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Drones agricoles : sept « ambassadeurs » africains formés à Paris

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La dernière fois qu’ils s’étaient tous retrouvés réunis, c’était dans un champ d’ananas près d’Accra, la capitale du Ghana. Cinq mois plus tard, les voilà dans une salle de réunion du 19e arrondissement de Paris. Sept entrepreneurs, originaires d’Ouganda, de Tanzanie, du Bénin, du Ghana et de la République démocratique du Congo (RDC), spécialisés dans des domaines très divers des nouvelles technologies agricoles, venus se former à l’agriculture de précision, l’art de l’optimisation du rendement et des investissements sur les parcelles agricoles, encore très peu développé en Afrique subsaharienne.

C’est dans les locaux d’Airinov, pionnier et leader français du drone agricole, qu’ils ont rendez-vous. Cette start-up doit son succès au capteur spécifique qu’elle adapte à ses drones, et qui permet de recueillir en vol des données telles que la qualité des sols, la présence de maladies, ou les besoins optimaux en engrais sur les parcelles. Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), organisation internationale d’aide au développement financée par la Commission européenne, très présent en Afrique, a vu dans ces techniques une opportunité pour le continent et décidé de financer la formation des sept premiers « ambassadeurs ».

Augmenter le niveau de vie des agriculteurs

« Il y a quelques années au Bénin, une épidémie de chenilles Helicoverpa a détruit énormément de cultures de coton [qui représente 70 % à 80 % des recettes d’exportation du pays]. Avec ce genre de technologies, on aurait pu identifier très tôt les endroits où avaient lieu les attaques, et aider les paysans à les stopper », confie Abdelaziz Lawani, directeur général de la start-up béninoise Global Partners, engagée dans la conservation des ressources naturelles. Comme les six autres entrepreneurs de la formation, il est persuadé que l’association des drones aux techniques agricoles locales offrira non seulement de meilleurs rendements, mais augmentera significativement, à terme, le niveau de vie des agriculteurs.
 
Quatre des sept entrepreneurs et un cadre du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) participaient à la formation pratique d'Airinov à Fosses, dans le Val-d'Oise, en avril 2017.
« Les drones vont permettre aux paysans d’avoir une meilleure idée de la fertilité de leur sol, et de suivre le développement de leurs plantations », continue Abdelaziz Lawani, qui compte proposer ses services aux planteurs de coton et de maïs.
C’est au milieu d’un champ de Fosses, dans le Val-d’Oise, qu’ils pilotent pour la première fois leurs drones quadrirotors achetés 5 000 euros à Airinov avec une prise en charge à 60 % par le CTA. Enthousiaste, Rose Peter Funja, seule femme du groupe et directrice générale d’Agrinfo, une base de données en ligne tanzanienne qui cartographie et enregistre les titres de propriété foncière, s’y voit déjà : « Jusqu’à maintenant, on recueillait les coordonnées GPS des terrains à la main. A présent, on pourra le faire plus rapidement, et y associer des photos. A terme, les vendeurs d’engrais pourront savoir grâce à nous quelle quantité vendre aux exploitations qui utiliseront nos services, et ces derniers pourront les utiliser de façon raisonnée. »
L’utilisation du capteur des drones pour déterminer un usage optimal des engrais n’est pas pour aujourd’hui. L’épandage est peu utilisé en Afrique, et le service de traitement des images, assuré et facturé aux entrepreneurs par Airinov, coûtera cher. Mais avec l’aide financière du CTA et la logistique de la start-up parisienne, qui leur offre un forfait de traitement gratuit de cent images par jour pendant un an, les sept entrepreneurs sont confiants de parvenir à créer un tout nouveau marché dans leur pays respectif.

Economies d’échelle

Dans un espace où les techniques agricoles traditionnelles sont encore largement utilisées, et où la législation sur les drones est quasi inexistante, il va donc falloir convaincre. Première étape : une étude de marché, pour évaluer le montant des prestations. Certains ont déjà trouvé des parades, comme Barthélémy Boika Mahambi, directeur technique d’un bureau d’étude congolais spécialisé en cartographie : « On va d’abord aller voir les agro-industriels pour assurer le financement de nos activités. D’un autre côté, on a commencé à négocier avec le gouvernement et les agences de développement pour qu’ils puissent contribuer. » Abdelaziz et Rose misent plutôt sur les économies d’échelle, en proposant leurs services aux grosses coopératives.
Les entrepreneurs ont bon espoir d’avoir rapidement le soutien de leurs gouvernements. Au Ghana déjà, les autorités voient l’initiative d’un bon œil. Tous veulent y croire : « Les drones représentent le futur de l’agriculture en Afrique », confient-ils en écho.

 



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