Burkina: le diplomate Michel Kafando nouveau président intérimaire
AFP - Publié le: 17-11-2014 - Mise-à-jour le: 17-11-2014 - Auteur: AFP
Burkina: le diplomate Michel Kafando nouveau président intérimaire
Le  Burkina Faso a désigné un nouveau chef de l'Etat intérimaire, le diplomate Michel Kafando, tournant ainsi la page du régime militaire qui a pris le pouvoir à la chute de Blaise Compaoré.
Après une nuit de tractations, le nouveau président intérimaire, âgé de 72 ans, a à peine cillé à l'annonce de sa nomination. Elle a été annoncée en présence des deux autres candidats retenus par le "collège de désignation", l'ex-ministre de Thomas Sankara, Joséphine Ouédraogo et le journaliste Cherif Sy.
Distingué et réservé, cet homme de grande taille aux cheveux noirs légèrement grisonnants, vêtu d'un costume, a rapidement pris la parole, se munissant d'un discours manuscrit, pour prendre acte de sa nouvelle situation.
"Plus qu'un honneur, c'est une redoutable responsabilité qui n'échoit, dont j'entrevois déjà les écueils et l'immensité de la tâche", a commenté M. Kafando. "J'ai naturellement accepté comme chaque fois lorsque que j'ai été sollicité par le devoir", a-t-il ajouté.
Figure de la diplomatie burkinabè, cet ancien ambassadeur de la Haute-Volta (l'ancien nom du pays) puis du Burkina Faso auprès des Nations unies, respectivement en 1981-1982 et 1998-2011 a été choisi par un collège de civils et de militaires après une nuit de discussions à Ouagadougou.
M. Kafando a également été ministre des Affaires étrangères dans plusieurs gouvernements, entre 1982 et 1983.
Ses objectifs énoncés sont à la hauteur des attentes du Burkina Faso : "bâtir ensemble une nouvelle société, une société réellement démocratique par la justice, la tolérance et l'union des c½urs".
Lasse de la corruption de l'ancien régime et désireuse de changement, la rue burkinabé avait chassé le président Blaise Compaoré le 31 octobre dernier parce qu'il souhaitait modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir, après 27 années de règne.
L'armée, aux commandes du pays depuis le 1er novembre via le lieutenant-colonel Isaac Zida, l'homme fort du Burkina, ne doit encore garder le pouvoir que quelques heures encore, une journée tout au plus. 
Une fois la désignation de Michel Kafando actée par le Conseil constitutionnel, les civils auront repris officiellement les rênes du pays.
Au Burkina Faso, la transition aura duré une quinzaine de jours, une durée exceptionnellement courte, quand nombre de Burkinabè craignaient un coup d'Etat militaire et le maintien de M. Zida au pouvoir.
 
    - Un anti-corruption-
 
La nomination de Michel Kafando est intervenue au bout d'une nuit de tractations. 
Le collège de désignation, sur cinq candidats présélectionnés, n'en a retenu que trois. L'archevèque de Bobo-Dioulasso Mgr Paul Ouédraogo, sélectionné mais qui ne souhaitait pas le poste, n'a pas été auditionné, tout comme le journaliste Newton Ahmed Barry.
"Le plus déterminant a été son exposé, très efficace", a déclaré à l'AFP Zéphirin Diabré, le chef de file de l'opposition à Blaise Compaoré, l'un des 23 membres de cette instance composée de militaires et de civils, ces derniers étant majoritaires.
"Son programme, c'est exactement ce que les gens attendent parce que allait droit sur les problèmes de corruption et d'impunité. Il est extraordinairement en phase avec les attentes de la révolution", a-t-il poursuivi.
Dimanche après-midi, la charte de la transition, qui doit servir de constitution intérimaire, avait été officiellement signée par l'armée et les civils, dans l'euphorie générale, à la Maison du peuple de Ouagadougou.
"Aujourd'hui, nous sommes ensemble pour asseoir les bases inébranlables d'une démocratie, véritable aspiration profonde de notre peuple", avait lancé le lieutenant-colonel Zida, longuement applaudi, devant le corps diplomatique et plusieurs dignitaires africains.
Le nom de Michel Kafando, mentionné il y a deux semaines à la chute du président Compaoré, n'était revenu sur le devant de la scène que dimanche.
L'Union africaine (UA) avait lancé un ultimatum le 3 novembre au régime militaire, lui demandant de valider sous quinze jours ses institutions de transition et de choisir un président intérimaire. Ce délai expire lundi.
La Conseil constitutionnel, à nouveau en fonction depuis le rétablissement de la Constitution annoncé samedi par M. Zida, doit valider rapidement la charte de transition. Cet organe a siégé dimanche, dans la discrétion la plus totale.
Le Conseil a déjà constaté la vacance du pouvoir et l'indisponibilité du président de l'Assemblée nationale - qui aurait légalement dû prendre la suite de Blaise Compaoré à sa chute, ce que ni armée ni civils ne souhaitaient -, avait déclaré l'un de ses membres à l'AFP.
Les sages burkinabè attendaient la nomination du futur président, désormais actée, pour "prendre d'autres décisions", avait ajouté cette source.
 
