Mutinerie en Côte d'Ivoire: Général Bakayoko emporté par la fievre kaki
lebanco.net - Publié le: 10-01-2017 - Mise-à-jour le: 10-01-2017 - Auteur: H. Marie Ouédraogo
Mutinerie en Côte d'Ivoire: Général Bakayoko emporté par la fievre kaki
L'encéphalogramme politique s'est particulièrement emballé ces derniers temps en Côte d'Ivoire. Et le pic aura été enregistré le week-end écoulé avec la mutinerie des militaires de Bouaké pour des questions de primes et d'avancement. Et si depuis, le calme semble revenu, qui sait s'il sera définitif tant la ville du nord nous a habitués à ses sautes d'humeur.
 
Mais en attendant, l'actualité ivoirienne a quitté les casernes pour se porter sur le champ politique avec une semaine décisive qui a commencé dès ce lundi par les premiers pas de la Troisième République.
Acte 1 : démission du premier ministre Daniel Kablan Dunkan et de son gouvernement, le temps pour lui de valider son nouveau mandat de député de Grand-Bassam ; une formalité en somme, à laquelle le chef de l'exécutif et quelques-uns de ses ministres n'ont pas manqué de sacrifier.
Acte 2 : tout aussi prévisible, la réélection de Guillaume K. Soro au perchoir avec, excusez du peu, 95,04% des voix contre moins de 5% à Evariste Méambly, son lampiste de challenger.
En renouvelant son mandat, l'ancien chef rebelle conserve théoriquement sa planque dorée jusqu'en 2021, ce qui l'exclut à priori de la grande bataille en perspective pour la présidentielle de 2020, Alassane Ouattara ayant solennellement promis qu'il respecterait la Constitution. Encore que dans ce marigot politique ivoirien si souvent troublé, il faille surtout se garder de faire la moindre projection, même à court terme.
Acte 3 de cette journée décidément bien mouvementée, la nomination attendue d'un nouveau Premier ministre. Pour  occuper ce poste, le nom d'Amadou Gon Coulibaly, secrétaire général de la présidence, était celui qui revenait le plus souvent.
Mais qu'il s'agisse de lui ou d'un autre, il y a urgence, car la Côte d'Ivoire ne peut pas se payer le luxe d'une vacance gouvernementale alors que la mutinerie du week-end n'est pas totalement résorbée.
Acte 4 : last but not least, le limogeage du chef d'état-major général des armées, le général Soumaïla Bakayoko, emporté par la fièvre kaki et remplacé par le général de division Sékou Touré ; limogeage aussi des chefs de la gendarmerie et de la police. Sans doute que le chef suprême des armées, ADO lui-même, aura voulu donner un coup de pied dans la fourmilière.
Ainsi, maillon après maillon, les différents éléments de la chaîne républicaine se mettent en place. Et si l'on excepte la formation du futur gouvernement, l'événement le plus attendu reste, sans conteste, la nomination, imposée par la nouvelle constitution, du vice-président.
Un poste clé s'il en est, quand on sait qu'une disposition transitoire permet au chef de l'Etat de désigner l'oiseau rare bien avant les prochaines échéances où il y aura le fameux ticket présidentiel. Le costume a-t-il été taillé à la mesure de Daniel Kablan Dunkan ? C'est fort possible pour ne pas dire probable.
Comme on peut le voir, rarement semaine aura été aussi riche en événements sur les bords de la lagune Ebrié.
Mais si sur le plan politique les choses semblent réglées comme du papier à musique, plus imprévisible est la volatile fièvre kaki qui a fait ses premières victimes et dont les répercussions peuvent encore se faire sentir. Il faudra donc que les politiques ivoiriens trouvent, et vite, les moyens de calmer le courroux qui a mis les casernes de Bouaké en ébullition.
 
H. Marie Ouédraogo
Rédigé par: papus   le: Mercredi 11 Janvier 2017
@Bon debarras que ce pantin. Un ami me disait a juste raison dans une belle methaphore que le pouvoir en Afrique, est la viande d'un elephant abattu,tous les chasseurs,viennent couper un bon morceau pour s'en aller. A l'avenement d'un nouveau regime on assiste generalement a des redistributions de postes, plutot a des recompenses fondees sur l'activisme politique pendant les annees de braise loin des aptitudes techniques de l'individu. Les resultats sont toujours des echecs pour la nation, mais l'individu lui s'est bien rempli les poches sur le dos du contibuable que nous sommes, avec des salaires faramineux et des fonds de souveranete enormes.
Rédigé par: Bon débarras que ce pantin !   le: Mardi 10 Janvier 2017
Bakayoko le PLUS NUL DE NOS CEMA EN CI depuis le début à ce jour en passant par tous les présidents, c'est Ouattara seulement qui a fait une grosse bourde en le nommant cet insignifiant. Personnellement je n'ai jamais compris le choix de Monsieur Ouattara pour ce type de Bakayoko en tant que CEMA, jamais malgré toutes les explications qu'on me donnaient je n'ai pas trouvé cela conséquent du tout de le nommer. Quand je le voyais j'avais envie de rire ou pleurer de rire autant, quel gars haut comme 3 oranges (je ne me moque pas mais la réalité est parfois aussi cruelle c'est comme ça) peut en imposer à ses troupes, ses uniformes où il flottait dedans on aurait dit un pantin dont on tirait les ficelles pour qu'il puisse se mouvoir. Un gars sans aucune envergure, aucun charisme et aucune visibilité de son professionnalisme à la vue de toutes les incuries que nous avons supporté des militaires depuis sa prise de fonction. Quand je l'avais vu aller à un rdv des CEMA de la CEDEAO j'avais eu honte que la CI présente un type pareil qui ne savait pas lire son texte écrit et incapable de répondre à des questions concernant sa corporation de manière claire et compréhensive pour celui qui écoute. Si Ouattara à limogé souvent avec trop d'empressement, au moins celui ci on l'a viré avec justesse, trop tard à mon goût mais mieux vaut tard que jamais ! J'espère que le prochain sera à la hauteur et qu'il aura les épaules et la TAILLE (en tous les domaines) pour mener les troupes et les contrôler, de la POIGNE EN SOMME.
Rédigé par: l'observateur   le: Mardi 10 Janvier 2017
Ce qui est déplorable dans toute cette affaire,c'est que certains médias ne tiennent pas le langage de la vérité. Leur métier,c'est de voir la réalité en face pour la rapporter au plus grand nombre,mais dans les faits,ils font l'inverse,cacher la réalité autant que possible. Ils n'ont pas d'esprit critique indépendants et ne sont pas clairvoyants. Il y a trop de journalistes partisans incapables de la moindre auto critique. Depuis novembre 2014,les dirigeants ont fait des promesses aux soldats,elles n'ont pas été respectées. On peut à un moment donné vivre dans une bulle jusqu'à un certain point. Mais à un moment donné,cette bulle éclate et il faut en payer un prix fort. La colère du peuple est plus forte que la propagande des élites.
Rédigé par: Beugré Julien   le: Mardi 10 Janvier 2017
75% de ces chefs remplacés sont à la retraite depuis plus d'un an. Mais, ils refusent de partir. Vous êtes pas les seuls à "manger". Ils passaient le clair de leur temps à aller demander toujours des avantages pour eux-mêmes. Comment peuvent-ils penser à leurs éléments?
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 10 Janvier 2017
C'est normal d'avoir renvoyé l'ex chef d'état-major Bakayoko qui semblait dormir pendant la crise. oOn ne l'a pas vu aux côtés du ministre de la défense pour négocier et calmer les mutins. C'est "watao" qu'on a vu à Bouake.