Célébrer Noël en dépit de tout
la croix - Publié le: 24-12-2016 - Mise-à-jour le: 24-12-2016 - Auteur: la croix
Célébrer Noël en dépit de tout
À la mi-décembre, après avoir participé au sauvetage de plus 600 migrants dérivant au large des côtes libyennes avec l'équipage de l'Aquarius, Mathilde Auvillain, 32 ans, est allée flâner dans les rues de la ville sicilienne de Catane.
 
Là, les lumières des vitrines de Noël et l'empressement des passants emmitouflés dans leurs doudounes, chargés de paquets, l'ont saisie. « Après trois semaines à bord, hors du temps, le contraste était fort », souligne la jeune femme, embarquée depuis septembre sur ce bateau.
« Il n'est pas facile d'avoir le cour à la fête »
Comme elle, Pierre, Libanais de 25 ans installé en France, aborde les fêtes avec des sentiments mêlés. Lorsqu'il a appris la nouvelle de l'attaque contre un marché de Noël à Berlin, il s'est senti pris d'une « grande tristesse ». D'autant que cette année, pour des raisons professionnelles, il ne pourra se rendre à Beyrouth dans sa famille. « Cette période n'est jamais facile lorsqu'on est loin de chez soi. », assure cet ingénieur en électronique.
Au terme d'une nouvelle « année noire » - attentats en France et ailleurs, Syrie martyrisée -, « il n'est pas facile d'avoir le cour à la fête », reconnaît sour Huguette Péron, l'une des trois filles de la Charité présentes dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), le 26 juillet, au moment de l'assassinat du P. Jacques Hamel.
En dépit de la tragédie qui a frappé leur communauté cet été, les religieuses ne comptent pas changer leurs habitudes pour Noël. « Comme chaque année, nous avons invité des personnes qui se retrouvent seules, explique sour Huguette avec une simplicité presque déconcertante. Mais la mort du P. Jacques fait désormais partie de nous. »
« Dieu ne nous laisse pas, il nous accompagne dans notre vie de chaque jour »
Depuis la réouverture de l'église, le 2 octobre, un temps d'adoration et une messe à l'intention du prêtre martyr ont lieu chaque dernier jeudi du mois. « Notre réponse face à cet événement incompréhensible, c'est de nous en remettre à Dieu, de lui confier nos angoisses : nous sommes dans sa main », souligne la religieuse.
Si elle assure avoir éprouvé « des difficultés » à revenir sur les lieux du drame, sour Huguette confie prier « chaque jour pour les deux jeunes » assassins et leurs familles. « Du mal, Dieu peut tirer un bien : les fruits de la mort du P. Jacques sont déjà bien là, soutient-elle, il suffit de voir toutes les solidarités qu'elle a réveillées, en particulier avec les musulmans. Dieu ne nous laisse pas, il nous accompagne dans notre vie de chaque jour et il est maître de l'histoire : c'est pour cela que nous nous réjouissons à Noël. »
« notre monde blessé nous invite à rechercher la paix »
En France, de nombreux musulmans s'unissent à cette fête, notamment à la faveur de mariages mixtes. C'est le cas d'Amina, mère de neuf enfants issus d'un premier mariage, remariée à un chrétien qui a décidé de se convertir à l'islam mais qui a souhaité maintenir les festivités de Noël par tradition. Pour cette femme de 65 ans d'origine marocaine, l'atmosphère actuelle est parfois décourageante. « Mais que peut-on faire ?, soupire-t-elle. En tant que musulmans, on ne se sent pas à l'aise ». Affirmant ne plus vouloir sortir le soir, elle dit cependant désirer « s'associer à ce jour de paix que symbolise Noël ».
« Le climat est pesant et la menace proche, confirme Thibaud de Portzamparc, Lyonnais de 33 ans. Pourtant, la France et l'Europe ont connu dans un temps pas si lointain des périodes bien plus troublées. Cela n'est rien par rapport à ce que d'autres peuples vivent, mais notre monde blessé nous invite à rechercher la paix, à commencer par celle avec ses proches », avance-t-il.
