Il est grand temps de briser le tabou de ce qui coule du vagin après le sexe
slate.fr - Publié le: 05-01-2017 - Mise-à-jour le: 05-01-2017 - Auteur: Daphnée Leportois
Il est grand temps de briser le tabou de ce qui coule du vagin après le sexe
Le mélange de sperme et de sécrétions vaginales qui ressort du sexe féminin après un rapport intime n'est évoqué nulle part, ou presque. Ce qui peut donner l'impression aux femmes d'être anormales.
«C'est comme pour le clitoris. Quand on est une femme, l'apprentissage des choses techniques de la sexualité se fait par la pratique», témoigne Sophie [1], 30 ans. Ce dont elle parle, c'est ce que toutes les femmes ayant eu une relation sexuelle hétéro avec pénétration sans préservatif ont expérimenté mais qui n'a un nom que dans le langage pornographique, celui de «creampie».
Cette «tarte à la crème», c'est le liquide, principalement constitué de sperme, qui coule du vagin après une «éjaculation interne». Et non seulement le fait qu'un liquide fait de sperme et de sécrétions vaginales ressorte du vagin après un rapport sexuel n'a pas de nom mais on n'en entend parler nulle part -ou presque.
«Que le garçon éjacule, je l'ai su assez vite, nous raconte Anaïs, 32 ans. Peut-être grâce aux livres ou aux BD ou parce que le groupe de garçons rencontrés en vacances ne se lassait pas d'établir son record du nombre de masturbations sur une journée. En revanche, que le vagin n'absorbe pas tout le sperme comme par magie, on ne l'imagine pas et, à ma connaissance à l'époque, ce n'était écrit nulle part.»
La jeune femme se souvient toutefois d'avoir lu, adolescente, dans un magazine féminin un témoignage qui laissait entendre que le sperme entré dans le vagin finissait par en ressortir:
«Une femme racontait qu'après avoir fait l'amour elle appréciait d'aller sur le balcon de son appartement pour "laisser le vent sécher les traces de ses assauts". À ce moment-là, je me demandais quelles étaient ces fameuses traces et ce qu'il pouvait bien y avoir à laisser sécher. L'expression m'a frappée, ce n'est que des années plus tard que j'en ai compris le sens.»
 
Une anecdote significative. Car cela veut dire que la plupart des jeunes filles vont découvrir l'existence de ce liquide chaud au moment où il leur suintera de l'entrejambe pour la première fois. Comme Julia, 24 ans, qui avait pourtant «lu beaucoup de livres pré-ado sur la sexualité, donc [était] assez calée sur ce qui allait arriver»«Aucun n'avait averti à ce sujet, pas que je me souvienne en tout cas.» Idem pour Sophie: «La première fois, ça m'a fait bizarre. J'ai pensé: "Tiens, il y a un truc qui coule."»
La description que fait de sa «première fois» la narratrice du roman Une fille est une chose à demi (2015), d'Eimear McBride, va dans le même sens: «Mes doigts pleins de visqueux qu'est-ce que c'est je sais du sperme. Ça y ressemble je sais je sais. Comme de la morve ou du crachat. Mollard dans la rue.» Résultat: le tabou autour de cet écoulement, pourtant simple fait trivial du sexe, peut devenir une porte ouverte à la gêne et au dégoût (notamment de soi). Parce qu'«avec les représentations du sexe et du corps qui nous entourent on peut avoir l'impression que sa réalité est anormale», appuie le médecin et écrivain Martin Winckler, qui «ne trouve pas du tout le sujet "anodin", "ridicule" ou "banal"».

Invisible

Déjà, le sexe de manière générale est un sujet tabou«Parler de sexualité, c'est reconnaître qu'elle existe», pointe Martin Winckler, ce qui n'a rien d'évident dans une culture (encore) imprégnée de catholicisme. Quant au sperme, «une fois qu'il est sorti et traîne dans la nature, il devient un élément d'impureté, parce qu'il n'est pas arrivé à destination et est donc infertile», souligne le psychosociologue Alain Giami, directeur de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
 
 
 
