Journalistes ivoiriens : « il y avait une frayeur, nous étions aux portes de la prison de la MACA »
le monde.fr - Publié le: 16-02-2017 - Mise-à-jour le: 16-02-2017 - Auteur: Alexis Adélé
Journalistes ivoiriens : « il y avait une frayeur, nous étions aux portes de la prison de la MACA »

« Nous avons écrit qu'il y aurait bien eu un accord secret avec les Forces spéciales pour le paiement d'une prime de 17 millions de francs CFA (25 916 euros) à chaque élément de cette unité d'élite. C'est l'information qui nous vaut des déboires, parce que le gouvernement affirmait le contraire ». Ferdinand Bailly, journaliste au groupe Cyclone à Abidjan (éditeur des quotidiens d'opposition Le Temps et LG Infos) est encore épuisé par une journée marathon mardi 14 février entre les mains de la justice et de la police, qui aurait pu le conduire à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Mais il préfère en garder un bon souvenir.

« C'est une expérience qu'il fallait vivre pour comprendre ce qui se passe de l'autre côté », se console M. Bailly, quelque peu amaigri et contraint à un repos de plusieurs jours.

48 heures de ballottage

Arrêté le 12 février avec cinq autres confrères pour « divulgation de fausses informations et incitation à la révolte » après la mutinerie des Forces spéciales ivoiriennes à Adiaké, dans le sud-est du pays, Ferdinand Bailly a été ballotté pendant près de 48 heures entre la Brigade de recherches de la gendarmerie d'Abidjan, le parquet général et le camp de gendarmerie d'Agban, le plus grand du pays, où il a passé deux nuits dans une cellule de 6 m2, sur une grosse natte.
Les éléments des Forces spéciales ivoiriennes s'étaient mutinés au début février pour réclamer des primes. Ils avaient mis fin à leur mouvement deux jours plus tard. Cette unité d'élite est directement engagée dans la sécurité rapprochée du président ivoirien Alassane Ouattara. Début janvier, la Côte d'Ivoire avait été secouée par une mutinerie d'anciens rebelles intégrés dans l'armée, qui avaient paralysé plusieurs villes pour réclamer le paiement de primes. En répondant à leurs revendications par le versement de primes de 8 500 euros par personne, les autorités avaient provoqué la colère de militaires et gendarmes non concernés par cet accord, qui s'étaient à leur tour mutinés. Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro.
Ferdinand Bailly, traditionnellement adepte des faits divers carcéraux, a vécu pour la première fois les péripéties d'un bandit de grand chemin.

Camion de transport des prisonniers

« Nous n'avions pas l'assistance d'un avocat et c'était inquiétant. C'est seulement à la Brigade de recherches que celui-ci a pu nous rendre visite, le deuxième jour de notre détention. Malheureusement, il n'a pas pu suivre le dossier lorsque nous étions au parquet. A ce moment-là, il y avait une frayeur, parce que nous étions aux portes de la MACA », se souvient M. Bailly.
Un sentiment qu'a également vécu Vamara Coulibaly, directeur du publication du groupe Olympique, éditeur des quotidiens indépendants Soir Info et l'Inter, dont le correspondant dans la région d'Adiaké est à l'origine de l'article incriminé sur le supposé accord conclu entre le gouvernement et les Forces spéciales. « Chaque fois que le procureur posait la question de savoir si le camion de transport des prisonniers (Air MACA) était retourné à la prison et que la réponse était non, nous devenions silencieux. On souhaitait qu'il parte sans nous », raconte M. Coulibaly.
Préoccupés par l'état de santé précaire de leur confrère Mamadou Bamba Franck, directeur de publication du quotidien Notre Voie, les journalistes ont finalement repris confiance grâce à la mobilisation des organisations professionnelles des journalistes et de celle de la société civile, dont des membres étaient rassemblés en grand nombre dans la cour du tribunal d'Abidjan. Plusieurs associations de journalistes, nationales et internationales, avaient protesté contre ces arrestations, déplorant une « atteinte flagrante à la liberté de la presse ». L'ONG Reporters sans frontières (RSF) s'est déclarée mardi 14 février « inquiète » de la détention des six journalistes ivoiriens, et a demandé leur « libération immédiate ».
« En voyant nos amis, nous savions que la justice ne pouvait pas aller plus loin, même après nous avoir présenté nos mandats de dépôt signés du procureur », soutient M. Bailly.
Selon le procureur de la république, Richard Adou, l'arrestation de ces journalistes était liée « aux récents mouvements d'humeur des militaires » au cours desquels, « certains organes de presse ont divulgué de fausses informations de nature à inciter les soldats à la révolte ».
Libérés en fin de journée mardi 14 février, les six journalistes entendent désormais se battre jusqu'à l'abandon définitif des poursuites à leur encontre. Les délits dont ils sont accusés sont « diffusion de fausses informations », « divulgation du secret défense » et « incitation à la révolte ». « On ne peut pas emprisonner la liberté, réagit Yacouba Gbané, du groupe Cyclone. Nous sommes de retour et le combat continue ».

