France-Sénégal : Macky Sall, le dernier tirailleur sénégalais
Olivier Dossou Fado - Publié le: 27-12-2016 - Mise-à-jour le: 27-12-2016 - Auteur: Olivier Dossou Fado
France-Sénégal : Macky Sall, le dernier tirailleur sénégalais
 Demande a` chaque institution : D'ou` viens-tu ? Demande a` chaque institution : Qui sers- tu ? » Bertolt Brecht.
 
Historique ! Voila` comment fut qualifie?e la visite d'Etat de Macky Sall en France du 19 au 23 de?cembre 2016 par quelques bretteurs ze?le?s. Depuis Abdou Diouf en 1992, aucun autre dirigeant se?ne?galais n'avait be?ne?ficie? d'un tel accueil. Au total, 143 chevaux de la garde re?publicaine, un de?tachement de l'escorte motorise?e, honneurs militaires aux Invalides, re?ception a` l'Elyse?e, Se?nat, au Parlement, a` la mairie de Paris et enfin un diner de gala, ont e?te? autant de charmes de?ploye?s par Paris pour recevoir en grandes pompes, son ho^te africain. Avec en sus quelques breloques ! C'est connu les ne`gres aiment les me?dailles ! Macky Sall est ainsi gratifie? d'un doctor honoris causa du Centre National des Arts et Me?tiers (CNAM) de Paris et fait membre associe? de l'Acade?mie des Sciences d'Outre-Mer !
Mais au-dela` des arrie`re-pense?es de l'Elyse?e dont chacun sait qu'elles sont d'ordre e?conomique et ge?opolitique, il convient pluto^t de questionner la soumission totale de Macky Sall aux inte?re^ts hexagonaux...
Quand le pre?sident Sall sauve Alsthom de la faillite
Selon l'article de Me?diapart date? du 14 septembre 2016, l'on apprend que depuis plusieurs mois, le groupe Alsthom est tre`s malade. Le site historique de Belfort est en cours de fermeture. Plusieurs actes de mal gouvernance ont eu raison de ce fleuron de l'industrie ferroviaire franc?aise. Une re?union de crise avait e?te? me^me organise?e a` l'Elyse?e le lundi 12 septembre 2016 entre syndicats, travailleurs, direction et e?lus afin de contrer les menaces
de fermetures en 2018 du site a` Belfort. Dans la foule?e, le pre?sident Hollande lance : « J'ai donne? cette direction : nous devons nous mobiliser pour qu'il y ait plus de commandes qui soient apporte?es [...] Il faut se mobiliser aussi pour de?fendre notre industrie. ». La chasse aux commandes est alors lance?e ! Or le Se?ne?gal, cette sphe`re d'influence franc?aise en Afrique, envisage de moderniser son transport urbain et construire a` cet effet, un Train Express Re?gional (TER) entre Dakar et l'Ae?roport International Blaise Diagne (AIBD). L'Elyse?e a` coup d'intenses pressions « amicales » fera passer le message a` Macky Sall qui finit par avaliser. Un appel d'offres pour la pose des rails du Train Express Re?gional (TER) Dakar- Ae?roport International Blaise Diagne (AIBD) a e?te? lance?. Au terme cette proce?dure, Alsthom a e?te? pre?fe?re? pour un montant de 223 millions d'euros contre 110 millions pour le chinois Norinco ! Pour sceller le tout, une visite d'Etat est programme?e du 19 au 23 de?cembre 2016 pour « sceller l'amitie? France - Se?ne?gal ». Au terme de cette visite, 7 conventions sont signe?es dont le protocole relatif au financement du TER Dakar-AIBD. L'ensemble de ce marche? public est conce?de? aux firmes franc?aises (Alsthom, Eiffage, SNCF, RATP) pour un montant total de plus de 863 millions d'euros ! Aucune PME se?ne?galaise ne fut convie?e a` ce festin e?conomique re?alise? gra^ce a` un endettement massif aupre`s de la France.
Enfin, si cette ope?ration reste une boue?e inespe?re?e de sauvetage (un cadeau de noe?l !) pour Alsthom autrefois menace?e de fermeture avec des pertes d'emploi e?value?es a` plus de 1400 (emplois directes et indirects), pour le contribuable se?ne?galais ce sera la saigne?e.
Une ope?ration scandaleusement ruineuse pour l'Etat du Se?ne?gal. Alors qu'au Nige?ria voisin, un TGV et non un TER !, a e?te? construit a` 813 millions d'euros pour 187 km. Soit le km e?value? a` 4 300 000 euros. Au Se?ne?gal de Macky Sall, le futur TER coutera 863 millions d'euros pour 57 km. Soit le km estime? a` plus de 15 000 000 euros !
« La France est inte?resse?e par le pe?trole du Se?ne?gal » !
Le pays de Senghor fera tre`s biento^t son entre?e dans le club ferme? des pays producteurs de pe?trole et gaz. Dans le domaine gazier, d'importants gisements de gaz e?value?s a` plus de 450 milliards de m3 ont e?te? de?couverts au large de Saint-Louis vers la frontie`re mauritanienne. Un enjeu e?conomique que la France et ses multinationales ne sauraient laisser passer.