À cette impureté, il faut ajouter une invisibilité du sperme: une fois inséré dans le vagin, c'est comme s'il en avait disparu. Des manuels de SVT d'abord, sur les images desquels souvent un seul spermatozoïde vient féconder l'ovule; les autres millions, évanouis on ne sait où! Et de nos écrans aussi. Vous souvenez-vous d'un film -en tout cas un film grand public- où, après des ébats hétéros, la femme demande à l'homme de lui passer les mouchoirs pour essuyer le trop-plein, et éviter de tacher les draps? Moi non.
Je n'aime pas avoir ce liquide froid dans les draps quand je m'endors. Et puis quand tu fais l'amour et que tu prends le métro direct après, c'est un peu angoissant de ne pas savoir quand ça va couler.
Sophie, 30 ans
Pas évident dans ces conditions d'aborder le sujet et de faire part de ses interrogations. «Mon sentiment, c'est que, ou bien un phénomène est pénible et douloureux et les femmes en parlent au médecin, ou bien c'est juste gênant, elles ne sont pas tout à fait sûres que c'est normal et n'en parlent donc pas car elles en ont honte», explicite Martin Winckler.
Pas évident non plus d'aborder le sujet entre mère et fille et pas forcément davantage entre sours ni amies. «La première fois qu'une copine m'en a parlé, je devais avoir 20 ans, donc c'était quatre ans après le début de ma vie sexuelle, rapporte Sophie. Elle disait de manière décomplexée qu'elle aimait bien que les toilettes soient proches de la chambre dans l'appartement [pour y aller après le sexe]. Moi qui n'en avais jamais parlé à personne, je trouvais ça fou!»
 
Conséquence de cette invisibilité du sperme, «on peut imaginer qu'une jeune femme se dise que le sperme reste dans le vagin, poursuit Martin Winckler. Alors que le vagin, ce n'est pas comme la bouche; certes, il peut se fermer de manière extrêmement serrée mais dans ce cas il s'agit de vaginisme, ce qui est une source de souffrance.» Et c'est vrai que sur internet, on trouve des témoignages de personnes qui sont étonnées de voir un liquide s'écouler par la vulve après les rapports sexuels, dont certaines se demandent si ce n'est pas un problème de fertilité. À l'instar de Pierre W sur Yahoo! Questions Réponses en 2008«Est-ce que c'est normale que le sperme coule du vagin apres le sexe? Est-ce un probleme, qui puisse faire qu'une femme ne peut pas etre enceinte?»

