Alassane Ouattara voulait une télévision et une radio a la dimension de ses ambitions pour la Cote d'Ivoire, grandiose. Il a dans le cadre d'un programme d'urgence pour la RTI injecté 5 milliards de FCFA dans le cadre de la réhabilitation des installations de ce Media d'État. Après sa sortie du Golf Hôtel d'Abidjan où il s'était réfugié au cours de la crise postélectorale pour y diriger en compagnie de Pascal Aka Brou et de plusieurs jeunes téméraires, Lazare Aka Saye a été propulsé Directeur général de la RTI après l'épisode flash de son ami Pascal Aka Brou, aujourd'hui représentant du Président de la République au sein du conseil d'administration. Avec un personnel pléthorique de 800 agents, très engagés politiquement pour bon nombre, une reforme s'est avérée nécessaire pour donner une bouffée d'oxygène à la Rti. Entre temps, un Dga arrivé de France, Amadou Bakayoko a fait son entrée dans l'écurie. Jeune, le Dga affiche sans retenue ses ambitions et lorgne peut-être trop le fauteuil de celui qui a lui-même revendiqué le « débauchage ». Les actes et faits du Dga ne démontrent vraiment pas selon des agents que c'est son supérieur hiérarchique qui l'a fait revenir dans son pays. Comme s'il y était revenu par contrainte, le Dga, Amadou Bakayoko aurait un salaire supérieur a celui du Dg, Lazare Aka Saye. Et bien sûr l'autre Dga local, Benoît Yeo. Avec au moins 5 millions de FCFA et « une prime de dépaysement » selon certains agents, le jeune dandy actuellement en vacances de dix jours en Afrique du Sud aurait bien voulu se rendre au pays de Nelson Mandela en 1ere classe sur un vol de La South Africa Airways [SAA]. Coût du billet, au moins 2 millions de FCFA car la compagnie a fait savoir que la classe affaire fait 1million 732mille F CFA et la classe économique 491900 F CFA. Avec la reforme du conseil d'administration qui passera a 6 ou 8 membres [issus des ministères ou institutions directement concernées par l'information dit-on] et surtout l'arrivée d'un nouveau représentant du Président de la République, on craint pour le fauteuil douillet de Lazare Aka Saye. A-t-il un contrat de travail comme l'aurait exigé le principe de l'appel à candidature ? Selon nos sources, cela n'est pas le cas. Avec la crise de confiance entre lui et le conseil d'administration, il faudrait craindre qu'une bourrasque ne vienne contrarier les projets que l'actuel Dg a pour la Rti. Pour l'heure, c'est l'assurance de glace. Mais, avec la réduction des directions centrales de façon drastique telle que l'on en parle dans la cour de la télévision, il faudrait envisager des mouvements de personnes. Pour l'efficacité de la Rti elle-même. Celle-ci lors du séminaire de Grand Bassam a été âprement discuté et des éclats de voix se sont faits entendre entre la « rebelle » Habiba Dembélé et les défenseurs de la relégation des sujets institutionnels « au journal de 23h ». Allant un peu plus loin, ils auraient préconisé « la création de chaîne spéciale pour les reportages institutionnels ». Plusieurs sources présentes à Grand Bassam ont d'ailleurs confirmé cette information. Est-ce ce bras de fer avec les penseurs venus spécialement de France qui serait à la base de sa chute sans image ? On espère que non sinon la ministre Affoussy Bamba et au-delà le Président Alassane Ouattara devraient donner de la voix car il faudrait désespérer des responsables de notre télévision. En tout état de cause, l'efficacité n'est aucunement liée à une scission de la direction de l'information de celle des reportages institutionnels. D'ailleurs, tout reportage est reportage comme l'on peut être militant et être professionnel. Le militantisme aussi se nourrit d'espoir.
Adam's Régis Souaga