Un bras-le-bas politique et de lobbying va se de?ployer. En marge d'un de?placement au Se?ne?gal les 22 et 23 septembre 2016, Manuel Valls, le premier ministre franc?ais s'inquie`te de la marginalisation des entreprises franc?aises dans le secteur pe?trolier. Il ne se prive pas de dire combien Paris est fortement inte?resse?e par l'or noir se?ne?galais. Des propos qui sonnent comme une menace a` peine voile?e et surtout un plaidoyer en faveur de Total dont l'Afrique francophone reste la chasse garde?e. Ces propos de Matignon vont faire l'objet de tractations au sommet de l'Etat. Pour l'Elyse?e, les richesses issues de son ex-pre? carre? lui appartiennent en vertu des accords le?onins secrets de 1961 issus du fameux « pacte colonial ». En marge de sa visite a` l'Elyse?e, la multinationale franc?aise Total qui a absorbe? la le?gendaire ELF, se voit attribuer des permis d'exploitation. Personne a` ce jour n'est en mesure de dire la teneur exacte de ces contrats signe?s avec les multinationales franc?aises durant le se?jour hexagonal du pre?sident Sall.
Macky Sall ou le parti de l'e?tranger
Il est vrai que la France et le Se?ne?gal entretiennent des relations se?culaires depuis 1659 et qu'a` ce titre une ville comme Saint-Louis fut franc?aise avant Nice. Une relation historique nague`re qualifie?e de « France?negal », la variante locale de la « Franc?afrique » selon Jean Collin, le puissant ministre de l'Inte?rieur et Secre?taire a` la pre?sidence qui re?gna durant trois
de?cennies dans ce pays (Verschave, 2001 : 262). Si Dakar peut se vanter d'une exceptionnelle stabilite? politique au point d'e^tre qualifie?e de « vitrine de?mocratique » depuis Senghor, le pays de Macky Sall reste une fabrique a` mise`res et surtout un eldorado e?conomique pour le colonat franc?ais. Tenez, en l'espace de quatre anne?es, Bollore? et Ne?cotrans (Logistique), Orange (Te?le?phonie), Total (Gaz et pe?trole), Eiffage, SNCF, RATP, Alsthom (BTP et Transports Urbains), Mimram (Sucres et denre?es alimentaires), Socie?te? Ge?ne?rale (Banque), Lafarge (Cimenteries) trustent tous les secteurs de la vie e?conomique se?ne?galaise. En revanche, cho^mage de masse avoisinant plus de 50%, malnutrition, e?conomie du pillage (pe^che, port, arachides), corruption ge?ne?ralise?e et immigrations clandestines via la me?diterrane?e sont le lot des Se?ne?galais notamment des jeunes.
Au plan diplomatique et strate?gique, le Se?ne?gal est devenu un dominion franc?ais. Et ce, a` trois niveaux : Au Conseil de Se?curite?, le pre?sident Sall s'aligne sur toutes les positions de Paris. Dans la sous-re?gion, le Se?ne?gal fait pression sur les autres Etats pour signer les APE. Enfin, au plan se?curitaire, le pre?sident se?ne?galais a autorise? la re?ouverture des bases militaires franc?aises ferme?es entre temps par Abdoulaye Wade. Un acte politique que Macky Sall avait to^t qualifie? de « nationalisme mal place? ». Signalons dans le me^me registre que le pays de la Teranga (hospitalite?) est devenu un ve?ritable nid d'espions franc?ais et un centre africain majeur de coordination du dispositif militaire Barkhane charge? de traquer les
« terroristes ».
Deux faits significatifs l'attestent : la nomination de Christophe Bigot, ancien directeur de la strate?gie a` la Direction Ge?ne?rale de la Se?curite? Exte?rieure (DGSE) comme ambassadeur de France au Se?ne?gal et l'installation d'une antenne africaine de la Direction Ge?ne?rale de la Se?curite? Inte?rieure (DGSI) a` Dakar.
En de?finitive, le Pre?sident Macky Sall apparait de?finitivement comme le ve?ritable gardien de l'ordre ne?ocolonial franc?ais en Afrique. Hier, les Africains qualifie?s de « tirailleurs
se?ne?galais » e?taient re?quisitionne?s contre leur gre? par Blaise Diagne pour aller servir de chair a` canon contre l'ogre nazi. Aujourd'hui, un dirigeant e?lu de?mocratiquement par son peuple choisit au nom d'une servitude volontaire de devenir un proconsul franc?ais a` la peau noire. Cette rationalite? de la de?pendance qui se manifeste par « l'internalisation de la contrainte externe » (Nubukpo, 2011 : 10) des inte?re^ts de la Franc?afrique (e?conomiques et militaires) au de?triment du bien-e^tre des populations de son pays, traduit chez Macky Sall, une alie?nation politique totale. 
 
Rédigé par: sama   le: Mercredi 28 Décembre 2016
l'uranium de kèdougou sud-est du senegal empeche la france de fermer l'oeil de la nuit.....un vrai rapace.......! Manuel valls avait bien menacè pour celui qui comprend le sens des mots " la france est bien interessèe par le pètrole senegalais"..........sonatel aussi c'est la france.