 
Rédigé par: Merdias et peuple même chose !   le: Dimanche 19 Février 2017
L'ivoirien même est moutonnier et friands de tout ce qu'il trouve pour parler surtout à ne rien dire de bon à part faire des ragots dans les rues, maquis et salons pour se donner la contenance qu'il croit être de la culture mais zéro pointé partout. Nos journalistes sont aussi cela, aucun recoupement des informations qu'ils reçoivent et surtout aucune recherches de leurs parts car trop fatiguant pour eux, on lit ici et là et même dans les commentaires d'internautes et on publie ensuite la merde en relais pas étonnant qu'on ait autant de problèmes à gérer. La guerre même que nous avons vécue et toutes les crises avant et post sont la résultante d'une presse avide de sensations pour un public qui n'a rien d'autre à vouloir vivre que du sensationnel autant, les deux font bien la paire donc, et comme nos autorités elles mêmes sont dans l'incapacité d'informer clairement, de maitriser leur communication à part de faire la propagande pour leurs têtes et comptes personnels, leurs chapelles et afférents tout autant, on obtient ce résultat encore une fois merdique à souhait. Entre merdias, journaleux, agorateurs et politichiens le peuple est bien servi, mais lui même ne peut s'en prendre qu'à sa propre paresse intellectuelle et son laxisme volontaire avéré à laisser faire. Si on ne veut pas de cette presse terne, mensongère et belliqueuse c'est à nous de lui dire stop et d'agir dans ce sens mais qui bouge ? Personne, moi je le dis par écrit comme d'autres le font aussi mais en anonyme car chez nous on tue vite, donc finalement quelle incidence pour améliorer le climat délétère qui est attisé par la presse nationale ivoirienne sinon subir et soupirer de désespoir en sachant que ce n'est pas demain la veille que quelque chose changera pour gagner en positif ! Ils vont continuer et c'est tout... La ville est sale et on mange sale ainsi qu'on s'informe tout aussi salement donc quoi ?
Rédigé par: Massoya   le: Vendredi 17 Février 2017
Actuellement, passe une émission 'fake news' sur les réseaux sociaux que les journalistes utilisent beaucoup en Afrique pour faire leurs journaux. C'est ce genre d'infos que raffolent nos journalistes. Un soit disant lanceur d'alerte avait annoncé sur sa page facebook qu'il y'a eu un accord avec les mutins d'Adiake. Et ces journalistes ont relayé cette informations 48 heures après. Je m'y attendais et la conséquence a été celle que nous avons vue.'les fake news' sont beaucoup relayés dans nos journaux.un autre 'fake new' qui circule' Koffi Anan a dit quand on arrive au pouvoir par la force c'est ce genre de situation qui arrive....(?)'. Certains l'ont gobés! Pour se donner une certaine contenance dans leur conviction politique.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Vendredi 17 Février 2017
"Parfait Kouassi" affirmer que quelqu'un dit des âneries n'est pas le traiter d'âne. J'aurais pu utiliser n'importe quel autre terme équivalent (sans connotation animale pour qualifier sa sortie. Si on veut défendre les journalistes et promouvoir un travail journalistique de qualité, il ne faut pas justifier leur assassinat comme l'a fait cette personne qu'une fois de plus, je me garderais bien de qualifier.
Rédigé par: Massoya   le: Vendredi 17 Février 2017