Le conflit syrien puis l'arrivée de Daech en Irak lui ont fait mesurer, comme beaucoup d'autres, la situation des chrétiens au Moyen-Orient. C'est aussi une expérience de deux ans au Sénégal, où il se trouvait dans le cadre de son travail avec son épouse, qui a donné au couple une attention particulière pour le continent africain et, plus généralement, ouvert leurs yeux sur l'état du monde.
Agir pour combattre l'indifférence
Cette année, pour le réveillon, Bruno Decamps, Toulousain de 59 ans, a précisément décidé de passer du constat à l'action. Encouragé par ses trois enfants, il passera la nuit de Noël « au service des plus démunis », avec les Restos du cour. Pour ce chef d'entreprise, il s'agit de « prendre conscience que ce que l'on voit à la télévision, en particulier sur la pauvreté en France et dans le monde, correspond à une réalité ».
C'est aussi pour « toucher du doigt » la tragédie des migrations que Mathilde s'est lancée dans l'aventure de l'Aquarius, alors qu'elle était cet été en phase de transition professionnelle, après dix ans passés à Rome en tant que correspondante pour des médias français. À Noël, alors qu'elle est à terre pour quelques jours, de retour dans sa Franche-Comté natale, son cour sera donc tourné vers la Méditerranée.
« L'équipage est en mer, les sauvetages vont se poursuivre ». Comment se réjouir alors qu'au milieu de la mer, « le désespoir flotte sur de fragiles zodiacs » ? Pour Mathilde, « chacun peut s'engager à son niveau, ne serait-ce qu'en s'informant et en parlant autour de soi. D'ailleurs, poursuit-elle, beaucoup me demandent comment faire pour aider, c'est la preuve que l'indifférence n'est pas si forte que cela. »
« Je partage la même espérance folle qui habitait Marie, lors de la naissance de Jésus »
« Bien sûr que le monde va mal, souligne Marcel Rufo, un des plus célèbres pédopsychiatres français. Mais Noël invite à retrouver le regard serein de l'enfant, qui croit dans le monde futur et voit l'avenir comme quelque chose de splendide. »
Carolina Costa, pasteure à Genève (Suisse) et comédienne de la série humoristique Ma femme est pasteure, a fait le choix de ce regard. « Face au mal qui envahit Berlin, Alep, le Congo et tant de lieux de détresse, je partage la même espérance folle qui habitait Marie, lors de la naissance de Jésus, au beau milieu d'un massacre perpétré par un tyran. Celle qu'il existe une puissance vulnérable et fragile mais qui surpasse tout : l'Amour. » C'est ce que cette mère d'une petite fille voudrait aussi transmettre à l'enfant qu'elle attend et qui devrait naître en janvier.
La joie de la naissance, Mathilde Auvillain l'a aussi éprouvée il y a une dizaine de jours quand, à bord de l'Aquarius, une mère nigériane a donné naissance à un petit Favour, le bien nommé, au terme d'une épopée faite d'exil et de violences. Quand elle l'a pris dans ses bras, Mathilde a ressenti un grand bonheur.
Le dispositif de sécurité autour des églises renforcé
Le ministre de l'intérieur Bruno Le Roux a annoncé un renforcement de la sécurité des églises lors des messes des 24 et 25 décembre.
Le nombre de militaires passe de 7 000 à 8 500 sur l'ensemble du territoire. Un communiqué ministériel préconisant une sécurité maximale a été envoyé à tous les préfets afin d'optimiser ces mesures. Ce communiqué appelle concrètement les préfets à prendre contact avec les prêtres afin de protéger au mieux les églises.
À Paris, 240 offices religieux sont prévus pour Noël. « 7 500 employés de la préfecture de police vont être mobilisés pendant le week-end, soit 3 750 par jour, dont environ 500 membres des forces mobiles », a précisé Johanna Primevert, la porte-parole de la préfecture de police de Paris. 1 700 militaires Sentinelle apportent également leur renfort quotidien dans la capitale.
Marie Malzac (avec France Lebreton et Eugénie Segalas)
 
 
Rédigé par: MOMO   le: Samedi 24 Décembre 2016
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