Libre opinion : Ma lettre à mon amour Colette
Oumarou Samassi. - Publié le: 18-04-2017 - Mise-à-jour le: 18-04-2017 - Auteur: Oumarou Samassi.
Libre opinion : Ma lettre à  mon amour Colette
La royauté par exemple. Explication : en marge de  l'investiture le 21 mai 2011, le président Ouattara pouvait solliciter la chambre des rois et chefs traditionnels au niveau de la section nord, pour une visite de courtoisie à ceux de l'ouest. L'objectif devrait être, DEMANDER PARDON, pour tout le tort causé par leurs enfants nordistes, pendant ces dix années terribles, et singulièrement au cours  des dernières heures  de M. Gbagbo, avec les drames de Duékoué. Et dans la même veine, au cours de cérémonies très médiatisées ceux de l'ouest se seraient rendus avec une forte délégation au nord, et s'appuyant surtout sur les alliances ethniques, ces derniers diront que qu'il y'a pardon et excuses à demander, cela devrait plutôt provenir de l'ouest, dans la mesure où, avec leur fils Gbagbo au pouvoir, les responsabilités étaient partagées. Bien sur que pour certains, en débutant ainsi, le signal aurait été très faible pour faire taire les rancours, mais après avoir quadrillé tous le pays, à travers des rencontres biens organisées à l'africaine, tout le pays y verrait une volonté manifeste d'aller à « quelque chose ».
 
Puis, on aurait songé à mettre à rude épreuve les panneaux publicitaires qui pullulent partout dans les villes et aux entrées des grandes agglomérations avec des slogans efficaces. La religion étant finalement notre opium le mieux partagé, on pourrait par exemple écrire : « A quoi cela peut vous servir d'entrer dans un temple si vous êtes incapable de vous pardonner ? » «  Pardonner, c'est la condition première pour une prière exaucée  » brefs, atteindre la conscience de ce peuple bigarré en quête de repère. C'est vrai que depuis quelques mois, la RTI nous présente des spots conciliants et moraux à travers lesquels, des jeunes aident un vieux à s'orienter, ou cette fille qui cède une hypothétique place à une femme enceinte dans un bus, pourquoi n'avoir pas compris au départ que bien qu'étant un média d'Etat, donc servant qu'à « l'atalaku » de gens qui n'en n'ont plus besoins, la RTI pouvait renforcer la cohésion sociale ? 
 
Le troisième canal sur le long chemin de la cohésion social, devrait être des symboles. Il y'a quelques années en Sierra Léone, pour attirer l'attention des populations sur les méfaits de la guerre, Fodé Sankoh et Tedjan Kabbah ont utilisé l'image de Maimouna Manssaré,  ce bébé de 2 ans amputé par les Kamajors, après avoir tué ses géniteurs. Une enfant qui n'avait rien à voir dans la guerre entre le RUF et le pouvoir de Freetown. Les victorieux du 11 avril aurait dû d'une part, penser à retrouver cette fillette du quartier carrefour dans les deux parents sont morts lors de l'incendie de leur case, et d'autre part ce petit garçon dont le corps du père a été incendié dans un corbillard à coté de la mosquée Koudouss à Port-bouet II. Ces deux enfants seraient présentés avant chaque JT, comme étant les victimes d'une guerre dont ils ignorent tout des tenants et les aboutissants. Objectif, marquer les consciences.
 
  Cela nous amène à l'examen de la réconciliation exogène. A moins que certains individus n'aient une capacité de discernement à géométrie variable, se sont les victorieux qui ont toujours jugé les vaincus. On l'a vu à Nuremberg, à Arusha, au Liberia... en conclusion, Gbagbo et Blé Goudé devraient l'être. Mais leur déportation, était-ce la solution, dans le cas d'un pays en quête de repère au niveau de la cohésion sociale ? C'est une humiliation nationale d'applaudir la présence d'un compatriote, mieux notre ex-président, au sein d'une juridiction qui n'est pas la notre. Qu'est ce qui a été martelé pour justifier leur transfèrement ? Le manque d'institutions adéquates, et la prévention de remous si le procès avait lieu ici. Moubarak a été jugé en Egypte, Moussa Traoré l'a été au mali. Ces deux pays sont-ils en feu ? Et après, nous les voyons disant aux LMP « venez maintenant on va se réconcilier ». Pensez-vous que le jeune bété qui regarde ce procès ne voit que Gbagbo ? Il voit plus que Gbagbo. Et c'est à ce auquel il fallait penser, avant de chercher à plaire aux institutions extérieures.
 
