Maroc : Une journée d'hommage à Senghor
Les Echos - Publié le: 21-04-2017 - Mise-à-jour le: 21-04-2017 - Auteur: Les Echos
Maroc : Une journée d'hommage à Senghor
Le poète-président sera à l'honneur au Maroc. Une journée d'hommage sera organisée le jeudi 27 avril prochain en hommage à Léopold Sédar Senghor par l'Académie  du Royaume du Maroc. Une journée qui entre dans le cadre de la participation  active de l'Académie, dont il a été membre, au programme d'animation culturelle dénommée « Afrique en capitale ».
Elle aura pour thème : « Sur les traces de Léopold Sédar Senghor » et sera mise à profit, pour revisiter le parcours, les combats et les idées, toujours d'actualité, de l'ancien président du Sénégal. Des aspects aussi bien culturel et politique de la vie de Senghor seront traités. Et permettront de lever certains malentendus concernant l'oeuvre u président.
Rédigé par: Sekou Ba   le: Vendredi 21 Avril 2017
Dans leur grande majorité, et même s'ils ne cessent de se plaindre de leur sort, les Maghrébins prennent d'ailleurs toujours soin d'expliquer que leur situation est tout de même bien plus enviable que celle des subsahariens dont, en réalité, ils ignorent tout ou presque. La presse qui traite des affaires du continent en sait quelque chose. Pour assurer une bonne diffusion dans les deux zones, elle est obligée, comme c'est le cas pour Jeune Afrique et Afrique Magazine, d'avoir deux unes distinctes. Petit indice qui en dit long: en 2008, les magazines qui ont mis le portrait d'Obama en couverture ont fait un carton en Afrique noire alors que leurs ventes ont à peine frémi au Maghreb. C'est "un racisme" encore tabou: «Ils nous envient parce que nous sommes blancs». Que de fois ai-je entendu cette phrase à propos des habitants d'Afrique noire. Et combien de fois ai-je pris un malin plaisir à rappeler à mes interlocuteurs maghrébins, confrères compris, qu'eux aussi, ne leur en déplaise, étaient des Africains. En Algérie, au Maroc ou en Tunisie, le racisme à l'égard des noirs est une réalité -et un tabou.
Rédigé par: Sidi Kouassi   le: Vendredi 21 Avril 2017
Les Marocains, Tunisiens, Lybiens, Algériens, Mauritaniens, Egyptiens se considèrent comme des Blancs. Ils n'aiment pas la peau noire. Quotidiennement, on se fait insulter en tant que noir, en pleine rue, par des enfants, des adolescents et même des personnes âgés: «singe», «négresse», «sale Africaine» ou encore «esclave». Tous les Marocains ne sont pas racistes. Il ne faut pas exagérer non plus. Mais le racisme est generalisé au Maghreb !
Rédigé par: Aisha Seck   le: Vendredi 21 Avril 2017
Au Maroc, Une journée d'hommage à Senghor est bien nécessaire car il y a beaucoup d'ignorance et de racisme ordinaire contre les noirs au Maroc. Le racisme est dehors, comme chez ces chauffeurs de taxi qui refusent de me prendre, moi, jeune femme noire, et s'arrêtent devant la dame à cinq mètres de moi. Ne voulant pas être paranoïaque, j'ai patienté. Au bout d'une heure et d'une dizaine de taxis-vides-qui-ne-s'arrêtent-pas, je suis rentrée à l'hôtel pour en faire appeler un. L'hôtel ne proposait pas ce service. Alors, je suis retournée patiemment sur le champ de bataille. Cette fois, je n'ai compté ni le temps ni le nombre de voitures. J'ai juste attendu, terriblement déçue. Puis le miracle est arrivé... un miracle qui ne parlait pas français et ne pouvait répondre à toutes ces questions qui bourdonnaient dans ma tête, particulièrement l'incontournable pourquoi ? Terriblement déçue donc, j'ai conté ma mésaventure à mes amis Africains du voyage. Ils m'ont alors expliqué que, quant à eux, un groupe de jeunes les avaient pointés du doigt dans la rue en criant "EBOLA!". Oui, le racisme est là dehors. Il est à l'entrée du train, où l'on m'interpelle pour me signaler que j'étais en train de monter dans un wagon de première classe. Je le savais, puisque j'avais choisi la première afin de voyager et travailler confortablement. Pendant le trajet, une deuxième personne est venue me signaler que j'étais en première. J'ai pris le train quatre fois pendant mon séjour au Maroc (entre Rabat, Fès et Casa) et j'ai eu droit trois fois à cette remarque. A la fin, je me contentais de répondre : " êtes vous contrôleur ? " Non, ils étaient de simples passagers comme moi, qui avaient payé pour voyager tranquillement. Peut-être, la présence d'une jeune noire dans leur wagon dérangeait-elle leur tranquillité ? En parlant de jeune noire, peut-être devrais-je dire jeune Africaine, parce qu'au Maroc, on aime dire "Le Maroc et l'Afrique". Non, nous ne vivons pas sur le même continent.
