Trop de médicaments dangereux restent sur le marché en Afrique
FRANCETV INFO - Publié le: 13-02-2016 - Mise-à-jour le: 13-02-2016 - Auteur: FRANCETV INFO
Trop de médicaments dangereux restent sur le marché en Afrique
Une étude publiée le 4 février sur le site BMC Medecine indique qu'en Afrique beaucoup de médicaments retirés du marché dans d'autres pays restent en vente ou seraient bien plus longtemps accessibles. Au total, 462 produits médicamenteux retirés pour avoir des effets secondaires ont été étudiés. 
Les chercheurs ont inclus dans l'étude les médicaments retirés du marché entre 1950 et 2014 et ont évalué les preuves à partir desquelles la décision de retrait a été prise (en fonction des critères de Oxford Centre for Evidence Based Medecine). La raison la plus courante est l'hépatotoxicité (dommages au foie). Dans 25% des cas un décès a été associé à un produit.
Dans 72% des cas la preuve était un rapport des effets secondaires. Seulement 43 médicaments ont été retirés dans le monde entier et 179 dans un seul pays. Le retrait est vraisemblablement moins significatif en Afrique que sur les autres continents. En effet, sur le continent africain qui récence 54 pays pour une population de 1,111 milliard, 63 produits seulement ont été retirés du marché contre 309 en Europe.
L'intervalle médian entre le premier effet indésirable rapporté et l'année du premier retrait est de six ans. D'après l'étude, l'intervalle ne s'est pas réduit avec le temps.
"Il y a des divergences dans les modèles de retrait du marché des médicaments quand les effets indésirables sont suspectés, et les retraits présentent des contradictions à travers les pays" concluent les chercheurs. Ils préconisent "une meilleure coordination parmi les autorités régulatrices et une plus grande transparence dans le rapport des effets indésirables qui aiderait à améliorer les processus de décisions".
Etude source : "Post-marketing withdrawal of 462 medicinal products because of adverse drug reactions: a systematic review of the world literature" de Igho J. Onakpoya et al. Publiée dans la revue BMC Medecine le 4 février 2016.
 
Rédigé par: Sekou Cisse-Niang   le: Dimanche 14 Février 2016
Par delà ces inégalités, et certaines pratiques à la limite de la criminalité de masses, se pose aussi pour ces laboratoires, de manière tout à fait cynique, la question du profit potentiel représenté par les pays pauvres. L'effet « grand nombre » est bien connu par les départements marketing des grandes firmes. Autrement dit, sur la grande masse, on trouve toujours une petite couche suffisamment solvable, on trouve donc toujours à vendre ! Et une « petite couche » d'une masse de milliards d'individus représente, finalement, un gros chiffre d'affaire. Il y a pourtant une condition à la démarche commerciale, c'est qu'on ne rencontre, sur ces continents, aucune concurrence. Et à ce propos les trusts, soutenus par leurs états sont intraitables. leurs méthodes de protection commerciale aboutissent à priver de fait les pays pauvres de médicaments dans les domaines les plus sensibles. qu'on se souvienne du bras de fer entre les USA et l'Afrique du Sud de Mandela à propos des rétroviraux génériques, malheureusement perdu par Mandela. A cette période, les chercheurs, dans de nombreux pays pauvres, sont en capacité de reproduire les rétroviraux, seuls capables de faire reculer, à terme, la pandémie et de sauver immédiatement des vies par millions. Une bonne nouvelle ? Sans aucun doute ! Et pourtant que verra-ton ? Les présidents Clinton (du parti démocrate) et Chirac qui, pour sauver les parts de marché mondiales de leurs industries pharmaceutiques respectives, feront pression sur Mandela jusqu'à le faire céder.
Rédigé par: Aya de Yopougon   le: Dimanche 14 Février 2016
Les exemples de ce type d'essais sont légion. On les connaît bien en Afrique. Comme, pour n'évoquer que les plus connus, cette expérimentation de contraceptifs, vers les années 80, sur des populations de femmes analphabètes qui ignoraient totalement qu'elles participaient à un protocole d'essai. Le pire étant que, lorsqu'apparurent de graves troubles secondaires comme des lésions pré-cancéreuses au niveau des cervicales, le labo décida de « laisser aller les symptômes » pour observer comment évoluait la maladie. Pas de médicaments pour les pauvres ! Ces pratiques barbares n'ont d'autre but que sécuriser au maximum, par utilisation de cobayes humains gratuits, des produits pour la clientèle des pays riches. A titre d'information, entre 1975 et 1997 (chiffres communiqués) on voit arriver sur le marché 1223 nouvelles molécules. Sur ce total, seulement 13 concernaient .des maladies tropicales ! Et sur ces 13 molécules, 5 concernaient la recherche vétérinaire ! Autrement dit, rien sur le palu qui tue chaque année un million d'êtres humains. Rien non plus sur ces formes particulière de diabètes qui se concentrent en Chine et en Inde. Peut-on dire alors « pays pauvres/parents pauvres de la santé »? Non, tellement cela est criant, on ne le peut pas, on le doit !
