussi graves, il s'en est trouvé des gens au sein de ses pairs pour l'applaudir, on n'y comprend plus rien. Mais que voulez-vous ? On est en Afrique, où la politique a souvent ses raisons que la raison du citoyen lambda ignore. Et si ce député de la majorité a pu tenir de tels propos, c'est qu'il est convaincu d'être adossé à du roc. Comme tous ces tenants du pouvoir qui se croient souvent indéboulonnables jusqu'au jour où le peuple, excédé, se décide à leur montrer qui est le chef et le véritable détenteur du pouvoir. C'est pourquoi la réaction du président Condé est attendue. Le démocrate qu'il se veut, ne saurait tolérer de telles dérives verbales qui ne sont ni plus ni moins qu'une invite à la répression, au nom du rétablissement de l'ordre public. A défaut de le sanctionner pour l'exemple, on devrait au moins lui remonter proprement les brettelles. A moins que ses propos ne traduisent tout simplement  un certain état d'esprit chez les tenants du pouvoir en Guinée. Car, le constat est que ce pays, consciemment ou inconsciemment, a tendance à renvoyer l'image d'une cité où les manifestations de rue se terminent rarement sans effusion de sang. Et dans le cadre de ces manifestations du corps enseignant, l'on a encore déploré des pertes en vies humaines. Comme cet élève tué par balle le 20 novembre dernier à Dabompta, ou ces cinq autres personnes tuées par balles en février dernier à Conakry. Trop, c'est trop ! Le président Condé est donc interpellé. Car, le démocrate qu'il se réclame, devrait être gêné moralement et aux entournures par tous ces macchabées qui jonchent les rues de son pays, chaque fois qu'il y a des manifestations de rue. Un élu du peuple qui se retourne contre le peuple, il n'y a qu'au Gondwana que l'on peut voir ça. Il faut que ça change.
Outélé KEITA

 
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Vendredi 8 Décembre 2017
Voilà la politique africaine à visage découvert. Lui au moins il dit clairement les choses telles qu'il les conçoit, il ne pratique pas la langue de bois.
Rédigé par: Beugré Julien   le: Jeudi 7 Décembre 2017
Comment le mot "tuer" est devenu si facile à prononcer?
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Jeudi 7 Décembre 2017
L'autre question qui soulève les passions aux Etats-Unis est de savoir si les policiers tirent plus souvent sur des suspects noirs. Une évidence pour les portes-paroles de la communauté noire et leurs sympathisants, beaucoup moins pour les fonctionnaires accusés de crime raciste. Les statistiques ethniques n'étant pas interdites aux Etats-Unis, cette donnée est disponible dans les relevés. La communauté noire: 13% de la population mais 26% des victimes de la police La catégorie ethnique la plus représentée parmi les personnes abattues par la police est sans conteste celle des Blancs, avec un total de 279 sur les 566 fusillades mortelles. Cela n'est pas surprenant puisqu'il s'agit également de la catégorie de population dominante. Les Noirs sont les deuxièmes plus représentés de ce tragique podium, avec 136 victimes.
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 7 Décembre 2017
Aux Etats-Unis, trois personnes (noires) sont tuées chaque jour par un agent de police.Parce que les chiffres officiels ne sont pas fiables (aucune loi n'oblige les services de police de déclarer publiquement les cas), il n'est pas facile d'obtenir des chiffres fiables du nombre de personnes tombées sous les balles de la police. C'est pourquoi des collectifs de citoyens et de journalistes ont entrepris de pointer chaque altercation avec la police se terminant par un mort. Les données obtenues par ce système collaboratif sont ensuite vérifiées sur la base d'articles de presse. Nous utilisons ici le jeu de données exploité par le Guardian, qui croise les relevés de plusieurs sources, Fatal Encounters et Killed by Police. Cela donne au moins 566 personnes qui sont tombées sous les balles de la police en 2016 aux USA. Evidemment, chacun de ces événements, situations, villes, sont des cas à part. Pourtant déjà, les chiffres généraux sont spectaculaires: rien que sur l'année 2016, plus de 500 personnes sont tombées sous les balles de la police. Le phénomène couvre tout le territoire américain puisque tous les Etats sont concernés. Certaines zones sont particulièrement touchées, en particulier la région de Los Angeles. Il est impossible de juger ainsi la proportion de tirs justifiés et de tirs injustifiés, mais certains indicateurs, en plus du nombre conséquents de ces événements, laissent entendre que les policiers américains ont la gâchette facile. Le plus marquant est de savoir si la victime était armée ou non. Et si oui, de quelle arme. En 2016, sur les 566 personnes abattues par un agent de police, seules 274 étaient armées d'une arme à feu. Soit moins de la moitié. 84 avaient un couteau, et 25 une arme à feu non mortelle. A l'inverse, 82 ne portaient sur elles pas la moindre arme.