Réconcilier et donner de l'espoir à tous les groupes ethniques de ce pays, c'était aussi associer tout le monde dans la gestion des affaires publiques. Ouattara se savait attendu au niveau des résultats, d'où le choix de ses hommes, selon sa définition de la compétence. Cependant, pour un signal fort dans le cadre d'une fusion nationale, il devait faire un lourd sacrifice : comprendre que les plus intelligents de ce pays ne soient pas originaires que de deux régions. Lorsque nous disions à un ami politologue que Houphouët faisait de la géopolitique en piochant dans chaque région des collaborateurs compétents, juste pour éviter certaines frustrations et dislocations, il nous a rétorqué qu'il ne fallait pas confondre le parti unique et l'ère du multipartisme, mais en même temps, nous lui avons rafraichi la mémoire en lui rappelant que Ouattara se réclamait de l'houphouetisme, par conséquent (.) Hélas, le grand reproche fait au pouvoir précédent a été reproduit textuellement.    
 
Voilà présenté un pan du tableau d'où la réconciliation nationale et la cohésion sociale auraient du prendre leur source. Pour avoir négligé tous ces facteurs, les conséquences se retrouvent dans ce tableaux : certains compatriotes considèrent jubilatoires  les tirs des ex-combattants en ville, d'autres exultent lorsqu'ils apprennent que ADO est malade, on festoie quand on apprend qu'Azaguié, les autochtones brulent les étalages des allogènes, enfin une frange de la population s'est engagé dans des séances de zikr pour que Gbagbo soit humilié au maximum à L'Haye. Rassure-vous, ils ne sont pas sadiques, c'est parce qu'on n'a pas correctement colmaté les brèches à travers la sensibilisation sur les effets néfastes d'une guerre meurtrière. Si tel avait été le cas, la défaisance de la mémoire aurait parachevé le processus. Hélas..  
 
Bon début de semaine à toi Coco d'amour. Je me demande ce qu'aurait été ma vie si je ne t'avais pas rencontrée
 Oumarou Samassi.
Rédigé par: Urbain N'Dakon   le: Mercredi 19 Avril 2017
Merci pour l'analyse. Beaucoup de bonnes idées, mais je n'en retiendrai qu'une, centrale: "Le pardon est la condition d'une prière exaucée".C'est la pure vérité que toutes les religions du monde connaissent, mais la différence se fait au niveau de la manière de l'enseigner. Aucune prière ne peut être efficace si elle part d'un coeur chargé de pensées et de sentiments négatifs (vengeance, tristesse, colère, peur, regrets etc...)Seul un Coeur donc qui sait retrouver la pureté primordiale au moment de la prière est en phase avec le divin. Si les pédagoges des chapelles religieuses de Côte d'Ivoire, toutes confessions confondues, pouviaent enseigner et répétér cela tous les jours à leurs fideles, peut-être qu'il se passerait quelque Chose au Niveau de la cohésion sociale. A quoi nous servent toutes les cathédrales, basiliques, temples, mosquées, réunions de prière, si nous perdons de vue l'enseignement le plus basique?
Rédigé par: Merci   le: Mardi 18 Avril 2017
Aaaaaah les donneurs de leçons il fallait faire ceci ou cela pour la réconciliation, chacun de nous est responsable de la situation actuelle. Le problème de la Côte d'Ivoire c'est la mauvaise perception de l'acceptation que nous sommes tous ivoiriens au même titre avec les mêmes droits et devoirs. Le jour où la majorité des ivoiriens auront ce reflex nationaliste alors nous serions réconciliés.
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 18 Avril 2017
Oui, c'est une bonne analyse.