Vous avez écrit'il aurait eu un accord' ce temps utilisé prouve l'incertude dans vos propos. Donc absence d'investigation et de recoupement des sources d'information. Entre !il y'aurait eu' et 'il y'a eu...' il y'a une grande différence. Et combien de nos tritrologues savent comprendre cette nuance syntaxique. Vous avez été légers et c'est fait exprès pour nuire. Et d'ailleurs dans Africanews, le commentateur a dit et je cite' les journalistes ont été incarcérés. parce qu'ils ont révélé qu'il a eu un accord.....'. Voici les dérives auxquelles on assiste et qui ne font pas honneur a votre profession. Sieur Gbane vous dites que la 'lutte continue' . la lutte professionnelle corporatiste ou politique? Qu'elle est cette profession qui peut s'octroyer le droit de mentir, de supposer au risque d'entrainer un soulèvement, de tricher, d'appeler à la haine, et s'absoudre de toute poursuite judiciaire pénale?. Si telle est le journalisme, on a donc rien a reproché aux animateur de la radio 'milles colline au Rwanda. Vous êtes a la base de tout ce qui arrive à ce pays...
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Vendredi 17 Février 2017
"Koffi Kan" la parole de Gbagbo n'est pas celle de Confucius !
Rédigé par: Parfait Kouassi   le: Vendredi 17 Février 2017
Mr Forestier de Lahou, comment pouvez-vous traiter quelqu'un d'autre d'âne? L'êtes-vous même? Non? Nous voulons tous aller à la paix. Désarmons donc nos interventions. Et avec humilité présentez vos excuses à l'autre. Merci
Rédigé par: Beugré Julien   le: Vendredi 17 Février 2017
@Forestier de Lahou : GBAGBO et Guy-André Kieffer se partagent donc la responsabilité de la disparition du second.
Rédigé par: Koffi Kan   le: Vendredi 17 Février 2017
Prochainement ils vont forcer les journalistes à divulguer leurs sources. La plupart des informations viennent des fuites volontaires ou involontaires. Le regime d ADO est victime de fonctionnaires zélés qui ne pensent qu'à une nomination. Gbagbo a dit que quand on t envoie il faut savoir t'envoyer.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Jeudi 16 Février 2017
"Beugré Julien" d'où tu sors cette ânerie ? Tu es sûr que ce n'est pas plutôt Gbagbo qui aurait essayé en vain d'acheter le silence de GAK et qui aurait trouvé finalement une "solution" plus sûre et moins coûteuse pour le faire taire ?
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 16 Février 2017
Quelle est l'influence d'une presse libre sur le développement ? Cela n'a jamais été véritablement évaluée : il est difficile, voire impossible, de chiffrer cet effet. Néanmoins, les corrélations entre la liberté de la presse et les différentes dimensions du développement des sociétés (entendu au sens large) peuvent être appréhendées à travers de simples régressions économétriques. Sans avoir la possibilité de conclure sur l'existence de causalités entre la liberté de la presse et les différentes variables prises en compte, les conclusions confi rment toutes l'importance de la liberté de la presse pour le développement. Que ce soit sur la pauvreté et ses différents aspects (monétaire, accès aux biens primaires, santé, éducation), sur la gouvernance ou sur les questions liées à la violence et au conflit ou dans la lutte contre la corruption, une presse libre a toujours une infl uence positive : elle sert d'intermédiaire entre les individus et le gouvernement, en l'informant des besoins de la population et en servant de rempart contre les crises et les situations de privation extrême ; elle responsabilise le gouvernement et rend son action plus transparente ; avec d'autres indicateurs de la bonne gouvernance, elle crée un environnement favorable aux affaires, à une gestion plus efficace des affaires publiques, etc. (Cette décision du Procureur de la République de mettre des journalistes en prison n'est pas du tout bonne pour les indicateurs Banque Mondiale (CPIA) et pour certains indicateurs MCC de la Côte d'Ivoire. Quel dommage !
