Quand le peuple prend ses responsabilités
Macaire Dacry - Publié le: 15-11-2016 - Mise-à-jour le: 15-11-2016 - Auteur: Macaire Dacry
Quand le peuple prend ses responsabilités
 
Le peuple américain vient librement de choisir Donald Trump, comme le 45 ème Président des Etats-Unis d'Amérique. C'est une énorme surprise pour l'ensemble de la communauté internationale, qui espérait voir Mme Clinton succéder au Président Obama. Les électeurs en ont décidé autrement. C'est cela la force de la démocratie. Le peuple est souverain et s'est mobilisé pour prendre en charge sa propre destinée. En Afrique, et notamment en Côte d'Ivoire, on préfère malheureusement, boycotter au lieu de se mobiliser pour exprimer son choix dans les urnes.
Le véritable pouvoir est détenu par le peuple
En dépit de la grande incertitude dans laquelle ce vote peut plonger la première puissance mondiale par ce vote, ce que nous devons retenir de cette élection, c'est la prise de responsabilité du peuple américain. En effet, dans une démocratie, le peuple reste toujours souverain et décide lui-même de son avenir comme du choix de ses représentants à tous les niveaux (élection présidentielle, législative, sénatoriale, municipale etc). En Afrique, nous devons désormais prendre conscience que le véritable pouvoir est détenu par le peuple à travers son droit de vote. Nous devons prendre également conscience que les intérêts de nos hommes politiques ne sont pas forcément les nôtres. Sinon comment comprendre que lors du vote référendaire en Côte d'ivoire, le 30 octobre dernier, les dirigeants politiques de l'opposition n'aient pas appelé à se mobiliser très fortement pour voter « Non » et faire échouer le projet de révision de la constitution initié par l'exécutif ? Ce n'était un secret pour personne, les ivoiriens dans leur majorité, y compris chez les militants et sympathisants du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (Rhdp), n'étaient pas disposés à participer à ce référendum. L'opposition avait là, une véritable opportunité de mobiliser cet électorat pour faire échouer ce projet. Elle a préféré faire un autre choix, celui du boycott. Il faudrait que nos populations apprennent à prendre en charge leur propre destin en s'exprimant librement par la voix des urnes.
A quoi sert la société civile ?
De manière générale, en dehors de quelques pays qui font la fierté des démocrates africains, dans nos jeunes démocraties en construction, la société civile, à travers les différentes Organisations non gouvernementales (ONG) est complètement inexistante, lors des grands enjeux nationaux. Elle  est malheureusement très souvent plus préoccupée par ses conforts matériels et financiers que par les intérêts des populations qu'elle représente. Ces ONG doivent aider les populations rurales qui ne savent pas lire et écrire à prendre conscience des enjeux nationaux et participer aux différentes élections, libres de leur choix. Lors de cette élection présidentielle américaine, en dépit du soutien massif des médias, des poids lourds de la politique américaine, y compris au sein du parti des Républicains, en ne soutenant pas ouvertement leur propre candidat, c'est le peuple américain qui a pris ses responsabilités en élisant Donald Trump à la maison blanche. Ce dernier a compris qu'une élection se gagne sur le terrain en mobilisant pour sa cause, toutes les populations américaines sans distinction. Selon les médias occidentaux, Mme Clinton, n'a pas jugé bon de faire campagne dans certains Etats, déjà acquis à la cause des Démocrates depuis des décennies. Cela a donc été une véritable erreur stratégique qu'elle paye aujourd'hui très chèrement. Dans nos jeunes démocraties en construction, il faudrait que nous apprenions à faire nos propres choix en fonction de nos propres centres d'intérêts. Lorsque nous voulons sanctionner un dirigeant politique ou une formation politique, ou encore un projet qui nous engage, le fait de rester à la maison en boycottant un scrutin nous pénalise. Si notre action (boycott par exemple) inspirée par des hommes politiques, en fonction de leurs intérêts du moment nous conduit vers un résultat contraire à ce que nous avions souhaité, il faut alors changer notre façon de s'opposer. Ne pas voter, c'est se sanctionner soi-même. Par contre, prendre ses responsabilités en allant voter selon nos intérêts, c'est utiliser son pouvoir pour changer de politique. C'est manifester aussi son pouvoir et sa souveraineté.    