Rédigé par: Nabil Haddad   le: Vendredi 21 Avril 2017
Rappel historique : Le Maghreb, initialement peuplé de Berbères, a été envahi par de nombreuses civilisations, qui ont toutes été assimilées à des degrés divers : Phéniciens, Romains, Vandales, Arabes, Espagnols, Turcs et Français. De plus, beaucoup de Maures (Espagnols islamisés) et de Juifs arrivèrent d'Andalousie à la fin du XVe siècle. Les premiers Arabes orientaux, venus à partir du VIIe siècle avec les conquêtes musulmanes, ont contribué à l'islamisation du Maghreb. C'est à partir du XIe siècle, avec l'arrivée des tribus hilaliennes (tribus bédouines arabes) chassées d'Égypte, que l'arabisation linguistique et culturelle s'est renforcée. En conséquence, pour pouvoir profiter des gains et des prébendes, qui étaient le lot des conquérants arabes victorieux, il valait mieux se déclarer arabe et musulman, être du côté des vainqueurs et des maîtres. Beaucoup de tribus berbères ont opté pour ce choix : elles renient leur berbérité pour se déclarer arabe: Le même phénomène continue jusqu'à nos jours.
Rédigé par: Nadia Mansour   le: Vendredi 21 Avril 2017
En effet, l'identité arabe (ou arabo-musulmane) du Maghreb relève plus du fantasme que de la réalité. Ce fantasme a été injecté dans les têtes et les esprits à une époque récente, inventée par les monarchies pétrolières et leurs agents islamistes. En psychologie, un fantasme est une construction consciente ou inconsciente, permettant au sujet qui s'y met en scène, d'exprimer et de satisfaire un désir plus ou moins refoulé, de surmonter une angoisse. Par ailleurs, le plus grand historien maghrébin, Ibn Khaldoun, l'a énoncé et démontré : les Maghrébins ne sont pas des Arabes, ce sont des Berbères « arabisés ». Historiquement et de tout temps, la culture arabe a toujours nettement distingué les Arabes (considérés comme la race supérieure, celle qui doit, de droit divin, détenir pouvoir et richesse) des non Arabes (les sujets de seconde zone, les peuples dominés). Ceux-ci sont appelés 'Ajam, c'est-à-dire des non arabes, « des étrangers », comme l'étaient les « barbares » pour les Grecs ou les Romains. Les 'Ajam regroupaient les Perses, les Roums (Byzantins), les Turcs, les Berbères etc. tous les peuples soumis par les armes, même s'ils se sont islamisés. Se déclarer musulman permettait alors d'échapper à l'impôt (assez lourd) que devait payer tout sujet non musulman. Cet impôt constituait alors le principal revenu relativement stable de l'empire arabe. Donc, même pour ceux qui ont opté pour la culture et la religion arabes, ils restent, aux yeux des Arabes de souche, des « non Arabes ». C'est toujours le cas aujourd'hui : les Arabes du Golfe considèrent toujours les Maghrébins avec une certaine condescendance, ils les traitent comme des «Arabes de seconde catégorie ». Comme, en plus, ce sont eux qui disposent aujourd'hui de la manne des pétrodollars, leur morgue et leur mépris pour les Maghrébins et pour les autres non-arabes sont sans limite.
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 21 Avril 2017
En tant que membre de l'Académie du Royaume du Maroc, Léopold Sédar Senghor avait délivré un discours lors de la toute première session de l'Académie, tenue en 1980 à Fès. Il y réaffirmait son attachement à la construction d'une civilisation de l'Universel privilégiant le métissage et le dialogue des cultures contre le repli identitaire, indiquent les organisateurs dans une note de présentation. Tout au long de son mandat en tant que membre de l'Académie, Senghor s'est distingué par une série d'essais et de conférences traitant de sujets universels comme "Les crises spirituelles et dialogue Nord-Sud", "Le développement culturel, potentialités économiques et souveraineté diplomatique" ou encore "Le régime présidentiel et la démocratie en Afrique".