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 16 Février 2017
D'accord avec Forestier et Beugre Julien : La meilleure protection d'un journaliste professionnel est de relater les faits, rien que les faits et de ne pas colporter de rumeurs, ni de fausses informations. C'est d'ailleurs ce que recommandent l'éthique et la déontologie du métier de journaliste. Dans les pays anglo-saxons, les journalistes là-bas ont toujours l'habitude de séparer les faits des commentaires, analyses et opinions. Ils partent toujours des faits et ensuite, ils en font une analyse ou un commentaire avec lequel on peut être d'accord ou pas du tout. Mais les faits demeurent et ne changent pas. Nos journalistes ivoiriens pourraient s'inspirer de ce qui se fait de mieux dans les pays anglo-saxons .
Rédigé par: Beugré Julien   le: Jeudi 16 Février 2017
@Forestier de Lahou : Guy-André Kieffer a voulu faire chanter GBAGBO.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Jeudi 16 Février 2017
La liberté de la Presse n'est pas le droit décrire n'importe quoi. Si ce que vous avez écrit est faux ou couvert par le secret de la défense nationale, vous êtes fautifs. Le journalisme c'est un vrai métier, il faut être professionnel et courageux. Si on veut faire du journalisme d'investigation, il faut approfondir et recouper les informations, ne pas se contenter de reproduire les rumeurs qui courent sur les réseaux sociaux ou dans les caniveaux des bas-quartiers, et ne pas avoir peur de subir le sort de Jean Hélène ou de Guy-André Kieffer.
Rédigé par: Beugré Julien   le: Jeudi 16 Février 2017
Oui, liberté de la presse d'accord. Mais il faut donner de bonne information. Pas d'information pour détruire tout un pays.
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 16 Février 2017
Les indicateurs de liberté de la presse : Mesurer la liberté de la presse n'est pas chose facile. Actuellement, il n'existe que deux indicateurs principaux de liberté de la presse. Le premier a été mis au point par Freedom House : seule source d'informations régulière sur le sujet depuis 1979, cet indice est le plus répandu et utilisé. Le second a été mis au point par Reporters sans frontières (RSF) en 2002. L'indice de Freedom House qu'utilise le MCC se réfère à trois critères pour évaluer la liberté de la presse dans cent quatre-vingt-quatorze pays au monde : l'environnement légal (examen des lois et réglementations qui peuvent infl uencer le contenu de la presse, mais aussi de la tendance des autorités à utiliser ces lois pour empêcher la presse d'opérer), l'influence politique (degré de contrôle politique sur l'information) et les pressions économiques (barrières économiques à l'entrée du secteur médiatique, à la corruption exercée). L'indice obtenu par un pays varie de 0 à 100, selon l'importance des contraintes pesant sur la liberté de la presse: un indice situé entre 0 et 30 indique que la presse est libre ; un indice compris entre 31 et 60 indique que les médias ne sont que partiellement libres ; enfin, lorsque l'indice est supérieur à 61, cela signifie qu'ils ne sont pas libres. L'indice de RSF adopte une approche d'évaluation différente de celle de Freedom House. Il se focalise surtout sur les attaques et menaces à l'encontre des journalistes (emprisonnements, tortures, meurtres) ou des médias (censures et confiscation) et prend en compte cent soixante-sept pays. Avec nos journalistes ivoiriens en prison, on peut déjà dire que la CI va reculer dans le « classement sur la liberté de la Presse » de RSF et peut-être aussi dans celui de Freedom House.