Indésirable

Surtout, les femmes peuvent se demander s'il est normal d'associer ce liquide particulier à un désagrément. «Les personnes, rarement en entretien individuel, plus au téléphone, vont davantage parler de leur gêne ("ah, ça coule, ça colle") que demander ce qu'il se passe», détaille Isabelle Louis, coprésidente de la Fédération Île-de-France du Planning familial. Car le liquide «visqueux» qui ressort par la vulve n'est pas toujours associé au plaisir sexuel ni désiré. À se demander si c'est pour cela que, les rares fois où le phénomène est évoqué dans les livres, il appuie le caractère désagréable, par exemple non consenti, d'un acte sexuel, comme Chimamanda Ngozi Adichie décrivant dans la nouvelle «Les Marieuses», du recueil Autour de ton cou (2009), une scène de viol conjugal dans un mariage arrangé:
«Lorsqu'il a enfin cessé ses coups de butoir, il s'est reposé de tout son poids sur moi, même ses jambes. Je suis restée sans bouger jusqu'à ce qu'il descende d'au-dessus de moi pour aller à la salle de bains. J'ai tiré sur ma chemise de nuit, l'ai rabattue sur mes hanches. [.] Le poisseux, entre mes jambes, me démangeait.»
Une indifférence parfois teintée de dégoût envers ce liquide semble plus fréquente -peut-être aussi parce que ne dégoulinent de la vulve que le sang menstruel, les pertes blanches et, pour les moins chanceuses, les crèmes antifongiques intravaginales destinées à traiter les mycoses. Même Julia, qui a maintenant fait du sperme «un allié de jouissance» («Si je suis proche de l'orgasme, le simple fait de le sentir à l'intérieur de moi ou en contact avec ma peau peut me faire jouir», développe-t-elle), admet que «l'éjaculation se rapprochait plus de la corvée au début de [sa] vie sexuelle: attendre d'être debout pour que le sperme descende, et éviter de tâcher tous les fonds de culotte».
«Je n'aime pas avoir ce liquide froid dans les draps quand je m'endors. Et puis quand tu fais l'amour et que tu prends le métro direct après, c'est un peu angoissant de ne pas savoir quand ça va couler, ajoute Sophie. Je vois un peu ça comme un effet indésirable.»
Un inconvénient pas des plus extrêmes, qui ne l'a jamais bloquée mais qui lui fait parfois préférer que son copain lui éjacule dessus, «comme ça tu peux l'enlever plus facilement», ou «quelquefois faire l'amour avec préservatif». Pour le psychosociologue Alain Giami, le fait que le préservatif soit devenu la norme, c'est-à-dire que l'entrée dans la vie sexuelle se fasse davantage avec préservatif et que la découverte du flux post-coït ne vienne qu'après a modifié notre tolérance à ce liquide; désormais, le latex peut faire barrière, non seulement aux IST, aux bébés mais aussi au dégorgemen
Rédigé par: moumine   le: Jeudi 19 Janvier 2017
tres bon sujet merci pour l'info, bonne journée
Rédigé par: Bishisha Diaretou Gaye   le: Dimanche 8 Janvier 2017
Le ghusl de la femme après un rapport sexuel complet avec tout ce qui coule du vagin après le sexe: " Je suis une femme qui tresse mes cheveux, dois-je les dénouer pour l'ablution majeure suscitée par un rapport sexuel ? " Le prophète (salallahu 'alayhi wa salam) lui répondit : " Non, il te suffit de verser sur ta tête trois fois la quantité d'eau contenue dans le creux de ta main, puis de verser de l'eau sur tout ton corps et ainsi, tu seras purifiée. "
Rédigé par: Aya de Yopougon   le: Dimanche 8 Janvier 2017
Comment faire ses grandes ablutions après un rapport intime (valable aussi bien pour la femme que pour l'homme musulmans)? Récapitulatif : Avant d'effectuer les grandes ablutions (ghusl), tu te laves d'abord correctement avec savon, shampoing, préshampoing et après shampoing si tu veux. Une fois terminer tu peux effectuer tes grandes ablutions. 1.Tu dis l'intention dans ton cOeur de faire les grandes ablutions et tu dis : Bismi-Llahi-r-rahmani r-rahîm 2.Tu nettoies avec ta main gauche tes parties intimes (devant et derrière). Une fois faite il ne faudra plus toucher tes parties intimes avec tes mains. 3.Tu effectues les petites ablutions normalement : laver ses mains (3 fois), rincer sa bouche (3 fois), rincer son nez (3 fois), laver son visage (3 fois), laver ses bras (3 fois), essuyer ses cheveux (1 fois) puis ses oreilles (1 fois). Et enfin, laver ses pieds (3 fois). 4.Tu verses de l'eau sur ta tête (3 fois) en frottant bien à l'intérieur des cheveux, des oreilles sans oublier le cou. 5.Tu verses de l'eau sur la partie droite de ton corps, en faisant passer l'eau de partout-partout (aisselles, nombril) avec tes mains. 6.Tu fais la même chose avec la partie gauche de ton corps. 7.Une fois les grandes ablutions terminées il faut dire l'invocation (du'a) suivante : Ash-hadu anna lâ ilâha illa Llâhu wahdahu lâ sharika lahu, wa ash-hadu anna muhammadan 'abduhu wa rasûluhu. Allâhumma j'alnî mina t-tawwâbîna wa j'alnî mina l-mutatahhirîn. J'atteste qu'il n'y a de divinité que Dieu l'Unique, sans aucun associé. Et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Envoyé. Seigneur, place-moi avec les repentants et avec ceux qui se purifient.
Rédigé par: Akissi Delta   le: Dimanche 8 Janvier 2017
Le vagin n'étant pas un réservoir fermé et étant soumis à la pesanteur tout comme le reste de votre corps, il est tout à fait normal que le sperme coule une fois le rapport sexuel terminé. De plus, les muqueuses du vagin secrètent elles aussi un liquide de lubrification lorsque la femme est excitée, qui va également s'échapper de son vagin. Toutes les femmes ayant un rapport hétérosexuel non protégé passent par là. Pour éviter de tâcher vos draps ou votre culotte, vous pouvez placer une serviette dans votre lit ou vous essuyer avec un mouchoir, puis aller aux toilettes pour laisser s'écouler les résidus. Il est conseillé de porter un protège-slip le lendemain ou durant la journée pour éviter de mouiller ses dessous. La nature est ainsi faite. Il ne faut donc pas s'inquiéter, mais plutôt prendre cela avec le sourire !
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 6 Janvier 2017
Le sperme est avant tout le vecteur de la vie, assurant la fécondation de l'ovule (de la femme) par le spermatozoïde (de l'homme). La transmission des MST, des hépatites et la découverte du SIDA ont rendu le sperme aussi comme un possible vecteur de la transmission de la mort. Mais, à moyen-terme, on peut espérer que ces fléaux seront vaincus par la science. Contrairement à ce que véhicule la pornographie, les jeux sexuels avec éjaculation du sperme dans la bouche, sur le visage ou le corps de sa partenaire ne sont pas une obligation. Cela peut-être un "jeu" consenti mutuellement pour pimenter la sexualité du couple. Ce « choix » peut ne pas être définitif, mais évoluer avec le temps. Bref, comme pour tout ce qui touche à la sexualité du couple, le dialogue et le respect mutuel doivent être présents.