En Côte-d'Ivoire des habitants redoutent « un cauchemar économique » avec le départ des Casques bleu
Alerte info - Publié le: 16-02-2017 - Mise-à-jour le: 16-02-2017 - Auteur: Hamsatou Anabo
En Côte-d'Ivoire des habitants redoutent « un cauchemar économique » avec le départ des Casques bleu
La mission de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) prendra fin en juin, par la fermeture de ses 61 bureaux à partir du 15 février. Agences immobilières et de sécurité, restaurants et gérants de cabines téléphoniques redoutent « le cauchemar économique » avec le départ de leur principale clientèle.
« Ils sont là depuis des années (2004), vraiment leur départ nous fait mal car ce sont des clients très sérieux, ils paient leur loyer toujours à temps », confie Marcel Zadi, concierge de l'immeuble Carrelle, situé à Angré 7e Tranche dans la commune de Cocody (Est d'Abidjan).
Debout devant l'immeuble, vêtu d'une chemise bleue carrelée, M. Zadi explique que « les agents de l'Onuci aiment habiter à Angré, car c'est l'un des quartiers chic d'Abidjan ».
Vigile de la société de gardiennage 911 sécurité et employé d'un agent de l'Onuci depuis six ans à la Zone 4 (Sud d'Abidjan), Serge Olivier Attebi, craint pour son emploi.
Assis sur une chaise en bois, détecteur de métaux en main, il confie d'un air triste: « la rémunération ne sera pas la même chez un particulier, mon patron quitte le pays dans quelques jours, je vais retourner à notre agence et attendre, mais je suis vraiment déboussolé ».
A quelques mètres de l'immeuble où travaille Serge Olivier, Moussa Sanogo gère une cabine téléphonique et vend des cigarettes.
« Ils font des transferts de 20.000 à 50.000 FCFA par jour, car ils appellent beaucoup à l'étranger, c'est trop triste », affirme pour sa part le trentenaire, installé devant l'immeuble où résident une dizaine d'agents de l'Onuci.
Le regard perdu, il envisage de « changer de coin ».
Sur un banc dans un jardin de la Riviera Golf (quartier huppé), Patricia Kouassi, employée de maison depuis 7 ans chez un Casque bleu ne se soucie pas du soleil de plomb, mais craint de se « retrouver à la rue », après le départ de son patron.
« Je ne sais plus quoi faire, j'ai trois petits enfants », affirme Patricia, les larmes aux yeux.
Elle envisage de suivre des cours de couture, afin d'avoir une source de revenu pour subvenir aux besoins de ses enfants.
« C'est le genre de clients que tout le monde aime maintenir mais malheureusement c'est une mission et elle est finie. Nous allons vraiment ressentir leur départ sur nos économies », déplore la mine déconfite Pacome Brice Dje Bi, gérant de l'immeuble Compte vert à Bietry, la zone où résident majoritairement des expatriés.
 
Commerciale dans une agence immobilière, dont les appartements sont loués aux agents de l'Onuci depuis 2011, Anne Marie Konan témoigne entre la fouille de deux dossiers, que « ce sont des clients très sérieux dans le règlement du loyer, mais très exigeants en matière de sécurité ».
 
Mais il n'y a pas que des agences immobilières ou agents de sécurité qui ressentent l'impact économique du départ des Casques bleu. Quelques restaurateurs commencent aussi à s'inquiéter.
 