 
 
Macaire Dacry
Rédigé par: Kassy Kouadio   le: Mercredi 16 Novembre 2016
@Papus, je ne suis pas totalement d'accord avec toi. En 2000, le RDR protestait contre la candidature de l'actuel PR qui avait été exclu de la présidentielle, puis des législatives. Par la suite, les communales que sa formation a remportées ont prouvé qu'elle était en réalité le parti majoritaire du pays à l'époque. Je crois d'ailleurs que c'est cela qui l'a persuadé qu'il pouvait remporter une présidentielle en CI. Je crois aussi que c'est cela qui a mis le doute dans l'esprit d'un certain Gbagbo pour qu'il reporte à six reprises des élections (après avoir crié devant le monde entier que la guerre était finie en CI), lui, "l'enfant des élections"! Puis, vient l'épreuve tant attendue d'où il sort perdant et décide par le biais de son ami "Pablo" d'inverser les résultats par la suppression des votes de 9 départements du pays (que tous les ivoiriens sont unanimes à vouloir un et indivisible). Avait-il déjà oublié que Guéhi avait tenté de lui voler le scrutin en 2000 et que cela n'avait pas marché et que le pauvre y avait même laissé sa vie (Paix à son âme) ? N'oublions pas au passage que c'est bien Gbagbo qui a nommé l'actuel Président de la CEI contre l'avis de l'opposition d'alors qui préférait plutôt Mr BEUGRE Mambé ! Bref la suite est bien connue, son ami Pablo et lui ont tous été emportés par le même vol des élections. Donc les vraies raisons du boycott d'une partie de l'opposition actuelle sont à rechercher ailleurs, peut-être dans leur incapacité à se montrer crédibles. Sous d'autres cieux je ne dis pas non. Mais en CI, lorsqu'un leader politique a été assez populaire pour remporter un scrutin, ses adversaires, même étant au pouvoir, ont toujours mordu la poussière. Et je suis convaincu que l'actuel régime sera balayé s'il tente d'instrumentaliser la CEI pour voler une élection face un challenger sérieux.
Rédigé par: Abou Touré   le: Mercredi 16 Novembre 2016
Les manifestations massives constituent un signal fort que le peuple américain entend exprimer à Trump, afin qu'il ne se trump, pardon, trompe pas à vouloir appliquer ces slogans de campagne, car ils sont prêts à lui barrer la route. Il a intérêt à mettre suffisamment de l'eau dans son vin, s'il ne veut pas subir le sort de Kennedy dans un pays où les armes sont plus nombreuses que la population, lui qui a dû fuir devant une fausse alerte durant sa campagne. Les fous sont nombreux également dans ce pays. Tout cela doit permettre à Trump de bien délimiter les champs du possible, et les limites à ne pas franchir. Les gens ne lui laisseront pas le temps de devenir un nouveau Hitler, malgré son penchant affirmé pour des dictateurs comme Poutine et autres. Certainement pour couler son Ministre de l'économie pour des différends non exposés, Poutine vient de le couler dans du béton armé, comme si lui Poutine est vierge comme la Sainte.
Rédigé par: papus   le: Mercredi 16 Novembre 2016
Comparons ce qe qui est comparable, la democratie ivoirienne , voir africaine n'a pas encore atteint le niveau de la democratie americaine. Sous nos tropiques cette volonte populaire aurait ete inverse par les organisateurs de ces elections rejetant ainsi le choix du peuple. Le boycot prone souvent par nos oppositions releve d'actes de desespoir face aux obstructions des partis au pouvoir, en 1995, il a ete utilise deja par le RDR et le FPI contre le PDCI au pouvoir, en 2000 par le RDR aux legislatives contre le FPI au pouvoir et cette annee par le FPI passe a l'oppostion. Comme quoi l'histoire sous nos cieux est un perpetuel recommencement.
Rédigé par: rahh77   le: Mardi 15 Novembre 2016
Oui sauf que la méthode de Trump était trop extrême et le risque même d'une division voire une fracture sociale est présente!
Rédigé par: Akissi Delta   le: Mardi 15 Novembre 2016
L'élection de Donald Trump prouve que la démocratie américaine fonctionne bien et est capable de se renouveler, et de faire monter à la fonction de président une personne qui n'appartient pas à la caste des politiciens. Cela semble impossible en France, par exemple.
Rédigé par: Lago Tape   le: Mardi 15 Novembre 2016
L'élection de l'homme d'affaires Donald Trump à la plus haute fonction des Etats-Unis apparait comme une énorme surprise pour la majorité des français ayant suivi la campagne électorale à travers les informations véhiculées par la presse écrite ou la télévision. Pendant les deux mois de campagne, les élites françaises n'ont pas cessé de nous transmettre leur attachement à la candidate démocrate, à leurs yeux plus proches des valeurs progressistes qu'ils affirment être les leurs. De plus, il s'agissait de la première femme présidente des USA, donc les a priori positifs trouvaient une amplification dans cette singularité distinctive. Pour les medias qui adorent les singularités permettant de mieux vendre une information moralisante et mobilisatrice, c'était du pain béni. Et pourtant, le vrai candidat atypique était Donald Trump. C'est un événement d'exception de voir arriver à la fonction présidentielle un candidat qui n'est ni le produit d'un parti, ni un politicien de métier. Tout au contraire, Hillary Clinton est une politicienne professionnelle, lancée sur la scène politique par Bill Clinton, son mari, qui l'avait chargée en 1993 d'une reforme importante de son premier mandat, puis sénatrice de New York, puis Ministre des Affaires Etrangères pendant le premier mandat de Barak Obama. Donald Trump a gagné sans le soutien des ténors du parti républicain dont il avait obtenu l'investiture populaire, et ceci malgré l'hostilité ouverte de certains d'entre eux comme Mitt Romney ou John McCain. C'est cette réelle singularité de Donald Trump qui rend son succès encore plus remarquable.