Si la société libre ne parvient pas à améliorer le sort de la majorité des pauvres, elle ne pourra pas sauver la minorité des riches.(John Fitzgerald Kennedy)
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François Hollande et la Côte d'Ivoire
"Plus ça change, plus c'est la même chose"
Article publié le: 06 Février 2013 - Auteur: MattWells - Source: Express
L'élection d'Alassane Ouattara en 2011 n'a pas mis fin aux violations des droits de l'homme dans le pays. Pour notre contributeur Matt Wells, chercheur à Human Rights Watch, le président français se doit de faire de cette question une priorité dans les relations bilatérales avec Abidjan.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets." Ces derniers mois, j'ai entendu des avocats ivoiriens, chauffeurs de taxi et représentants de la société civile employer cette expression pour décrire les perspectives incertaines de réconciliation en Côte d'Ivoire tant que le gouvernement Ouattara n'instaurera pas une justice impartiale et ne mettra pas fin aux abus des forces de sécurité. Mais cette phrase s'applique tout aussi bien à la France, partenaire clé de la Côte d'Ivoire, qui n'a pas publiquement fait de la question des droits humains une priorité dans sa relation diplomatique avec Abidjan.

À l'issue de la crise postélectorale de 2010-2011, l'économie ivoirienne a redémarré et les infrastructures ont été reconstruites. Alassane Ouattara, en éminent économiste, a privilégié la bonne gouvernance et l'attraction d'investissements, le regard bien sûr tourné vers la France.

Mais cette stabilité en Côte d'Ivoire reste fragile, parce que le gouvernement ne s'est pas attaqué aux causes profondes des violences, notamment le conflit foncier, l'omniprésence d'armes légères et surtout la culture de l'impunité parmi les forces armées. Alors que la justice progresse contre le camp de l'ancien président Laurent Gbagbo, les autorités ivoiriennes n'ont toujours pas arrêté ni inculpé un seul membre des forces pro-Ouattara qui ont, elles aussi, commis des crimes graves.

La voix du gouvernement Hollande reste remarquablement silencieuse

Après une inquiétante vague d'attaques contre des installations militaires en août 2012, des soldats ont arbitrairement arrêté des centaines de jeunes hommes issus de groupes ethniques perçus comme pro-Gbagbo et soumis beaucoup d'entre eux à des traitements inhumains, voire à la torture. Un jeune homme que j'ai interrogé avait été arrêté, battu et obligé de payer une somme exorbitante pour sa libération, sans preuve. Il décrit le danger de ces abus: "Si quelqu'un me demande demain de prendre une arme et de combattre les FRCI [l'armée], je ne sais pas ce que je dirai. Lorsque des personnes ont été dépouillées de tout, lorsqu'il ne leur reste que la haine... nous sommes bien loin de la réconciliation."

Des diplomates et de hauts représentants des Nations Unies, ainsi que des organisations nationales et internationales de défense des droits humains, ont exprimé leurs préoccupations quant à cette situation. Mais une voix est restée remarquablement silencieuse: celle du gouvernement Hollande.

Vu son investissement diplomatique et financier en Côte d'Ivoire, la France a une responsabilité unique dans la promotion des droits humains, d'autant que les orientations de l'UE pour lutter contre la torture donnent pour objectif à l'Union et à ses États membres "d'amener les pays tiers à prendre des mesures efficaces contre la torture et les mauvais traitements", notamment par des déclarations publiques.

La fin du paternalisme français?

Pourtant, les responsables français ont rarement parlé de justice et des exactions récurrentes dans leurs déclarations, et lorsqu'ils l'ont fait, c'était timidement et quasiment sur un ton d'excuse. Si lors d'entretiens à huis clos, les diplomates français ont pu transmettre des messages plus forts, force est de constater que la diplomatie discrète est insuffisante pour inciter à l'action.

Exemple d'une triste occasion manquée: au terme de la réunion du 4 décembre entre François Hollande et Alassane Ouattara, le communiqué n'a fait aucune mention des droits humains. Pourtant, la réunion a eu lieu trois jours après que le sous-secrétaire général de l'ONU pour les droits humains a dénoncé les arrestations arbitraires et la torture perpétrées par l'armée ivoirienne, précisant qu'il avait personnellement interrogé des victimes de torture.

Hollande a promis de mettre fin au paternalisme de la "Françafrique", mais l'Élysée a prétexté de cette initiative louable pour ne pas parler des questions de droits humains en Côte d'Ivoire. Assumer ses responsabilités conformément aux orientations de l'UE ou discuter ouvertement avec le gouvernement ivoirien des abus qui creusent des divisions dangereuses dans le pays n'a rien de paternaliste, en particulier lorsque la France fournit une aide considérable pour réformer les secteurs de la justice et de la sécurité.

