Point G, "complétude", plaisir clitoridien : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'orgasme féminin
Atlantito.fr - Publié le: 02-01-2017 - Mise-à-jour le: 02-01-2017 - Auteur: Jacques Lansac
Point G,
Comme il n'est pas utile pour procréer, l'orgasme féminin a longtemps été considéré comme superflu. D'où ces courants idéologiques et religieux qui appellent à pratiquer l'acte a minima. Or le plaisir est lié à la satisfaction. Il est plus facile de refaire ce qui a été agréablement vécu. L'orgasme permettrait donc d'entretenir le désir et le plaisir. La satisfaction postorgasmique est décrite comme positive et signe l'existence d'une complicité entre les deux partenaires. L'attachement est entretenu par le bien-être lié à cet échange.
L'orgasme provoque chez les deux sexes la sécrétion de différentes substances chimiques dans le cerveau : les neurotransmetteurs, responsables de plusieurs effets. En premier la dopamine, sécrétée par le circuit de la récompense, provoque en nous une forte sensation de plaisir.
Ensuite, l'ocytocine, sécrétée par un autre circuit (hypothalamo-post-hypophysaire), provoque une sensation de bien-être et pourrait être liée à un renforcement de l'attachement au sein du couple. Enfin, les endorphines nous apportent un certain degré de béatitude et d'inexcitabilité pendant quelque temps. Les centres hypothalamiques qui avaient orchestré toute cette effervescence ne déchargent plus, l'érection retombe et la lubrification vaginale se tarit, la vasodilatation cutanée disparaît et c'est à ce moment-là que nous remettons sur nos corps nus les draps, car nous commençons à nous refroidir. L'acte sexuel stimulerait également les défenses naturelles de l'organisme et le choc émotionnel associé à l'effort physique mobilise les muscles, l'activité vasculaire, respiratoire, cardiaque, ainsi que le cerveau. Même si l'énergie dépensée au cours d'un acte standard reste minime, un effet sédatif est parfois perçu. La détente postorgasmique peut s'avérer être un excellent somnifère ! Par conséquent, l'orgasme permettrait d'entretenir le désir, de créer et de maintenir l'attachement, de stimuler le dynamisme et l'immunité, de dépenser de l'énergie, mais aussi de détendre et d'avoir un effet sédatif. Pour le sexologue, l'orgasme n'est ni clitoridien ni vaginal, puisqu'il est décrit comme des contractions périvaginales, quelles que soient les zones stimulées pour l'obtenir. Il existe donc des orgasmes qui sont un tout, une complémentarité, ne diffèrent que par leurs lieux de stimulation et s'inscrivent dans un contexte émotionnel qui va les colorer de milliers de nuances. C'est parce que l'orgasme est diffus dans tout le corps et qu'il nécessite l'activité des deux corps enlacés qu'il symbolise cette image de « complétude. »
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Le point G, mythe ou réalité ?
On a beaucoup fantasmé sur le point G. Existe-t-il vraiment, ou est-ce une invention ? Est-il la fameuse « clé » de l'orgasme féminin, comme certains le prétendent ? Le point G a été décrit en 1950 par le gynécologue allemand Ernst Grafenberg. Il s'agit d'une partie rugueuse de 1,5 à 2 cm, située sur la paroi vaginale antérieure, à environ 2 ou 3 cm de l'entrée du vagin. La stimulation répétée de cette zone provoquerait dans un premier temps une envie d'uriner, puis mènerait, chez certaines femmes, à des orgasmes violents. À la fin de la phase orgasmique, cette zone gonflerait considérablement. Depuis, la communauté des spécialistes n'est pas toujours d'accord. sur ce point ! Les anatomistes n'ont en effet jamais décrit de zone particulière à ce niveau. Les chirurgiens gynécologues dissèquent très souvent cette région, sans trouver aucune particularité. La notion de « plaque érogène clitoridovulvo- vaginale » tend à se substituer à la notion de point G.
Clitoridienne ou vaginale ?
Il s'agit d'un débat qui occupe certains esprits depuis environ un siècle et demi, car avant, la question ne se posait pas en ces termes. Le premier élément est la découverte, en 1875 par le zoologiste et embryologiste Edouard Van Beneden (1846-1910) que l'orgasme féminin n'est pas nécessaire pour tomber enceinte. Dans les années qui vont suivre, puisque le plaisir n'est pas nécessaire à la fécondation et que la source de l'hystérie étant par ailleurs liée aux tourments du sexe, certains médecins, hommes en vue, vont proposer la clitoridectomie pour guérir de l'hystérie. Un peu plus tard la psychanalyse va déclarer que le seul vrai plaisir d'une femme accomplie est vaginal, reléguant l'orgasme clitoridien au stade de mauvaise habitude de masturbation. Le début du XXe siècle voit également naître des mouvements féministes qui vont lutter contre ces visions très patriarcales du plaisir féminin, qui ne pourrait s'épanouir que grâce à l'homme. Le clitoris, seul organe dont l'utilité connue est de donner du plaisir, devient rapidement un symbole de l'émancipation des femmes. Cela se retrouve encore actuellement, et même la recherche scientifique n'est pas totalement débarrassée de ces a priori. Ce que l'on peut dire aujourd'hui, c'est que les réactions enregistrées par IRM fonctionnelle au niveau du cerveau ne font pas de différence entre l'orgasme « clitoridien » ou « vaginal » : il n'y aurait donc qu'un seul orgasme. Néanmoins, certaines études ont montré une sensibilité vaginale profonde qui semble recherchée par certaines femmes et qui procure des orgasmes, même en cas de lésions de la moelle épinière mettant hors circuit la sensibilité clitoridienne.
