Editorial de Denis Kah Zion : Les 2 "NON" historiques du Président Ouattara
Nouveau Réveil - Publié le: 11-09-2017 - Mise-à-jour le: 11-09-2017 - Auteur: Denis Kah Zion
Editorial de Denis Kah Zion : Les 2
 
Le point focal et très attendu du troisième Congrès ordinaire du Rassemblement des Républicains (RDR) tenu dans la ferveur les 9 et 10 septembre derniers au parc des Sports de Treichville, aura été sans aucun doute la désignation du président de ce parti. Les dizaines de milliers de congressistes, de militants qui ont envahi Treichville et les millions d'Ivoiriens qui observaient de loin n'attendaient que de connaitre le "nouveau président du RDR" qui instruirait "le renouveau du RDR pour rassembler les Ivoiriens". Dans l'ensemble, ce congrès des plus attendus, aura tenu toutes les promesses, tant en mobilisation (extraordinaire) qu'en ambiance (bon enfant).qui ont régné deux jours durant. Ce Congrès aura aussi brillé par le discours très responsable, apaisé, apaisant  et très républicain du président Alassane Ouattara. Un discours de haute portée historique rythmé par deux "NON", non moins historiques, qui feront, inévitablement, tache d'huile dans les années à venir aussi bien en Côte d'Ivoire qu'en Afrique.  Deux "NON" qui s'inscrivent dans la logique du respect de la parole donnée. Signe des grands hommes
Le premier est le" NON", je ne serai plus président du RDR après 18 ans.
Alors que depuis des mois, lors des pré-congrès et à l'ouverture du congrès, des militants lui demandaient de reprendre la tête du RDR. On se rappelle que c'est le 1er août 1999 qu'il est devenu le président du RDR. Et c'est à ce titre qu'il participera à toutes les activités politiques jusqu'à son élection à la présidence de la République à l'issue du second tour de la présidentielle de 2010. Beaucoup pensaient ou espéraient (c'est selon) qu'en redevenant le président du RDR, Ouattara aurait toutes les cartes en main pour la présidence de la République. Mais, il n'a pas voulu suivre ces voix qui le réclamaient. Il s'est élevé au dessus de la vallée de la politique politicienne pour survoler la mêlée. Démontrant ainsi qu'il n'est pas omnibulé par le pouvoir, mais s'est donné une mission après l'accomplissement de laquelle, il entend se retirer, laissant la place à d'autres compétences. Car pour lui, 18 ans à la tête du RDR, c'est trop. 
Le second est le "NON", je ne serai plus président de la République, deux mandats, ça suffit". On se rappelle aussi combien était laborieuse son accession au pouvoir d'Etat. D'abord, candidat du RDR, il bénéficiera du soutien du PDCI-RDA, de l'UDPCI et du MFA, tous membres du RHDP mis sur pied le 20 mai 2005 à Paris pour la restauration de l'héritage d'Houphouët-Boigny par ses enfants à nouveau réunis. Malgré sa victoire dans les urnes, Ouattara et le RHDP buteront sur le refus des Réfondateur de leur céder le pouvoir. Ouattara, Bédié et les ténors du RHDP seront reclus et assiégés au Golf  hôtel pendant des mois par le régime de la réfondation. S'ensuivra une longue et meurtrière crise postélectorale. Il est effectivement installé le 12 mai 2011. Les quatre mois et demi de réclusion au Golf Hôtel ont plus que jamais soudé Bédié et Ouattara qui a promis des choses qu'il réalise aujourd'hui allègrement. A l'approche du Congrès, d'aucuns pensaient que Ouattara profiterait de celui-ci pour se positionner à briguer un autre mandat à la tête du pays. Mais, homme de parole, il rappelle à tous que ce qu'il a dit est plus que d'actualité. En effet, déjà en avril 2014, devant la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et devant un parterre d'Ivoiriens, réunis à la place Houphouët-Boigny de Guiglo, en réponse à des discours lui souhaitant un troisième mandat, pour travail bien fait, le Président Ouattara avait ouvertement dit qu'un troisième mandat ne faisait pas partie de son projet.
Aussi, au moment où après sa brillante réélection comme candidat unique du RHDP, il est à mis-parcours de son deuxième mandat à la tête du pays, il ne saurait se dédire. Surtout que, coïncidence, la même Ellen Johnson Sirleaf qui, après deux mandats, s'en va, venait de quitter Abidjan après un séjour de 48 heures. Chef de l'Etat dont la priorité est de faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent à l'horizon 2020, il ne rate aucune occasion pour rappeler qu'un autre mandat n'est dans son schéma. Même si la Constitution de novembre 2016 le permettait. Car pour lui, deux mandats, c'est largement suffisant. Lui qui, en arrivant de Washington, avec son épouse Dominique Ouattara, où il occupait la haute fonction de DGA du FMI, il n'avait jamais passé plus de dix ans à un même poste. C'est d'ailleurs dans ce sens qu'il a lancé à l'endroit des invités du Congrès du RDR que désormais en Afrique, on doit pouvoir accepter l'alternance au pouvoir. 
C'est l'expression du respect de la parole donnée qui caractérise les grands hommes respectables et respectés. Ouattara entend s'inscrire dans cette catégorie d'hommes références qui font fi des petits calculs pour ne se consacrer qu'à l'essentiel au bénéfice de leurs concitoyens. C'est une leçon qu'il donne à toute la classe politique ivoirienne et africaine. Une leçon à l'opposition ivoirienne d'aujourd'hui qui a entrainé le pays dans cette situation par son refus de l'alternance en 2010. Un appel au sein même de son parti, le RDR, à qui il dit, qu'au-delà de ses compétences reconnues de tous, il faut savoir prendre ses responsabilités devant l'histoire. Comme quoi, nul n'est irremplaçable. Un message fort à l'endroit de ses alliés du RHDP dont certains douteraient de sa sincérité. Il vient de leur démontrer sa détermination à tenir sa parole, il appartient désormais de l'écouter et de prendre en compte ses préoccupations. L'un dans l'autre, lui et son ainé Bédié se retrouvent et s'accordent sur ce qui est bien pour le RHDP et pour la Côte d'Ivoire entière. Notamment, la candidature unique pour le RHDP en 2020.
D'ailleurs, les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont déjà trouvé le ticket RHDP pour la présidentielle de 2020. Partant, le 3ème anniversaire de l'Appel de Daoukro va se transformer en une gigantesque tribune d'hommage à Bédié et à Ouattara pour leur vision politique qui met la Côte d'Ivoire à l'abri d'une autre crise sociopolitique. Mais encore plus à Ouattara qui vient de prendre une décision politique courageuse et osée. Tant que les enfants d'Houphouët-Boigny restent unis, le pays va de l'avant, renoue avec la paix et la stabilité, retrouve sa cohésion, sa puissance économique et son rayonnement. 
Denis KAH ZION
 