Le propriétaire d'un restaurant haut de gamme dans la commune de Cocody confie qu'« on va ressentir leur départ sur nos revenus, car ce sont des clients qui exigent le luxe, ils peuvent dépenser 100.000 FCFA pour un diner », après une gorgée de coca cola et une bouffée de cigarette.
Rédigé par: Faby Conan   le: Vendredi 17 Février 2017
C'est grâce à la présence de l'ONUCI au pays que j'ai vu pour la première fois métis pakistanais/femme baoulé et métis pakistanais/femme dioula. Les femmes sont là au pays avec leurs enfants métis-ONUCI, mais les papas pakistanais sont rentrés au Pakistan. Il y a aussi des drames conjugaux et familiaux avec le départ de l'ONUCI. Certains casques bleus vivaient en concubinage avec des femmes ivoiriennes qu'ils abandonnent avec leurs enfants avec la fin de la mission des Nations Unies...
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Vendredi 17 Février 2017
Problème de machine. Il fallait lire : "Après tous les pleurs qu'on a entendus pour qu'ils partent;, on entend maintenant des pleurs pour qu'ils restent ? Il faudrait savoir ce qu'on veut. Si on veut vraiment se prétendre "indépendant" et "libre", on n'a pas besoin de l'ONU."... aves mes plus humbles excuses.
Rédigé par: Beugré Julien   le: Vendredi 17 Février 2017
Les employés de l'ONUCI sont de très bons "clients" pour la population ivoirien: 1. Ils achètent tous sur le marché ivoirien, 2. Nos enfants filles sont leurs femmes, 3. Le pressing qui est à côté de chez moi à pour clients ces employés....... Comme on le voit certains ivoiriens auront beaucoup de mal pour se remettre. C'est ça aussi la vie.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Jeudi 16 Février 2017
Après tous s pleurs qu'on entendus pour qu'ils partent;, on entend maintenant des pleurs pour qu'ils restent ? Il faudrait savoir ce qu'ont. Si on veut vraiment se prétendre "indépendant" et "libre", on n'a pas besoin de l'ONU.
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 16 Février 2017
Les opérations de maintien de la paix des Nations unies constituent un thème peu étudié en géographie économique. Les opérations de paix ont un impact direct sur l'économie du pays dans lequel se passe la mission de paix, car elles affectent le marché local. En effet, une part importante des salaires des Casques Bleus et autres personnels civils de l'ONU est dépensée sur place. Or, il est très clair que ces salaires sont disproportionnés par rapport au niveau de vie local. Il en résulte une distorsion des marchés locaux par la création de structures parallèles, voire d'une économie grise. Cela concerne le marché noir, le trafic d'armes, la prostitution, la diffusion du Sida, les sévices sexuels sur les mineurs (filles et garcons) et la corruption. C'est la thèse défendue par Pouligny : les Casques Bleus nous avaient promis la paix, ils n'ont apporté que le désordre dans notre milieu de vie. Au cours des deux décennies passées, des accusations d'abus sexuels ont été portées contre les Casques Bleus opérant au Cambodge, en Sierra Leone, au Libéria, en Centrafrique, Côte d'Ivoire, en RDC et en Haïti. Le cas le plus extrême fut celui du bien connu "Marché Arizona", localisé sur la route reliant Doboj à Tuzla en Bosnie, à proximité du district neutre de Brcko. Le Marché Arizona (1995-2004) fut non seulement un lieu du marché noir et du crime organisé mais aussi un lieu où environ 10.000 femmes et filles mineures d'Ukraine, de Moldavie, de Roumanie, de Bulgarie et d'Albanie ont transité soit pour satisfaire les demandes sexuelles des 30.000 internationaux présents en Bosnie après les Accords de Paix de Dayton, soit pour être réparties sur le marché de la prostitution dans l'Union européenne. Ce trafic humain se déroulait au milieu de commerces improvisés procédant à la vente de fausses marques, de drogues, d'armes, de CD ou DVD piratés et d'autres gammes de produits hors douane et hors TVA. Des incidents de corruption ont eu lieu en Erythrée, en Ethiopie, en Haiti...
Rédigé par: HYVOIRHIENOUVO   le: Jeudi 16 Février 2017
Évidemment le départ de l'ONUCI fera un peu de dommages dans la vie de certains qui vivaient des retombées économiques de leur présence, nous savions que leur mission était limitée dans le temps, il va falloir s'adapter à la nouvelle donne. Leur présence n'est pas un signe de normalisation de la vie politique,le pays retrouve sa souveraineté un peu plus.