Contestation électorale au Kenya : L'histoire va-t-elle se répéter ?
Le pays - Publié le: 11-08-2017 - Mise-à-jour le: 11-08-2017 - Auteur: B.O
Contestation électorale au Kenya  : L'histoire va-t-elle se répéter ?
 
« Le plus dur est à venir ». Ainsi titrions-nous dans notre édition du mercredi 9 août dernier, soit au lendemain de la présidentielle kényane dont tout le monde s'accorde à dire qu'elle s'est déroulée sans couac ni anicroche. On ne pensait pas si bien dire puisqu'à peine la commission électorale a-t-elle annoncé les premières tendances, donnant le président sortant Uhuru Kenyatta vainqueur, que la tension est montée de plusieurs crans, tant et si fait que plusieurs macchabées ont déjà été laissés sur le carreau. L'histoire va-t-elle se répéter au Kenya où en 2007 comme en 2013, les élections avaient fait des milliers de morts et de nombreux déplacés ? C'est la question qui taraude actuellement tous les esprits. Car, en dépit des multiples appels au calme lancés par les observateurs de l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE), le Commonwealth et la Fondation Carter, la tension reste palpable. La coalition de l'opposition menée par Raïla Odinga n'entend pas « se laisser voler la victoire ». En effet, au cours d'une conférence de presse animée hier, 10 août, elle (coalition de l'opposition) a exigé de l'instance électorale qu'elle déclare vainqueur Raïla Odinga, estimant, chiffres en main, que de sources émanant de l'IEBC, c'est son candidat qui vient en tête avec 8 millions de voix contre 7,75 millions pour Uhuru Kenyatta. Va-t-on vers une nouvelle escalade de la violence ? En tout cas, tout le monde retient son souffle. Sans doute l'ex-président américain, Barack Obama dont le géniteur est kényan d'origine, doit-il en avoir gros sur le cour ; lui qui, à la veille du scrutin, avaient appelé toute la classe politique kényane au calme et à la retenue.
 
L'image que les Africains donnent à voir au lendemain des élections, est simplement déplorable
 
Cela dit, ce vendredi est celui de tous les dangers, puisque la Commission électorale a promis de dévoiler le nom du vainqueur, à l'issue de la compilation des résultats complets de toutes les circonscriptions du pays. Va-t-il pleuvoir du feu sur Nairobi ? On attend de voir, puisque les partisans du candidat de l'opposition disent n'attendre qu'un mot d'ordre de leur mentor pour descendre dans la rue, avec tout ce que cela comporte comme risques de dérapages. Oh pauvre Afrique ! A chaque élection suffit sa violence. C'est le cas du Burundi où de nombreux innocents ont été injustement envoyés ad patres, du fait de la boulimie du pouvoir de Pierre Nkurunziza. Que dire du Congo Brazzaville où depuis la réélection de Denis Sassou Nguesso, la région du Pool est devenue presqu'une nécropole à ciel ouvert ? On oublie volontiers le chaudron kinois où Joseph Kabila semble prêt à tout pour conserver son pouvoir, fût-ce au prix du sang de ses compatriotes. On peut multiplier les exemples, tant l'image que les Africains donnent à voir au lendemain des élections, est tout simplement déplorable. Qui ne se rappelle pas le spectacle hideux et affreux auquel s'étaient aussi offert les Ivoiriens et les Guinéens en 2010, allant jusqu'à mettre à mal l'unité nationale ? En tout cas, osons espérer que cette fois-ci, la sagesse finira par habiter les Kényans et que les uns et les autres arriveront à surpasser leurs ego surdimensionnés, dans l'intérêt supérieur du peuple.
 
B.O

 
Rédigé par: Hubert Guehimery   le: Vendredi 11 Août 2017
Les opposants kenyans crient à tu-tête: "No Odinga,no peace!..."...ça rappelle un slogan des mercenaires libériens de Gbagbo en 2010: " No Gbagbo, no Côte d'Ivoire!...". Le Kenya est pour l'Afrique de l'Est,ce qu'est la Côte d'Ivoire pour l'Afrique de l'Ouest!...deux pays jumeaux,avec leurs similitudes,sur le plan politique économique et social!...
Rédigé par: Bonébo   le: Vendredi 11 Août 2017
En 2000, gbagbo a hurlé qu'on lui avait volé sa victoire. En vérité, c'est lui a volé la victoire de Guéï. Il a voulu récidiver en 2010 mais Dieu l'a lâché, ou du moins le vrai Dieu (vu le nombre de religieux visionnaires qui avaient prédit le trône à gbagbo pour une éternité!). Autrement dit, comment l'opposition kenyane a pu collecter toutes ces données avant l'institution attitrée. Ce fut exactement pareil en 2000. En moins de 6 heures après la fermeture des bureaux de vote, le fpi avait affirmé disposer des chiffres de ts les bureaux de vote. Si l'opposition a des solutions aussi efficaces et sûrement moins coûteuses, pourquoi ne pas les exposer pour que les élections dans nos pays soient les moins chères possibles. Et curieusement, l'opposition n'a jamais revendiqué sa défaite !!!
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 11 Août 2017
Il n'est jamais agréable de perdre une élection, mais certains en Afrique ont mis un soin tout particulier à manquer de la classe la plus élémentaire. Les contextes politiques togolais, gabonais et béninois ou Kenyans ne sont pas certes les mêmes, mais il est grand temps que les opposants d'Afrique nettoient également les erreurs qui figurent sur leurs copies. Pour être davantage crédibles aux yeux du monde. Après de longues années de dictature au Togo et au Gabon par exemple, difficile de faire croire aux Africains que Togolais et Gabonais ne souhaitent pas des alternances politiques fiables sur leurs terres natales. L'Afrique n'engendre pas que des élections truquées, des mauvais perdants et des opposants outragés. Les scrutins apaisés, les opposants responsables et les présidents courageux se doivent de montrer de plus en plus fréquemment l'exemple d'une Afrique où la démocratie n'est pas un vain mot.
Rédigé par: Youssef Kouame   le: Vendredi 11 Août 2017
Entre les autocrates à vie, les opposants prêts à tout pour arriver au pouvoir ou les élus incapables de supporter une défaite sans crier à la fraude, les images politiques venues d'Afrique laissent peu de place aux exemples positifs. Lorsque l'on est dans l'opposition, il est de bonne guerre de crier au loup afin d'attirer l'attention sur les fraudes réelles ou présumées, sur son triste sort et sur l'état pitoyable de la démocratie dans son pays. C'est bien plus facile que d'analyser sa propre stratégie, reconnaître ses carences; en un mot faire son autocritique. Beaucoup d'opposants africains succombent à cette facilité, d'autant que la posture de victime reçoit souvent un écho favorable en Occident, où il se trouvera toujours des âmes compatissantes pour plaindre et réconforter les brimés de la «démocrature».
Rédigé par: Beugré Julien   le: Vendredi 11 Août 2017
Le virus, démocratie va encore tuer des milliers de pauvres. Pendant que ceux-mêmes qui se battent se cachent.