 
 
 
Rédigé par: ADO a dit il va donner au PDCI?   le: Mercredi 13 Septembre 2017
Le reveil sera très très penible pour le PDCI. Les engagements du RDR n'engagent pas Soro.
Rédigé par: EN VRAI VRAI   le: Mercredi 13 Septembre 2017
EH OUI, SANS OUATTARA ET LE RDR LE PDCI SEUL FACE A GBAGBO EN 2020 SERAIT COMME MAIS. PEUT ETRE MEME LE PDCI SERAIT ACTUELLEMENT EN LAMBEAUX.
Rédigé par: Loethiers mackan   le: Mardi 12 Septembre 2017
Pathétique. Pathétique. Dire moins serait hypocrite.
Rédigé par: Amani   le: Mardi 12 Septembre 2017
C'est l'avantage d'avoir une bonne carrière professionnelle avant d'arriver au sommet de l'Etat. Si Dieu lui donne longue vie, il passera une retraite tranquille à partir de 2020.
Rédigé par: Bonébo   le: Mardi 12 Septembre 2017
Et pourtant ! Et pourtant ! Il aurait si sage que le PDCI, oui le PDCI sous la houlette de son Président Henri Konan Bédié invite le Président Ado, prie le PRésident Ado d'accepter un troisième mandat pour plusieurs raisons dont celle de demander ainsi son Pardon à Ado pour toutes les méchancetés, des mensonges que le Pdci et Bédié ont fait subir à Ado. LA réconciliation, c'est aussi cela. Le respect de la parole donnée se nourrit de vérité et de la repentance... et de la reconnaissance. Quoiqu'on en dise, Ado est celui qui a permis au Pdci de se refaire, gbagbo ayant presque réussi à de réduire en mille pièces détachées.
Rédigé par: LION   le: Mardi 12 Septembre 2017
Le respect de la parole donnée fait les grands hommes. OUATARA reste et demeure cette ombre tutélaire pour cette Afrique des raisons résonnantes. des politiciens comme lui, on en cherchera toujours.