Rédigé par: Camerou Niais   le: Dimanche 14 Février 2016
Comment ne pas se souvenir, en effet, de l'épisode du Ténovir au Cameroun? Dans cette affaire, au prétexte de tester ce nouveau médicament destiné au traitement VIH-Sida, le programme signé entre le laboratoire Gilead et le ministère de la santé du Cameroun incitait des femmes prostituées à se livrer à des rapports sexuels non protégés et leur donnait 4 euros chaque fois qu'elles se présentaient auprès des expérimentateurs de Family Health International ! Il faut souligner que ce programme honteux, né dans les tréfonds de cerveaux malades, fut suspendu en février 2005 par les autorités camerounaises, à la suite d'une campagne médiatique menée en France par Act Up, était co-financé par.la fondation Bill Gates ! S'agissait-il d'un cas isolé ? La réponse est Non, bien sûr. On retrouve des pratiques similaires du même labo Gilead dans plusieurs autres pays d'Afrique ainsi qu'au Cambodge. En juillet 2007 c'est le laboratoire Pfizer, géant de l'industrie pharmaceutique qui était accusé d'avoir procédé, dans le cadre d'une opération humanitaire, à des essais de remèdes contre la méningite sur des enfants en bas âge au Nigéria à la fin des années 90. Qui plus est, ces administrations de médicaments aux enfants se faisaient sans que les mères soient en quoi que ce soit prévenues des risques encourus. ce sont alors plusieurs centaines d'enfants qui auraient souffert de troubles secondaires très graves, allant de troubles de la parole à des paralysies, des lésions cérébrales, surdité et cécité.
Rédigé par: Akissi Delta   le: Samedi 13 Février 2016
Après la Françafrique, la pharmafrique ! Imaginons, si ces trusts financiers sont capables d'imposer leurs produits dans les pays dits développés, les moyens possibles dont ils peuvent user dans les pays en voie de développement ! En effet s'ils parviennent, trop souvent, à leurs fins dans ces pays où, malgré tout, existent des filets de protection, des système de vigilance, des médias capables de soutenir des praticiens courageux, des organisations syndicales et politiques indépendantes, quelles graves politiques peuvent-ils mettre en ouvre dans les pays pauvres. De la même manière que le terme Françafrique désigne le lieu du néocolonialisme où tous les moyens sont mis en oeuvre pour maintenir les ex-colonisés en soumission politique et économique, s'agissant de l'industrie pharmaceutique on pourrait dire que le lieu où celle-ci s'autorise toutes les exactiions serait la Pharmafrique !
Rédigé par: Lago Tape   le: Samedi 13 Février 2016
Ne prenons qu'un exemple, parmi les plus éclairants, concernant la puissance et la capacité de ces trusts à imposer la mise en circulation de leurs produits sur les marchés en s'imposant eux-mêmes aux administrations des pays riches: le « médiator ». Le médiator, produit par le laboratoire français Servier, a été vendu durant 33 ans, de 1976 à 2009. Ce laboratoire a, tout ce temps, dissimulé les risques qu'entrainait sa consommation. Ces dangers étaient pourtant bien connus du laboratoire, des organismes concernés et de l'administration sanitaire, puisque ce produit est de la même famille que l'Isoméride et le Pondéral et que ces deux coupe-faim avaient été, pour « effets indésirables graves », retirés du marché en ..1997 ! La molécule concernée, la fenfluramine, est impliquée dans les cas d'hypertension artérielle pulmonaire et dans ceux de valvulopathie cardiaque, deux maladies graves et potentiellement mortelles. Alors que ces effets lui étaient connus, le laboratoire n'a jamais daigné mentionner, sur sa notice ou ailleurs, quoique ce soit les concernant et aucun organisme dit de « vigilance » n'a jamais jugé bon de lancer d'alerte. Une attitude directement responsable de la mort de plus de.3000 personnes et l'empoisonnement de millions d'autres en France et en Afrique !