 
Extrait de Questions Sexo du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et de l'Association inter-universitaire de sexologie (AIUS), sous la direction des Professeurs Jacques Lansac et Patrice Lopes, édité chez Eyrolles.
Rédigé par: Maryam Cisse   le: Mercredi 4 Janvier 2017
[Au plan du plaisir sexuel, quel plaisir peut avoir une femme excise] ? REPONSE: Le plus souvent, l'intérieur du vagin n'a pas été atteint par l'excision. La pénétration sexuelle pendant l'amour peut donc entraîner du plaisir. Mais là aussi il peut y avoir des difficultés. Car l'excision du clitoris est souvent associée à une mutilation des petites lèvres. La cicatrice peut rétrécir l'ouverture du vagin et entraîner des douleurs à la pénétration. Au niveau du clitoris, la zone peut être douloureuses ou déclencher des sensations bizarres comme des décharges électriques, des fourmillements, ou ne déclencher aucune sensation, comme si c'était anesthésié. Cependant, certaines femmes excisées connaissent tout de même l'orgasme clitoridien. Dans ce cas, le gland du clitoris étant coupé, la stimulation du clitoris se fait au niveau des racines du clitoris, qui elles, n'ont pas été touchées par l'excision. En général, les stimulations qui déclenchent le plaisir et l'orgasme clitoridien sont des pressions assez appuyées au dessus de l'endroit où devrait se situer le gland, tout contre l'os du pubis.
Rédigé par: Dr. Flore Dahi   le: Mercredi 4 Janvier 2017
QUESTION: L'excision a-t-elle toujours un effet négatif sur la sexualité ? REPONSE: Oui, l'excision est une mutilation. Quand on coupe un organe qui autrement fonctionnerait normalement, on ne peut rien apporter de positif. Au contraire, on coupe des tissus d'où des cicatrices douloureuses ou gênantes, des risques d'infection. On coupe des nerfs ce qui peut entraîner des douleurs, des sensations bizarre et désagréables ou des endroits anesthésiés. On coupe des zones érogènes comme les petites lèvres, ce qui forcément, diminue les capacités de plaisir. De plus, l'acte de l'excision met en place dans la mémoire du corps des émotions très négative dans la zone sexuelle qui peuvent être à l'origine de blocages importants. L'excision n'apporte jamais rien de positif. Je pense qu'il faut insister là-dessus.
Rédigé par: Mimi Cisse   le: Lundi 2 Janvier 2017
Bonjour. Certains attribuent la pratique de l'excision à la religion musulmane. Et c'est une excuse car cette religion n'a jamais demandé un pareil geste qui est une agression terrible au corps de la femme. En fait, c'est une pratique très ancienne qui voudrait être le pendant de la circoncision du garçon. Certaines personnes appellent ça la circoncision féminine ! Pourtant, ça n'a rien à voir ! La circoncision, elle n'enlève qu'un bout de peau qui n'est pas essentiel à la sexualité : on ne coupe pas le gland des garçons ! En fait, dans le fond, on s'aperçoit que l'excision est faite pour que les femmes ne trompent pas leur mari : les personnes qui la préconisent affirment qu'une femme excisée sera plus fidèle. Forcément, une fois mutilée, elle s'intéressera moins au sexe, puisque ça lui fera mal. Mais en réalité, certaines femmes excisées vont aller voir ailleurs pour "explorer" si avec un autre homme que le leur, ça fonctionnerait mieux ! C'est ainsi donc que beaucoup de femmes excisées (dioulas) sont de vraies "diantrans/ putes" ...
Rédigé par: 224466   le: Lundi 2 Janvier 2017
Réaction
Rédigé par: Lago Tape   le: Lundi 2 Janvier 2017
Certaines études ont montré une sensibilité vaginale profonde qui semble recherchée par certaines femmes, et qui procure des orgasmes, même en cas d'excision mettant hors circuit la sensibilité clitoridienne. C'est ainsi donc que certaines femmes excisées jouissent en dépit de l'excision qu'elles ont subies .