La Radiodiffusion Télévision Ivoirienne qui a 100% de son budget de fonctionnement de l'État est au travail. Et comment. La coupe d'Afrique des Nations (Can) est pour des responsables et journalistes, une belle opportunité pour renflouer les comptes en banque. Cette année encore, la règle a été respectée. C'est un montant d'environ 800 millions de F qui a été mobilisé par la direction générale pour permettre aux téléspectateurs qui n'ont pas encore les chaînes cryptées de suivre la fête du football africain. Le hic, c'est que des dépenses ne sont pas conformes à l'esprit qui a guidé les responsables à proposer la réduction du personnel. En Afrique du Sud, le studio qui sert à l'émission « Les Experts de la Can » sur Rti1 a été ainsi loué à hauteur de 8 millions de F. La Rti, on ne sait pour quelle raison s'est permis alors que l'on fait croire qu'il y a une disette financière, de payer les frais de séjour du consultant Aimé Bruyère de Liste en Afrique du Sud. Cette émission d'après match aurait pu se faire a Abidjan sans que cela ne gène qui que ce soit. Dans le même temps, l'équipe d'Alain Doumouya a eu recours au service du camerounais Joseph Antoine Bell. Coût de la prestation sur le plateau de Rti, d'ailleurs très nul, 6 millions de F. Si l'équipe a Alain Doumouya savait pouvoir utiliser les services de l'ex-gardien de buts des Lions Indomptables du Cameroun, alors pourquoi avoir payé le déplacement et le séjour du consultant ivoirien ? D'ailleurs, des langues se délient au sujet de cette Can 2013 qui n'a pu rapporter gros à la maison bleue. Si la Can 2012 avait rapporté un peu plus de deux milliards de F, la Can 2013 n'a pas été très fameuse pour la Rti. Moins de 1,5 milliard de F dans les caisses de Rti publicité, a-t-on appris. Lors de la coupe du monde 2012, les consultants de la Rti percevaient entre 15000 et 20000F. Dans un contexte économique pas reluisant officiellement, la direction générale de la Rti ne fait pas vraiment preuve d'une gestion austère des finances. Dans l'espoir que les Éléphants jouent la finale de la présente Can, le Directeur général adjoint, Amadou Bakayoko avait mobilisé une autre équipe pour se rendre en Afrique du Sud. De 21 personnes, cette forte délégation de la Rti a été réduite finalement à 15. Le Dga Amadou Bakayoko voulait voyager en première classe même si après trois reports, il s'est résolu à poser son céans en classe économique à bord d'un vol de la South Africa Airways. Montant du titre de voyage pour Johannesburg, 491900F au lieu d'au moins 2 millions de F en première classe préalablement choisie. Pourtant, il aurait pu voyager avec Ethiopian Airlines, moins chère. Selon nos sources, le Dga avait voulu faire payer ses noces de mariage par la Rti (il s'est marié il y a peu). Face au scandale, il a voyagé le samedi 2 février dernier en classe économique. Que va faire d'ailleurs cette forte délégation alors que l'équipe technique y est déjà ? Pour la Can 2013, une nouvelle structure est rentrée en jeu, Digital Afrique dont le premier responsable serait un proche du Dga venu de Canal Overseas Africa. Cette structure a ainsi bénéficié du jeu appel avec son serveur alors que Rti1 a son propre serveur. Comment s'est passé le marché et que y gagne la Rti ? Aucune réponse disponible car tout s'est concocté au noir. Le 15 juin prochain, la libéralisation de l'espace audiovisuel sera réelle. Pour s'y préparer, la Rti a songé à sa mue. De l'intérieur mais la reforme semble plus la fragiliser. Les ivoiriens qui désespèrent de leur télévision lui préfèrent les chaînes cryptées par le canal des opérations araignées dans les quartiers d'Abidjan. La cause a un mauvais casting dans le choix des hommes de la direction. La preuve, le Chef de l'État a demandé aux journalistes administratifs de produire des émissions. La preuve que l'antenne manque de saveur, de productions attrayantes. A juste titre si chacun ne songe qu'à se faire les poches. La Can aura été une belle opportunité ratée. Maudits Éléphants.