 
Rédigé par: kauneyt   le: Mardi 18 Novembre 2014
Je me demande souvent si certains parmi nous savent ce que c'est que diriger un Pays. Aucun peuple n'a exerce de pouvoir dans ce monde contemporain (qu'on me prouve le contraire). Et cette notion vague et imbecile de "peuple" qu'on utilise a tout vent! Qu'est-ce que le "Peuple" Burkinabe pensait? Qu'on allait lui donner le Pouvoir? Quel pouvoir? Celui de gouverner? Mon oeil! Ils (les memes) se partageront "ce gateau" de pouvoir bien sucre et juteux et le "Peuple" n'aura que son ventre pour pleurer de faim. Pourvu que ce meme "Peuple" ne reclame pas le Beau Blaise comme nous Houphouet Boigny. Watch!!!
Rédigé par: ka   le: Lundi 17 Novembre 2014
Un choix est un choix, et le Burkina se dirige vers la vraie démocratie que vers les lois de Blaise Compaoré qui étaient de la répression pour obtenir un choix qui était pour l'intérêt d'un individu au lieu de ce qui est mieux pour le peuple. Je connais assez Mr. Kafando dont j'ai côtoyé depuis DAKAR au ministère des affaires étrangères, et son retour des Etats Unis en 2011. Je pense qu'il a compris l'appelle de la jeunesse Burkinabé pour une alternance politique viable avec l'appui de nos institutions. Un président de transition n'a pas le choix que de suivre la feuille de route voulu par le peuple. Oui Joséphine Ouédraogo était la personne clé pour conduire la transition, mais ce choix est dicté par un sous-marin, car je ne vois pas notre franche Joséphine jouer la politique d'Autriche a Kossyam avec celui qui est co-auteur de l'assassinat de Thomas Sankara dont la fidélité de Joséphine reste sans tabou : La cohabitation de DIENDIERE Gilbert et Joséphine a Kossyam ne sera bonne pour la transition. Si Kossyam était balayé de son odeur mafieux de Blaise Compaoré dont qui sont Diendiéré et ses complices, le Burkina sera un nouveau Burkina. Michel tu sais qui je suis, et je te dis que le peuple Burkinabé a mûri et veut un vrais changement, et tu es très intelligent pour nous donner ce changement. Bon vent.
Rédigé par: Mackjavel   le: Lundi 17 Novembre 2014
Part 2/2 Cela dit le choix aurait du^ se porter sur l'un des deux journalistes candidats( Cherif Sy ou Newton Bary) car au vu de la designation de ce "diplomate" propose' par l'armee on peut dire qu' il n'y a pas eu de revolution au Burkina mais plutot un saut d'humeur,un ras-le-bol populaire recupere' par les memes forces interieures et exterieures qui constituaient l'ossature du regime dechu. Le peuple devra desormais se contenter du peu , pris de cours par des arrangements dont les tenants et les aboutissants lui echappent. Pendant ce temps, Blaise se frotte les mains. Pour l'instant. Mackjavel Patriote ivoirien