Les dirigeants impliqués dans des crimes de guerre restent en fonction

La réticence de François Hollande à aborder la question des droits humains avec le gouvernement ivoirien s'inscrit dans la continuité des années Chirac et Sarkozy, et non dans la rupture. Après le conflit de 2002-2003, les partenaires internationaux de la Côte d'Ivoire sont restés silencieux face à l'absence de justice, croyant à tort que cela favoriserait la paix. En 2004, une commission d'enquête internationale a produit un rapport accablant sur les atrocités perpétrées pendant le conflit, dont une annexe citant 95 personnes impliquées dans des crimes graves. Le Conseil de sécurité, France en tête, a enterré ce rapport qui n'a toujours pas été publié.

Jusqu'aux élections de novembre 2010, aucune enquête crédible n'a été menée sur les crimes liés au conflit de 2002-2003. Les dirigeants militaires et politiques des deux camps impliqués dans des crimes de guerre ont conservé des fonctions de commandement et lorsque la crise postélectorale a éclaté, les atrocités ont été répétées à plus grande échelle. Le nouveau rapport de Human Rights Watch sur les récents abus implique, une fois encore, certains des mêmes commandants.

Avec des tensions toujours vives et une impunité ancrée, les causes de la violence à grande échelle perdurent. Il incombe au gouvernement ivoirien de résoudre ces problèmes, mais la France peut soit utiliser son lien privilégié pour aider la Côte d'Ivoire à rompre avec le dangereux héritage des années Gbagbo, soit continuer à fournir au gouvernement une couverture alors qu'il se refuse à prendre des mesures contre ces commandants, quelle que soit la nature ou l'envergure des crimes dans lesquels ils sont impliqués. Les possibles conséquences du deuxième choix ont déjà été observées.

En 2013, la France doit publiquement inciter le gouvernement ivoirien à faire des droits humains, et notamment la fin de l'impunité pour ses forces armées, une priorité.
Les réactions
 
Koro Kemoko  a écrit
07 Février 2013 11:05:42
Meme un enfant normal reclame son independance de ses parents des l'age adolescent, a plus forte raison un pays colonise du colonisateur. A 50 ans, si un pays colonise est incapable de decider de son sort, c'est demontrer un manque total de volonte. Nos pays, parce que tres paresseux, refusent de devenir responsables. Et pour cacher leur irresponsabilite, ils accusent le colons de toutes leur inconsequence. Au lieu d'ecrire des articles ou l'on blame constamment l'ex-colon, suivont l'exemple de ceux qui ont reussi a se debarasser de leurs complexes comme les asiatiques! TRAVAILLONS, TRAVAILLONS, TRAVAILLONS pour nous LIBERER de nos mauvaises habitudes. Personne d'autre ne viendra nous construire nos pays, et nous devons savoir maintenant que meme les prets qui nous seront desormais accordes, ne se feront que si nous inspirons confiance aux bailleurs de fonds.
 
Jean  a écrit
07 Février 2013 02:48:48
Lorsque j'ai vu le soutient de certains Francais a Gbagbo tel que Henry Emmanueli,Roland Dumas,jacques Verges,Guy Laberti,j'ai compris que ya des blancs qui n'avaient pas aussi la morale face aux prebendes qu'ils recevaient alors qu'on massacraient leurs compatriotes sous leurs yeux.

J'ai compris kadhafi,Saddam Hussein,Bachar et tous autres dictateurs pouvaient se lier d'amitie a des Francais meme si la vie de leurs compatriotes etaient menace.
Voici pkoi des Francais sont desormais des Djihadistes etc...

Max well peut nous dire que depuis l'arrivee de Ouattara aux affaire en CI ce pays respecte moins les droits de l'homme que pendant les 11ans sous la refondation?Non quand meme.
Vous defendez quel interet?quel ideal?
Vos Compatriotes qui pendant une decenie se cachaient en CI et etaient menace du matin au soir par des voyous miliciens et qui tuaient les populations sans retenue ne vous a nullement ecoeure.
Max vous pouvez mentir,tromper vos compatriotes qui n'ont jamais vecu en CI mais ceux qui y ont vecu et on sait qu'ils sont nombreux savent comment la CI est plus vivable et plus respectueuse des droit humains que pendant le regime de votre bienfaiteur.
On sait les socialistes Francais qui vivent que l'argent sale de l'Afrique.C'est pkoi Hollande ne les pas suivie dans ces rapport avec la CI.
Pauvre Francais vendu qui a surement perdu ces avantages de mercenaire de la plume apres le depart de Gbagbo.Viens faire un tour en CI et tu saura que tes ecrits relevent plus des hallucinations que de la realite.