Si la société libre ne parvient pas à améliorer le sort de la majorité des pauvres, elle ne pourra pas sauver la minorité des riches.(John Fitzgerald Kennedy)
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Qui sont les successeurs du Président Ouattara?
Article publié le: 07 Février 2013 - Auteur: Christian Félix Tapé - Source: Lebanco.net
Depuis quelque temps, de nombreux quotidiens ivoiriens d'information traitent à la Une, de la succession du Président Ouattara. Comme pour dénoncer une urgence ! Peut-être sont-ils surpris ou alertés par l'impatience des éventuels dauphins, cela reste encore à vérifier. Mais dans tous les cas, le caractère malicieusement perturbateur, voire déstabilisateur de l'évènement fictif suscite réflexion et attention particulières.

En l'occurrence, ils parlent de Guillaume Soro, actuellement Président de l'Assemblée nationale, et donc deuxième personnalité de l'État, et du ministre d'État, ministre de l'intérieur, Hamed Bakayoko.

Au chapitre des ambitions présidentielles, il n'est pas incongru de parler aussi de Charles Blé Goudé. Et cela pour beaucoup de raisons plausibles. Ces trois jeunes hommes politiques sont tous de la pépinière de la FESCI. Ils incarnent la génération qui a opéré la véritable rupture au sein de la culture syndicale estudiantine ivoirienne. Ce n'est point du tout négligeable à tous les égards. C'est cette transition syndicale qui les autorise aujourd'hui à nourrir des ambitions politiques nationales et à s'estimer suffisamment responsables et capables d'assumer et de réaliser le destin de la nation ivoirienne. Mais qui sont-ils en réalité, au-delà de leurs légitimes ambitions ?

Des disciples

Le professeur Alphonse Djédjé Mady affirmait un jour qu'en 1969, au plus fort de l'effervescence syndicale estudiantine, le Président Houphouët reçut afin de les concilier, les principaux chefs de file des deux courants idéologiques. Il s'agissait de lui Mady et de Laurent Gbagbo. Houphouët leur dit en substance : « Mes fils, je ne vous veux pas divisés autour de moi, mais plutôt unis pour une même cause, la Côte-d'Ivoire ». L'histoire témoigne que cet appel ne fut point entendu, même si quarante et un ans après, en 2010, être houphouetiste deviendra un fonds de commerce électoral ouvert à tous.

Anthropologiquement parlant, Soro, Bakayoko et Blé sont plus proches de Gbagbo que de Mady. Pour combattre ce que représentaient Mady et les autres, et pour l'occupation du fauteuil qui fut jadis d'Houphouët, ils ont servi des mentors qui leur prêtent aujourd'hui leurs précieuses tutelles. Politiquement, ils n'ont été pour l'instant que des disciples.

Faiblesses

Il n'est pas surprenant que soit venu pour eux le moment de s'affirmer et d'assumer ce qu'ils croient donc être le naturel accomplissement de leur destin personnel : être présidents eux-mêmes. Mais il est cependant objectif de s'interroger sur ce qu'ils valent et ce qu'ils peuvent représenter pour la nation et pour l'État de Côte-d'Ivoire, aujourd'hui et demain. Le vivier FESCI qui les a formés, a évoqué le déficit démocratique pour se concevoir aisément et s'imposer à la conscience nationale. Mais la FESCI, elle-même, pourtant n'a jamais été démocratique. Aujourd'hui, tout le monde sait quelle culture la FESCI a disséminée dans le comportement républicain de cette génération : violence, arrogance et insubordination aux principes de la République et de l'État de droit. C'est un péché qu'ils se partagent équitablement. C'est pourquoi, ils doivent encore amorcer un sincère affranchissement, autant de la tutelle politique de leurs respectifs mentors que de la culture idéologique héritée de la FESCI.

En se laissant inféodés par Ouattara, Soro et Bakayoko ont opté pour le projet de société qui se résume dans le « VIVRE ENSEMBLE ». Mais le « VIVRE ENSEMBLE » doit encore se réaliser, se démontrer au quotidien. Hors de la tutelle de leur mentor, ils devront démontrer qu'ils valent plus que de simples disciples. Contrairement à Blé Goudé, ils ont eu l'avantage d'être aux affaires depuis presqu'une décennie. Lorsqu'ils seront candidats demain, ils pourront alors vanter quelque bilan.

Quant à Blé, sa situation est plutôt floue. Indiscutablement, il est pour la REFONDATION ; cependant, il s'est toujours tenu à l'écart du FPI. Est-ce pour cela que son mentor l'a maintenu dans son rôle sacré de tribun et de ministre de la rue dont il s'est lui-même naïvement prévalu. Ou bien pour étouffer en lui toute velléité d'émancipation, ou simplement par manque de confiance ? Dans tous les cas de figure, avoir des foules pour soi et gouverner un État ne sont pas la même chose. Et même la REFONDATION elle-même doit encore se démontrer faisable.

Quand les disciples se seront émancipés de leurs mentors, ils devront démontrer qu'ils incarnent parfaitement le « VIVRE ENSEMBLE », pour les uns, et quant à Blé il devra se démonter plus REFONDE.

C'est seulement après qu'ils affronteront la deuxième phase, celle de la représentativité collective concrète. Soro et Bakayoko pourront-ils obtenir la totale adhésion du RHDP ? Réussiront-ils à merveille à se réinventer houphouétistes au point de ne rencontrer aucune opposition au sein du PDCI ? Blé Goudé réussira-t-il enfin à se faire totalement inféoder au front de gauche au point d'en être l'incarnation indiscutable ?

Il ne suffira plus de manipuler les instincts grégaires des foules, mais de gouverner un État, de trouver un terrain où germent concrètement et au profit de tous, les fruits de la semence idéologique miroitée comme projet idéal de société. C'est la première condition de la légitimité, génie invisible qui pousse un peuple à confier son destin à un individu. L'autre condition, (est GAHOU et le restera, celui qui n'aura pas compris cela) c'est de comprendre que la Côte-d'Ivoire notre pays fait partie d'un système politique international.

Sur ces deux fronts, nos trois jeunes gens ont encore beaucoup à apprendre et à démontrer.

Christian Félix Tapé
Les réactions
 
Kabako  a écrit
07 Février 2013 12:15:59
Tapé,tu n'as rien à dire donc tu la boucle,qu'est ce qui t'interesse dans tout ça.Refondu,la faillite morale est passé par là.Penses plutôt au successeur de Gbagbo le criminel qui croupit à la cour pénale internationale à Cheveningen à la Haye au pays bas à lus de six milles kilomètres où les grands criminels comme les Slobodane,les polpot ont péris,où les Charles Taylor sont détenus et on n'y va pas pour retouner dans moins de 20 à 30 ans.